Comme annoncé dans l’article précédent, aujourd’hui, le dimanche 16 novembre 2014, je me tiens sur le départ de mon premier semi-marathon. Le 18ème semi-marathon de Boulogne-Billancourt aux côtés de 5955 coureurs.

Je me sens un peu moins stressée que lors ma première grande course du mois dernier, les 20km de Paris.

Réveil matinal à 5h30 pour engloutir un bon petit déjeuner de vainqueur. Il faut toujours prendre ce dernier repas d’avant-course 3h maximum avant le départ pour une digestion optimale et éviter les nausées pendant l’épreuve.

Au menu de mon petit-déjeuner de course :
– 1 café
– des tartines de pain complet dit sportif (avec noisettes, raisins et miel)  avec un peu de beurre (pas trop de matières grasses avant un effort) et une touche de miel (oui encore j’adore ça). La consommation de miel est recommandée avant un effort physique intense
– un fromage blanc 2% matières grasses avec des céréales muesli ou granola
– une banane
– de l’EAU !!! Bien s’hydrater, 1,5L d’eau avant la course.

Attention, je déconseille aux estomacs sensibles les jus de fruits et autres fruits acides type orange, kiwi pour ce dernier repas. De mon côté, je n’en prends jamais avant une course, ils me donnent très mal au ventre.

Un passage à la salle de bain, et direction l’habillage. Un gros bémol  vient entacher ma motivation: la pluie prévue ce matin… Je suis vraiment dégoûtée par le temps. J’hésite déjà longuement sur ma tenue avec des conditions météo optimales, alors par temps de pluie je suis complètement perdue. En effet, je n’ai jamais fait une course par temps de pluie et en début d’hiver. Nous sommes quand même en novembre, il fait froid le matin.
Je suis angoissée : avoir froid si je ne couvre pas assez ou trop chaud si je me couvre trop, être trempée si je ne mets pas de kway sur ma tenue… Bref ça ne va. Mais l’heure tourne, je dois me décider. Je tranche ! J’opte pour ma tenue d’entrainement par temps froid Kalenji , soit une sous couche manche longue et un haut imperméable manche longue assortis avec un pantalon temps froid imperméable.

Nous voilà partis. Mon homme me dépose en scooter à Boulogne pour me motiver et m’encourager. J’avoue, je n’en mène pas large quand j’aperçois au loin tous ces runners, si sûrs d’eux, en train de s’échauffer à côté de la ligne de départ. Une fraction de seconde, je pense à faire demi tour et à rentrer chez moi. C’est vrai, après tout, MOI LA DÉBUTANTE qu’est-ce que je fais là un dimanche matin à 9h du mat’ sous la pluie au milieu de tous ces supers runners ?!

Mais non allez on y croit ! Je me dirige vers mon sas de départ 1h50, sas choisi par ma pote lors de son inscription. (Si c’était mon choix j’aurais opté pour celui des 2h… Il ne faut pas pousser tout de même pour un premier semi !)

Trop de monde dans ce sas, c’est l’anarchie. Les coureurs enjambent les barrières pour s’y glisser. On est hyper serré. Point positif, on se tient chaud 🙂 J’observe les gens qui m’entourent. Je suis un peu intimidée, c’est tellement nouveau pour moi. Je suis à côté d’un meneur d’allure. Même pas la peine de tenter de le suivre pour un chrono de 1h50 lol. Mon objectif : le fameux chrono des 2h, sans marcher (si possible).

parcours--Large-
C’est parti, tout le sas se met à foncer. Perso, je me cale sur le rythme que j’avais décidé pendant mon entrainement. Merci ma super montre Garmin forerunner qui m’a été d’une aide très précieuse tout au long de la course.

Les premiers km se passent bien malgré les tunnels présents sur les quais en direction du bois de Boulogne.Ils me fatiguent les jambes mais j’arrive un peu mieux les gérer grâce à la course des 20km de Paris où j’ai du en dompter certains 🙂

Au 9km, j’affronte une énorme montée dans le bois de Boulogne. Ça y’est, je perds mon moral et mes jambes. Ça monte trop et je suis déshydratée. Quelle bonne idée de l’organisateur d’avoir placé le ravitaillement du 10ème km en plein milieu de la montée….
Même si j’étais contente de boire un peu d’eau, l’arrêt au stand de ravitaillement m’a coupé dans mon élan.

 

C’est la catastrophe, je n’arrive plus à repartir. Je cours hyper doucement. Ouf le parcours est à nouveau plat. Un meneur d’allure Xrun me double. Je me reprends et je le suis. Check de montre : c’est bon j’ai repris mon rythme.

Chrono au 10km : 52’42. Allez go go go on continue, on ne lâche pas !

Jusqu’au 15km mon rythme est régulier. Je m’arrête au dernier ravitaillement avant la ligne d’arrivée, avant d’attaquer les quais en sens inverse du début de la course. Même parcours que les 5 premiers km. Je retrouve mes copains les tunnels, ça va ça passe. Je commence à avoir très chaud avec ma tenue. J’aurais du mettre un tee-shirt sous ma haut imperméable ou bien la sous couche manche longue et un kway. Malheureusement, je ne peux pas retirer mon haut, mon brassard porte-iPhone m’empêche de me déshabiller.

En plus d’avoir chaud, la torture va arriver sur les 3 derniers km. Je n’en peux plus. Les muscles des cuisses me brûlent, la pluie est incessante et mes habits sont trempés tout comme mes cheveux. Je me bats contre mon mental. Mon corps me réclame de marcher, mes genoux ne sont plus là. Marcher ou continuer ? Voici le calvaire des 3 derniers km. Je me raccroche sur « un lièvre » devant mais il me sème. Je lutte, je prends un gel énergétique mais aucun effet. Je suis vidée.

Au 20km, au moment où je m’apprête à marcher, j’entends au loin mon homme qui m’encourage. Quelle belle surprise ! Je suis tellement vidée et en train de me battre contre moi-même, que je n’ai même pas la force de lui répondre. Je lui fais un petit geste de la main pour le remercier. C’est horrible, même pour ça je n’ai plus de force. J’économise au maximum mon énergie (enfin si j’en ai encore). Je ne sais pas si je vais arriver à finir.

L’arrivée me semble tellement loin… 1,1 km en plus des 20km rend l’épreuve tellement difficile. Alors les 100 derniers mètres, je ne vous raconte pas la torture pour y arriver surtout quand tu te fais doubler. Une fois les photographes dépassés, je ne suis toujours pas arrivée. Encore 100 longs et interminables mètres qui me séparent des médailles…

Une dernière accélération qui sort de je ne sais où et je franchis cette fameuse ligne d’arrivée. A peine franchie, je m’écroule par terre à côté de la Croix Rouge. Je me sens mal. Je suis blanche, la tête qui tourne. Je me fais peur en partant dans les vapes. La Croix Rouge  me prend en charge et me donne l’eau sucrée. Au bout de 15 min, je me ressaisis un peu.  Je me lève péniblement et vais récupérer cette fameuse médaille et un poncho contre la pluie.  Par contre, je cherche partout le ravitaillement en nourriture. Il n’y en a AUCUN. A l’arrivée, on nous remet une pauvre petite bouteille d’eau, un poncho et tchao. Ce n’est pas très sympa pour les coureurs comme moi, qui n’ont plus de force, d’être orientés vers la tente des secours (à 500m) pour pouvoir manger un petit morceau de banane ou de pain d’épice en guise de ravitaillement. Heureusement qu’il me restait un dernier gel que j’ai avalé pour reprendre quelques forces.

Chrono officiel… incroyable.. impensable.. et oui… 1h57 !
Waow ça valait le coup de ne pas lâcher….

Merci à mes jambes et aux gentils meneurs d’allure de Xrun 🙂

Médaille autours du cou, maintenant c’est repos !

Et vous avez-vous déjà couru le semi-marathon de Boulogne ?

semi boulogne

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