Voilà, je suis capable de courir 10km. Waow quelle petite victoire personnelle. Même si je courais régulièrement depuis des mois 5/6 km, j’étais loin du niveau des 10km.

Pour ne pas lâcher, je m’oblige à courir 10km sur chaque sortie, soit 2/3 fois par semaine. Je peux me montrer un peu flemmarde quand il s’agit de faire de gros efforts physiques. Pour lutter contre ça, ma solution : 10km à parcourir et sans rechigner !
Si je l’ai fait une fois, aucune raison de ne pas pouvoir le refaire !

Les runs s’enchainent, je me sens de plus en plus à l’aise sur la distance de 10km.
A l’aise = je n’ai plus la nausée à la fin de chaque course et les jambes qui tremblent 😉

Le déclic….

Fin septembre, je me sens bien. Je réfléchis, j’hésite… je me décide. Je pars à la recherche d’un dossard pour faire la course des 20 km de Paris avec mon homme le dimanche 12 octobre 2014. La course a lieu seulement 3 semaines après mon premier 10km…
Même pas peur, dossard trouvé !

Pour me tester sur une « sortie longue » avant la course, une grande première, je cours 15km en 1h21. A la fin, je suis un peu fatiguée mais je me sens bien et capable de parcourir les 5 derniers km lors du futur jour J.

En théorie, cette sortie longue était une bonne idée comme entrainement par contre en pratique pas terrible… Je me fais mal. J’ai mal au tendon d’Achille droit. Trop d’effort d’un coup pour un corps encore débutant. Je suis forcée de m’arrêter de courir pendant une semaine. En parallèle, matin et soir je me masse les tendons d’Achille avec de la crème spéciale pour apaiser l’inflammation : le baume Saint Bernard. Je n’ai jamais ressenti cette douleur. Une peur m’envahit… ne pas pouvoir prendre le départ le 12 octobre prochain.

La semaine avant la course, le lundi d’avant course (J-6) je fais un run de 10km, le mercredi un run de 5km puis repos jusqu’au dimanche.
J’appréhende énormement cette première grande distance, ou du moins cette première course officielle tout simplement. Je n’ai jamais parcouru une telle distance de toute ma vie ni participer à une course officielle.  Certes j’ai fait du bénévolat sur certaines courses mais ce n’est pas la même adrénaline que celle que l’on ressent la veille et, je suppose, le jour J de la course.

Pour me préparer au mieux, j’ai lu et relu beaucoup d’articles sur les sites spécialisés running, imprimé des plans de préparations (même si à J-10 d’une course c’est trop tard).

Je me sens presque prête ! Ca peut le faire !

Jour-J de la course

Réveil à 5h30 après une courte nuit car j’ai mal dormi à cause du stress de la course. Pour la première fois de ma vie, je m’apprête à vivre une expérience unique dans ma vie. Je choisis de prendre un petit déjeuner sucré :
> 1 café
> un grand bol de fromage blanc, du miel et des céréales muesli
> 1 banane

Malgré la fatigue, impossible de me recoucher et me rendormir. Je m’installe sur mon canapé, regarde les infos pour penser à autre chose que la course. Mais difficile… La course est quand même dans 3h ! ☺ Je m’habille avec les habits soigneusement choisis après des heures d’hésitation (oui oui vous verrez c’est toujours très difficile de choisir la bonne tenue pour le jour-J). 8H30 il est temps de décoller !

Je suis chanceuse car pour cette première grande course, mon homme m’a gentillement proposé de courir à mon rythme pour être à mes côtés. Je suis un peu soulagée…. D’un autre côté, je ne voulais pas l’empêcher de faire un temps car il a plusieurs semi à son actif contrairement à moi.

 Après avoir garé le scooter et enlevé nos joggings et autres vêtements qui nous protégaient du froid. Nous nous dirigeons vers la Tour Eiffel pour prendre le départ. A ma grande surprise, aucun sas de temps n’était prévu pour le départ hormis les élites et le préférentiel. Nous sommes arrivés juste à temps pour nous placer. 10minutes après une marée humaine a envie le quai au pied de la dame de fer pour prendre le départ.

 C’est impressionnant de se retrouver au milieu de tous ces coureurs français ou étrangers, plus ou moins « runners expérimentés ». J’aime bien regarder les gens, leurs tenues, leur manière de gérer le stress. Cela m’évite de réfléchir et de stresser avant le départ de la course.

 Au bout de 30 minutes, nous avançons et atteignons les derniers mètres avant le départ. Les mecs se ruent sur le côté droit du pont pour uriner à travers la barrière. Drôle de moment… Très atypique.

29 979 coureurs sont sur le départ.. Impressionnant quand même !

Depart-20km-Paris-Masse-Arche-Photos-Didier-Lefevre
Mais où est Emma ? 😉

 

Déroulé de la course

Après 5 minutes d’échauffement sur le fond sonore de la chanson officielle des 20km de Paris et… c’est partiiiiiii !
Ca commence mal, un embouteillage se forme sur le 1km. La route est si étroite pour accueillir autant de coureurs en même temps qu’il est impossible de courir à mon rythme. Je double comme je peux en accélérant un minimum de peur de m’épuiser dès le départ. A partir du 3km, je retrouve un peu d’espace autour de moi et essaie de reprendre l’allure  fixée.

Dans ma tête, j’ai décomposé la course en 4 paliers de 5km pour me motiver. Le premier palier des 5km en 28’50 se passe bien. Du 5 à 10km, je surveille mon rythme, je ne veux pas aller trop vite. J’ai bien fait d’économiser mes forces car j’affronte une énorme côte au 7-8 km dans le bois de Boulogne. Je commence déjà à ressentir de la fatigue. Je ne m’arrête pas, je tiens bon sur toute la montée. Ouf ça descend un peu après.

Je franchis les 10km à 54’58.  Il me reste encore la même distance à parcourir… Pas de problème, je peux le faire (euh je ne suis pas vraiment convaincue lol). J’attaque les quais de Seine rive droite, je tourne la tête et aperçois la Tour Eiffel donc la ligne d’arrivée de la course… Elle parait si proche et pourtant si loin… Le parcours nous fait remonter les quais jusqu’au musée du Louvre puis traverser la Seine pour remonter la même distance sur le quai opposé jusqu’au pied de la Tour Eiffel.

Entre le 10km et le 15km, la succession de tunnels (descentes et montées) m’ont « coupé » les jambes. Rien est plus perturbant que d’affronter une série de tunnels au milieu d’une course. L’effort est très difficile à gérer surtout pour une débutante. C’est tellement tentant d’accélérer dans la descente mais par contre pour remonter il n’y a plus personne côté gambettes 😉
Au 13km, je ralentis un peu, prends un gel puis un autre 2km après. J’arrive au niveau du musée du Louvre et distinguent au loin les coureurs traverser la Seine pour attaquer la dernière étape du parcours.

Je suis à 15km en 1h20. J’avance, je continue, même si au fond de moi je sais que les 5derniers km qui m’attendent vont être très difficiles. Mon homme me motive. Sa présence me fait du bien. Avant la course, il m’avait dit « Tu verras Emma, les km les plus durs sont toujours les 5 derniers ».  Oh punaise qu’il avait raison !
Me voilà dans le dur… Je ne sais plus quoi faire pour avancer. Je décide d’avaler le dernier gel qu’il me reste. C’est à ce moment là que ma course va basculer.  Au niveau du 18km nous dépassons un papi de 85 ans (bien mûr) en train de transpirer et de ne pas lâcher. Ce vieil homme de l’âge de mon grand-père participe à la même course que moi et a le triple de mon âge. Si ce super papi y arrive et tient jusqu’au bout… Je n’ai AUCUNE excuse de lâcher!

Encore 1km… Au loin je devine la ligne d’arrivée. Je ne pense plus qu’à franchir cette fameuse ligne et récupérer ma médaille. Plus que 300mètres… J’accélère, je donne tout, je fonce, mon homme me prend la main car je commence à flancher et me dit « allez Emma tu donnes tout on y est presque« . Il est mignon, j’ai quand même 19km dans les pattes ! Je puise dans le peu qu’il me reste, souris aux photographes et enfin… elle est là… devant nous…La lignée d’arrivée. Et hop nous franchissons ensemble, main dans la main la ligne d’arrivée. Enfin… L’émotion me submerge. Je pleure. J’ai tout donné. Je l’ai fait. En l’espace d’un mois je passe de 5km à 20km. Je suis heureuse.✨💓

A ma grande surprise, à l’arrivée je me sens bien. Je redoutais énormément de tomber dans les pommes et d’avoir des nausées et/ou des vertiges. Enfin j’ai surtout très mal aux jambes !

Le chrono officiel tombe : temps 1h54. Dans ma tête, je visais 2h mais là… c’est inespéré !

Hâte d’être à la prochaine course !

Et vous, comment s’est passée votre première course ?

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