Le fameux, le voilà, il arrive… le dimanche 03 avril 2016 : le Schneider Electric Marathon de Paris

Cette dernière semaine avant le jour-J est assez stressante. De nombreuses questions se bousculent dans ma tête : est-ce que je suis prête ? Est-ce que je suis capable ? Est-ce que mon tendon d’Achille va me lâcher ?

Le samedi, je vais retirer mon dossard sur le salon du Running avec mon père et mon homme. Séance photo souvenir, découverte de la médaille et du fameux tee-shirt Finisher. Je suis déçue, je les trouve moches. J’aimais tellement la médaille et le tee-shirt Finisher de 2015. Si j’avais su, je courais le marathon l’an dernier émoticône wink

Ceci dit quand on me remettra la médaille, je serai super contente quand même 😉

Samedi midi et samedi soir, je fais très attention à mon alimentation. Pas de légumes mais des pâtes, beaucoup de pâtes accompagnées de viande blanche (poulet midi et jambon soir) et en dessert 1 banane et 1 compote de pommes (même menu depuis une semaine…) et surtout 4 Litres d’eau minérale par jour.

Samedi soir, un ami participant également au marathon de Paris vient passer le weekend chez nous. Sa présence me rassure, je ne suis pas toute seule à stresser pour l’épreuve. On est tous les deux dans le même bateau 😉  J’en profite pour faire le plein de derniers conseils car Pierre a déjà plusieurs marathons à son actif.

Je ne me couche pas tard. A mon grand étonnement, je m’endors rapidement et dors hyper bien. Comme si j’étais déconnectée de l’épreuve.

Préparation avant l’épreuve 

Dimanche matin, jour J, réveil à 5h30 pour le petit-dej avec Pierre. Après avoir lu tous les avis possibles sur LE meilleur dernier repas des champions avant l’épreuve, j’opte pour un petit-déjeuner sucré classique que je prends avant les courses :
– café
– tartines pain complet sportif
– fromage blanc avec du miel et des céréales muesli
– 1 banane et une poignée d’amandes

Puis, je file sous la douche et commence à me préparer. Je finis toujours la douche par un jet d’eau très froid sur les jambes, de bas en haut. Cela permet de stimuler la circulation du sang. Une fois séchée, je me badigeonne les pieds de crème (une énorme épaisseur), sur les entre-jambes et à la limite de la brassière. Puis,  je masse mes cuisses, mes mollets et mes tendons d’Achille à l’huile d’arnica. Je m’habille, mets ma montre Garmin et je suis prête à partir.

Mon père (un de mes plus fidèles supporters, venu spécialement pour l’occasion) nous rejoint à la maison puis nous partons tous les 3 en direction des vestiaires à porte dauphine. Il faut quand même prévoir un bon 15minutes de marche entre la sortie du métro à Etoile et les vestiaires avenue Foch.

Une fois les affaires déposées, avec Pierre nous prenons le temps d’une photo porte bonheur. Nous sommes déjà concentrés sur notre course. Le stress commence à monter…

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Allez hop c’est parti, direction les SAS de départ. Il commence à faire chaud, à 8h30 du matin je n’ai même pas froid en tee-shirt. J’ai peur pour la suite de la matinée niveau chaleur…

Pierre part dans son SAS 3h30 et j’entre dans mon SAS 3h45 où je rejoins Laurence de mon groupe RunChic. C’est rassurant de retrouver une personne que l’on connait avant une épreuve si inconnue. Nous nous déstressons ensemble. La communauté RunChic est comme une petite famille. Nous sommes toutes solidaires. Pour mon marathon, je n’ai pas couru sous les couleurs de RunChic car je souhaitais courir avec mon tee-shirt fétiche me rappelant mes origines et ma famille : Marseille (-Cassis).

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Le mot d’ordre avant le départ est à la concentration sur mon objectif de temps 3H55. Pour plus de confort, j’ai fait éditer un bracelet ASICS s’attachant au poignet, récapitulant mes paliers de passage km/temps (5,10,21,semi, 30, 35, 40).

Le départ est proche. Je vérifie mes lacets, branche mon iPod, vérifie le gps de montre. Notre SAS descend tranquillement les champs en direction de la place de la Concorde et se rapprochant dangereusement de la ligne de départ. Je ne suis pas sereine. Une seule pensée m’obsède : mon tendon d’Achille.

Et là 3..2..1… C’est parti !

Je mets un peu de temps à me dégager de la foule et à partir sur mon rythme de 5min30 – 5min35 par km.

marathon 1km

Il commence à faire bien chaud. Les 20 premiers km se passent bien, pas de fatigue, pas de douleurs au tendon ni au dos (ouf ça tient…).
Au 10km et 20km je prends un gel énergétique. Il fait tellement chaud que je suis obligée de courir avec une petite bouteille d’eau à la main car un ravitaillement tous les 5km c’est trop peu pour s’hydrater.

J’arrive au 23km, ma copine Chloé est là et me crie « allez Emma jusqu’au bout ». Je suis trop touchée, j’en ai la larme à l’œil et j’ai encore plus la niak !

marathon 28km

J’aborde les quais de Seine et le côté des cuisses commence à tirer. Pendant 1 ou 2km, je ressens un moment de claustrophobie et d’angoisse dans le long tunnel sous-terrain. L’organisateur a mis en place une expo photos sur le thème du spa pour nous détendre mais bon ce n’est pas gagné pour moi. Le tunnel de la mort ! J’avance en pensant au panneau des 27km où mon père m’attend pour m’encourager. Je le vois ! Son sourire et ses encouragements me font du bien et me reboostent !

Au 29km ma copine Claire m’attendait pour courir 2km avec moi et me prendre mes bouteilles d’eau au ravito. C’est top d’être soutenue et encouragée par ses proches dans une telle épreuve. C’est à la fois un moment intense et magique.
Au 30km, je ne ressens pas le mur. Je suis contente. Par contre à partir du 31km, la nausée s’installe et m’accompagnera jusqu’à la fin de ma course. C’est la cata. Les cuisses tirent sur les côtés, il fait très chaud.
Je rentre dans le dur. Deux amis, Yohan et Caro m’attendent au 32eme km. Heureusement qu’ils sont là car je commence à souffrir. Je ne lâche rien mais surtout il est IMPENSABLE pour moi de marcher. Jusqu’au bout je ne marcherai pas et je ne lâcherai rien. Les km défilent lentement mais sûrement.

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Au 36km, mon homme nous rejoint et prend le relais de ma copine Caro. La classe d’être accompagnée par deux beaux mecs jusqu’au 42km 😉

Au 39km, j’avale un dernier gel énergétique qui me reste sur l’estomac. Je tiens mon allure jusqu’au 40km et au bout du 40km je n’en peux plus. Mes cuisses tirent beaucoup et la douleur en bas du dos s’installe. Doubler les nombreux coureurs qui se mettent à marcher me prend une énergie folle surtout au niveau de la route de la muette qui n’est vraiment pas large. Je lutte contre moi-même comme je peux mais cette nausée me prend toute mon énergie. Je n’ai aucune envie de m’alimenter et pourtant j’ai tant besoin de carburant pour avancer et finir….

41..42.. J’accélère enfin je fais ce que je peux et jusqu’au bout. La voilà l’arche d’arrivée tant attendue. Elle est si proche maintenant…

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Je réalise que dans 2 foulées je vais être MARATHONIENNE et sans avoir marché une seule fois. Ca y’est, je peux arrêter de courir, j’ai réalisé mon objectif, ce rêve fou de courir 42,195 km.

Sur les premiers mètres de la zone d’arrivée, je marche comme un canard. Je suis émue mais je ne pleure pas. Je n’ai qu’une envie c’est d’enlever mes chaussures, par contre impossible de me baisser pour le faire. Je demande gentiment à un bénévole de me délacer mes chaussures. Mes pieds respirent de nouveau et me remercient.
J’avance, récupère ma médaille et mon tee-shirt Finisher. Je suis super heureuse. Je rejoins mon père et Pierre dans la zone d’arrivée. C’est magique.

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Par contre, dans le stress du départ, je n’ai pas enclenché le chrono de ma montre et m’en suis rendue compte qu’au bout d’1,7km. Du coup, j’ai couru uniquement en me fiant à l’allure et non au temps global. A mon grand regret, mon bracelet ASICS ne m’a servi à rien.  Je n’ai pas pu savoir tout de suite mon temps officiel.
Est-ce que j’ai réussi à faire moins de 4H ? Ça m’étonnerait vu les 2 derniers km horribles que j’ai vécus.

En me connectant à l’appli Marathon de Paris, je découvre mon temps : 4H..01 la blague !! On va dire 4H 😉 Je vais être obligée de refaire un marathon pour corriger cette anomalie et franchir ce palier.

En tout cas, je suis fière de moi, de ne pas avoir marché, d’être allée au bout de ce que je pouvais, d’avoir su écouter mon corps pendant la prépa. Merci petit tendon d’avoir guéri et de m’avoir permis d’être allée jusqu’à la médaille car ce n’était pas gagné…

Quel plaisir de boire une coupe de champ’ (enfin..) bien fraîche pour fêter ça ! Par contre, j’appréhende les courbatures qui m’attendront demain…

Une nouvelle page s’écrit dans ma vie. La persévérance est mon mot préféré du moment. Avec, on peut arriver à tout, la preuve….

Et vous à quand un défi fou comme celui d’un marathon ? 🙂

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