Dimanche dernier, j’ai rendu une petite visite à Mickey et Minnie. En effet, je prenais le départ du semi-marathon de Disneyland Paris !

Je ne sais pas par où commencer, tant ce semi-marathon est HORS DU COMMUN. Tout d’abord, j’ai décidé deux jours avant la course (oui oui oui) de me mettre en quête d’un dossard pour ce semi. Lorsque j’ai eu vent de cette première édition, je me suis dit « Waow c’est génial courir 21,1km chez Mickey ».

Puis, je me suis penchée de plus près sur les aspects logistiques qui m’ont refroidis et faits changer d’avis :
le tarif : 69 euros pour un semi, plus cher qu’un marathon
le parcours : seulement 6km en tout dans les deux parcs et une grande virée pour découvrir Val d’Europe (qui ne m’intéresse pas forcément car je viens spécialement pour Mickey et Minnie)
l’horaire de départ de la course : départ de la course à 7h, entrée dans le SAS 6h30, RER à 5h…
le retrait du dossard chez Disney : faire deux aller-retour Paris/ Disney soit 30 euros et 4h de transport, un pour le retrait du dossard et l’autre pour la course

Comme vous le savez, depuis fin aout, j’ai commencé une préparation en 12 semaines pour courir le marathon Nice Cannes le 13 novembre prochain.
Dans le cadre de ma prépa, au programme initial de ma séance de dimanche dernier, je devais courir 1h40 avec 3 séries de 3km à allure marathon puis le reste en endurance fondamentale. Courir 1h40 en rajoutant 20 minutes environ pour finir la distance d’un semi, c’est faisable. Alors une idée a germé dans ma tête quand je me suis souvenue que le semi de Disney avait lieu ce weekend, soit le jour de ma sortie longue 😉

Et me voilà partie en quête d’un dossard en dépit de tous les aspects logistiques pesants cités précédemment. J’avais vraiment envie de tester cette première édition.

Dossard voulu, dossard trouvé le vendredi ! J’ai récupéré le dossard d’un copain blessé. Je le fais rarement car officiellement c’est interdit ; et puis avant tout car j’aime courir avec un dossard en mon nom surtout en cas de RP…

Concernant le semi, me voilà face à un gros dilemne :

> est-ce que je respecte le plan de ma préparation soit 1h40 avec les variations d’allure marathon puis quelques minutes en plus pour franchir la ligne d’arrivée. Ce qui me priverait une nouvelle fois de chercher un RP comme sur mes semi précédents à cause de ma prépa marathon de Paris (semi de Paris, semi du Rueil-Malmaison) ?

> est-ce que je vais chercher le RP et tant pis pour la séance de prépa et me rattraperai sur les autres sorties longues à venir ?

Le dilemme a perduré jusqu’à mon entrée dans le SAS. J’ai eu du mal à me décider. Au fond de moi, j’ai toujours peur de me fatiguer et « griller toutes forces » avant la fin de la préparation marathon, ce qui pourrait me porter préjudice le jour J du marathon. Mon angoisse : ne pas être dans une forme optimale le 13 novembre prochain ! Je peux facilement m’inscrire pour courir d’autres semis sans prépa mais l’aventure du marathon, elle, ne s’improvise pas ! Lorsque l’on commence une prépa longue et intense, seul l’objectif final compte.

Sur les courses officielles (10km, semi, etc) il m’est parfois difficile de gérer la frustration de respecter les allures imposées dans le cadre de la prépa alors que les copains sont en « forme » et veulent tenter de nouveaux chronos. Pour me convaincre, je me dis que c’est pour la bonne cause 😉

Revenons à nos Mickeys !

DU LEVER AU SAS DE DEPART

Je n’ai presque pas dormi de la nuit à cause du stress de :
>ne pas entendre le réveil
> de rater LE RER de 5h13 à Opéra pour arriver dans les temps sur place
> de l’indécision RP ou non…

Le réveil a sonné à 3h45… Je n’ai jamais mis mon réveil aussi tôt pour une course. Aussitôt debout, aussitôt attablée pour le petit-déjeuner traditionnel du semi :

> tranches de pain complet (beurre, confiture de framboises)
> fromage blanc, miel, muesli aux fruits secs
> café
> 1 banane
> eau minérale

4h30 : direction la salle de bain ! Une douche froide sur les jambes, un massage rapide à l’huile d’Arnica pour préparer les muscles à l’effort, étalage de la pommade Nok entre les cuisses/ sur les pieds/ sous la couture de la brassière pour finir avec une petite beauté maquillage (on peut courir et être féminine aussi 😉 )

4h40 : je suis à la bourre, je voulais partir à 4h45, c’est mort je vais encore devoir speeder. Je m’habille, rassemble mes affaires et part de chez moi à 4h55. Super, je voulais être au RER à 5h et je mets 10 minutes pour y aller à pied. Obligée de courir… de bon matin !

5h05 : Arrivée comme une fusée sur le quai du RER de 5h13. Ouf je vais pouvoir souffler pendant 45 minutes de trajet (le bout du monde). De nombreux coureurs attendent aussi pour aller chez Mickey. Je ne suis pas seule. 5h13 le RER arrive.

6h : terminus tout le monde descend. Le RER est rempli de coureurs plus ou moins déguisés ou accessoirisés. Je me dirige vers le Disney Events Arena, un grand espace sous tente où sont disposés les vestiaires, la boutique souvenirs et l’accès vers les SAS de départ pour la course.

img_7553

Une fois mes affaires déposées rapidement, je prends la direction des SAS. Dans la précipitation j’ai oublié de prendre mon traditionnel sac poubelle à rajouter sur moi, pour être au chaud jusqu’au départ de la course. Organisation carrée, rien à dire.
Il fait frisquet en tee-shirt et short à 6h30 du mat à Marne la Vallée ! Mais où est Mickey pour me réchauffer ?! 😉

Allez hop on s’active, il est 6h20 et je ne suis toujours pas passée par la case pipi d’avant-course ! Comme d’habitude, une longue file d’attente pour les pipirooms mais étonnement ça allait super vite ! En 5 minutes l’affaire était pliée youhou !

Je prends la direction du SAS de départ A, soit le premier à partir. C’est cool je ne vais pas attendre très longtemps. je n’espère ne pas me retrouver qu’avec des élites parce que l’on pas du tout la même allure de course 🙂 Je ne suis qu’une runneuse intermédiaire hihihi. Me voilà entrée au niveau de la moitié du SAS, le long des barrières côté gauche. J’ai une vue sympathique sur le grand écran installé à gauche de la ligne de départ.

 

 

Il est 6h50, le départ est à 7h. Je fais quelques squats sur place pour me réchauffer car je suis frigorifiée ! Mon sac poubelle me manque. Pas de chance, l’annonce du départ est retardé de 10minutes… Nooonnn ! Quand j’ai froid, chaque minute compte… Mon SAS commence à râler, surtout quand tu te lèves à 3h45/ 4h pour être à l’heure et que l’organisateur ne joue pas le jeu. Bon en même c’est une première édition, et jusque-là tout est bien indiqué et organisé donc prenons l’option « positive attitude ».

img_7560

Voilà… le départ est annoncé, le compte à rebours est lancé sur l’écran géant. Je vérifie que ma montre capte bien le GPS, mes lacets bien noués, mon Ipod en marche. Bref tout est OK pour me lancer dans ce semi à allure… RP ! Oui j’ai décidé de prendre l’option GO GO GO vas chercher un RP de 1h45 si tu as les jambes et le mental pour ! On verra plus tard pour la séance de prépa à variation d’allure.

 

Et c’est parti, les premiers de mon SAS partent et hop c’est mon tour !
Je me suis fixée une allure de 4,55minutes/km pour faire 1h45.

J’aborde le premier parc, les premiers km sont très sinueux. Pendant les premiers 5km, je zigzague parmi les attractions à vive allure, à 4min30/km. C’est rigolo de déambuler dans le parc sans public. J’ai un peu l’impression de courir chez moi, dans mon propre parc.

Nous empruntons l’allée principale qui mène au Château. C’est le moment le plus magique de la course, sortir d’un virage et arriver sur cette allée animée grâce aux familles des coureurs présentes sur le côté droit et nous encourageant. J’essaie d’immortaliser ce moment en faisant une vidéo (une catastrophe) et une photo floue. En même temps, je suis lancée en mode RP, je ne veux pas perdre mon temps et mon énergie pour des photos. Tant pis j’ai opté pour la rapidité et non le plaisir du parc. Je vais être frustrée quelques mètres plus loin quand nous arrivons devant les attractions principales, ma partie du parc préférée et que toutes les personnages que je voulais voir sont là et nous attendent à bras ouverts pour faire des jolies photos/selfies souvenirs avec nous.

img_7568

 

J’ai un grand moment d’hésitation quand la Belle et la Bête et Cendrillon et le Prince sont tous les 4 à côtés et dispos pour une photo. Avec un grand regret, je regarde ma montre, presque 4km et une allure moyenne 4min35, je ne peux pas perdre l’avance que j’ai et dois la garder pour plus tard quand je serai dans le dur. Donc je continue ma route, frustrée mais concentrée sur l’objectif principal.

 

img_7587
Voilà la selfie que j’aurais adoré snif snif

Me voilà bientôt sortie du parc pour aborder la partie la moins fun et la plus longue : Val d’Europe

Pour info et mieux vous situer, voici le parcours de la course du semi Disney

14352597_10154642328272871_2758845378567434311_o

Entre le 6 et le 9km je suis en allure de moyenne de 4min44. J’avance bien, le parcours plat et les jambes répondent. Je me suis freinée car à la base je dois avoir une allure de 4min55 sur tout le semi. Mais j’ai peur de la fin du semi, de perdre du temps sur les longues lignes droites. Mais également je m’aperçois que je perds pas mal de secondes car je prends chaque ravito (verre eau, barre de céréale). C’est la première fois que je mange des barres de céréales sur un semi. Habituellement je prends uniquement des gels ou du sucre uniquement.
Au 10km, je prends un gel énérgétique Isostar power booster au cola, offert lors de la soirée Isostar. Je veux le tester avant le semi. Au 11eme km, je ressens la même nausée que sur le marathon : une envie de vomir qui commence à s’installer doucement mais sûrement. Au 12eme km, je décide de manger la barre de céréale prise au ravito précédent. La révélation ! Je me rends compte que mon corps a besoin de manger du solide et digère mal les gels. Je me sens mieux, je récupère un peu d’énergie et le moral va mieux.

J’ai trouvé la deuxième partie du semi très difficile. D’une part, j’avais une allure très élevée, je poussais mon corps au-delà de ce qu’il connaissait sur une telle distance. D’autre part, c’est une succession de faux plats montants interminables.

Du 10 au 11km, faux plat montant en ligne droite. Puis 13km, tour d’un lac aussi qu’interminable nous amenant sur une montée régulière et  très dure sur presque 2km. Une fois la montée finie, retour sur le plat mais on emprunte en sens inverse le chemin de l’aller sur 1km. Dans le sens de l’aller (du 11km), c’est démoralisant de croiser les premiers dans l’autre sens abordant le 16km. Je ne suis pas adepte des courses avec des boucles où nous devons emprunter le même chemin aller/retour.

Au 15km, un nouvel ami a pointé le bout de son nez : LE VENT. Du 15km à la fin du semi, j’ai eu le VENT DE FACE. Et oui, je peux vous dire que l’allure s’emballe si on ne force pas plus sur les gambettes. Youpi il ne manquait plus que ça.

Je commence vraiment à fatiguer et à regretter de ne pas avoir pris l’option plaisir et selfie avec Cendrillon. Mais NON je connais cette sensation, que j’ai ressentie sur le marathon. Si je me suis frustrée de selfie avec Cendrillon et Belle ce n’est pas pour ralentir et marcher au milieu d’une route sans intérêt. Je continue et m’accroche comme je peux mais mon allure n’est pas régulière. Pour ne me stresser, je regarde uniquement l’allure et les km avalés et non mon chrono.

La dernière partie du parcours nous fait passer par les parkings des hôtels, les espaces techniques (mouais pas terrible), pour nous faire arriver sur le lac de l’hôtel New Port. Je n’ai aucun repère sur le parcours. Par prévention, j’avais gardé dans la main la barre de céréales entamée pour en avaler régulièrement de petites bouchées. Au 19km je finis le reste de la barre de céréales et me dit dans ma tête à ce moment-là « Emma on est bientôt au 20km donc si tu as couru 42,195km, 1,1km c’est QUE DALLE maintenant ! »

Je continue mais l’allure frôle presque les 5min/km. Ce n’est pas grave je m’accroche. Encore une allée technique qui nous fait passer sur un petit pont. Dans ma tête je pensais que l’arrivée se faisait sur le lieu du départ. Erreur, du coup j’apercevais au loin le départ mais je ne comprenais pas pourquoi le parcours nous en éloignait. Je ne pense plus qu’à franchir la ligne et arrêter de courir. Je n’y crois plus et là… le chemin débouche sur un parcours où il y a des barrières avec un dernier zigzag sur 100m et au bout la ligne d’arrivée !!! Oh punaise ça y’est je vais bientôt être libérée !!!!!

Je cours comme je peux et bim ! Je franchis la ligne, arrête ma montre et me met à marcher jusqu’à une barrière sur laquelle je m’accoude et me mets à fondre en larmes. La pression et le surpassement étaient tels que j’étais à bout. Cela faisait tellement longtemps que je n’étais pas allée « me chercher » sur une distance comme le semi. Je me dirige vers les médailles puis vers le point d’eau. Je suis sonnée.

IMG_7579.JPG

Je récupère de l’eau et décide de regarder ma montre… Je suis scotchée… je n’en reviens pas… Je viens d’exploser mon record personnel. Moi qui partait timidement pour 1h45 qui me semblait infaisable…. Quelle surprise ! P**** je vais rentrer à la maison avec un RP de 1h43 sur un semi, waow…
Pour assimiler la course, je reste assise pendant 30 minutes au soleil. Puis je croise deux Instagrameuses avec qui j’ai interagi et qui me suivent. C’est plus sympa de se rencontrer en vrai que s’écrire des commentaires sur photos.

Une fois mes esprits récupérés, je me dirige vers le stand ravitaillement pour récupérer un sac contenant une banane, un petit sachet de cacahuètes, un petit sachet de framboises séchées et noix de cajou, une barre de céréale spéciale K au chocolat et un Powerade avant de me diriger vers les vestiaires. Une fois mes affaires récupérées, je me change avec des vêtements secs puis m’assois par terre dans l’Arena pour manger une pomme ramenée de la maison. Après chaque course, j’aime manger une pomme et un morceau de pain. C’est mon rituel d’après course 😉

Quand je repars du Disney Arena en direction du RER, je longe le parcours et vois les derniers participants souffrir sur l’avant dernier-km. Je les encourage chaleureusement en jetant quelques coups d’oeil timidement et fièrement sur ma médaille accrochée autour du cou.

Et voilà, je monte dans le RER à quai avec une médaille et une chose en plus que je ne soupçonnais même pas pouvoir trouver en arrivant ce matin à 6h sur ce même quai : aller chercher au bout de soi-même un RP de 1h43.
Pour certains c’est pas « banal » comme chrono mais ce qui est important c’est l’effort et l’investissement personnel qui sont derrières pour obtenir ce résultat. Un chrono sur un semi de 2h pourra être aussi magnifique et admirable qu’un chrono de 1h11 en fonction de l’histoire du runner.

Je finirai par cette phrase si belle et si vraie « Aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain« …

Et vous, êtes-vous allé décrocher très loin une médaille ou RP sur votre dernière course ?

 

 

IMG_7942.JPG

Publicités