A J-9 de mon deuxième marathon, cet article me tient à cœur. En effet, je souhaite partager avec vous mes émotions pendant cette période difficile de BLESSURE que je traverse comme d’autres sportifs.

Depuis fin août, je me suis lancée dans une nouvelle et deuxième préparation marathon pour l’épreuve Nice Cannes du 13 novembre prochain, soit dans 9 jours exactement…

Contexte S-6 marathon Nice Cannes

Le vendredi 30 septembre à 6h40 précisément, je termine une de mes séances de prépa marathon pendant laquelle, j’ai enchainé (sur GOUDRON important de le préciser) 2 séries de 4×400 mètres à 100% VMA avec 20 minutes d’échauffement et 10 minutes de retour. Grosse séance avec une température assez fraiche. A la fin de la séance, une douleur au genou gauche est apparue. Quand je touchais ma rotule, j’avais mal sur l’os.

C’est la première fois que je suis confrontée à une douleur au genou. A ce moment-là, tous les syndromes affectant le genou me passent par la tête : ai-je le fameux symptôme de l’essuie-glace ? Ménisque abimé ? les tendons enflammés ? Les pattes d’oie en souffrance ? Pour me rassurer et ne pas paniquer, je me dis que ce n’est rien et que ça va passer.

Premier diagnostic : S-5

Malheureusement pour moi, la veille et le jour-même de « la blessure », j’ai travaillé sur le Mondial de l’auto, toute la journée debout en talons à porter des poids et monter/descendre un escalier. Deux jours fatals pour mon genou qui ont aggravés ma douleur. J’ai décidé de stopper la course pendant 3 jours, soit jusqu’au lundi matin. Le lundi, je reteste le run pour rattraper ma séance longue du weekend de 1h45. Qui n’a jamais voulu rattraper son retard de séance pour ne surtout pas la louper ? Personne hahaha. ERREUR ! Comme me le disent mes coachs, ce n’est pas grave de rater une ou plusieurs séances (pas trop quand même ;-). L’intelligence du coureur est de savoir adapter son planning et plan d’entrainement en FONCTION de son activité professionnelle et personnelle du moment pour éviter à tout prix la chose la plus redoutée : LA BLESSURE !

Au vu de mon genou fragile, je n’étais pas convaincu par la durée de 1h45 de cette sortie. Au bout de 1h10 la douleur revient et m’oblige à m’arrêter et à marcher jusqu’à chez moi. C’est la première fois que je suis obligée de marcher. Je suis restée bête car je n’avais ni CB ni ticket de métro pour rentrer chez moi à la runneuse hyper sûre d’elle hahaha. Pour 2,5km, je n’allais tout de même pas commander un taxi pour le retour 😉 Sur le trajet, j’appelle mon osteo pour lui expliquer le souci et convenons d’une consultation le soir-même.

Psychologiquement, rien que de penser à ma consultation du soir chez l’osteo, je me sens mieux. « Emma t’es pas encore guérie, ne t’enflamme pas » LOL. La consultation se passe bien et il me realigne bien les jambes et l’axe du bassin. Je n’y connais pas grand-chose, je fais confiance. Mon but comme de nombreux runners en souffrance : guérir et courir au plus vite !

Le jeudi suivant ma consultation, je cours une sortie calme en endurance et en modifiant mon plan de prépa car le dimanche m’attendait les 20km de Paris. Pas question de râter cette belle course avec la team TomTom (pour relire mon compte-rendu c’est ici). La course se passe bien jusqu’au 7/8km : COUCOU Madame douleur au genou et ce jusqu’à la fin. Le pire était dans la descente des tunnels. Le genou me faisait mal et me lançait. J’ai commencé à vraiment flipper au vu de la récurrence de la douleur. Dans un MOIS, je cours un marathon sur goudron…. Si je tiens à peine 7/8km sans douleurs, ça risque d’être compliqué pour 42,195 km…

Au cours des entrainements collectifs et des courses, j’ai la chance d’avoir rencontré un super coach auprès duquel je peux me confier et avoir de précieux conseils running. Il me conseille de glacer mon genou, de stopper les runs et de me reposer pendant une semaine puis de reprendre la semaine d’après en ne faisant que du cardio en salle (elliptique/velo) plusieurs fois par semaine. L’objectif est de maintenir le cardio en évitant les chocs de la course. 

STOP RUNNING : S-4

Me voilà stoppée de toute activité pendant 7 jours ! Ni run, ni cardio, ni renforcement… Que c’est long !

Je vois le calendrier défiler et les jours de prépa s’envoler ! Un sentiment d’impuissance, de déception, de tristesse, de frustration et de colère m’envahit. Etre arrêtée à cause de son corps est la chose la plus dure qu’il puisse arriver à un sportif.

Par exemple, quand je repense aux athlètes des JO qui se sont entrainés des années entières pour Rio et qui abandonnent suite à des blessures, c’est terrible.

A mon petit niveau de « mini confirmée », je suis loin de leur niveau mais encaisser un tel choc et prendre LA décision d’abandon est dur psychologiquement.

Tant de travail, d’effort, de surpassement de soi, de compromis, de rigueur pour… se blesser et abandonner !

Pour en revenir à ma situation, dimanche dernier me revoilà, 3 ans après, pousser la porte du club de fitness Neoness pour m’inscrire pour un mois. Un sentiment de déprime et de nostalgie m’envahit. C’est suite à la fin de mon abonnement dans ce club de sport que je me suis décidée à me lancer sérieusement dans la course à pied (relire ici mes débuts). Me voici lundi pour ma première session de cardio. J’ai testé l’elliptique et le vélo pour prendre celui qui tirait le moins sur le genou. L’elliptique est vainqueur ! Après une séance d’1heure d’elliptique (fréquence cardiaque entre 80 et 90% FCM, j’étais un peu (beaucoup) fatiguée 😉

J’étais triste de voir les coureurs sur tapis derrière moi. Je mourrais d’envie de leur dire « Allez respirer et courir dans les parcs au lieu de regarder BFM TV ou les clips en boucle ». Si seulement je pouvais être à leur place pour aller gambader dans les Jardins du Château de Versailles ou aux Tuileries comme j’avais prévu sur ma sortie longue…

 

Mais non, je suis blessée. Je l’avoue et le reconnais : JE SUIS BLESSEE au genou. Pour être fixée, je fais une radio. Le bilan tombe : symptôme femoro-patellaire du genou gauche.

Définition ? La rotule n’est pas bien maintenue par les quadriceps et va frotter contre le cartilage lors de chocs importants et répétés, surtout sur le goudron… ce qui cause la douleur.

Comment guérir ? Le radiologue me conseille de retourner chez l’osteo, de faire du renforcement quadri/intérieur-extérieur des cuisses et de refaire d’urgence mes semelles de sport. Je retourne chez l’osteo et prends rdv avec mon podologue du sport. Je suis bien consciente que seul le temps et le « repos » me soigneront pour de bon.

Je suis lucide et plutôt raisonnée, enfin I try to be…

IMG_8395.JPG

EMMA ET LE RUNNING : S-3

Mon but recherché en courant est de me faire plaisir et de ne surtout pas aller jusqu’à la cassure grave. J’ai connu cette frayeur une première fois lors de ma prépa marathon de Paris en avril dernier (relire ici prépa) avec un tendon d’Achille douloureux 3 semaines avant l’épreuve. Le jour J du marathon je n’étais pas sereine et penser à l’abandon. Au final tout s’est bien fini et j’ai fini en 4h(01’-10’’).

S-3 marathon :  toute cette semaine, me voici convertit au cardio en salle. J’ai décidé d’y aller 3 fois car la course Marseille-Cassis m’attend dimanche. Cette course c’est MA course, depuis des années je rêve de la courir et de franchir la ligne d’arrivée avec mon père qui m’accueille avec fierté et me donne ma bouteille d’eau. Cette course, c’est notre truc à nous. Ayant grandi à Marseille aux pieds de la Gineste avec un papa qui la courrait chaque année, je ne pense qu’à ces 20km de montée et descente magiques. Surtout après avoir bien galéré à avoir le dossard…

Mais voilà, après discussion avec mon entourage sportif très proche (et quelques remontées de bretelles de leur part, et je les aime pour ça et pour leur honnêteté) une DURE décision, s’impose : prendre ou pas le départ de Marseille Cassis ce dimanche 30 octobre ?

C’est l’une des décisions les plus difficiles dans ma « petite » vie de runneuse. A ce moment-là, mon moral est au plus bas. Je dois protéger mon genou au maximum pour mettre le plus de chance de mon côté pour l’objectif qui m’attend le 13 novembre prochain : le marathon Nice Cannes.

UN ABANDON D’AVANT COURSE A DECIDER

A contre cœur, le jeudi soir, je décide d’abandonner et ne pas prendre le départ de Marseille-Cassis. Cette course qui me tenait tant à cœur et que je souhaite courir depuis deux ans ! L’an dernier j’avais mon dossard mais je n’ai pas pu la courir car je travaillais sur la Transat Jacques Vabre au Havre et c’était le jour du départ de la course. Puis cette année, abandon à cause d’une blessure.

Pour info, la descente de la Gineste (vers le 10km) peut être fatale pour ma rotule. Ayant déjà un peu douillé dans les descentes de 20 mètres des tunnels des Quais de Seine alors avec l’impact des km de descente à répétition, mon genou fragile pourrait ne pas s’en remettre…

Dans la nuit du jeudi au vendredi, soit J-3 avant MK6, j’ai mal dormi. La blessure me fait extrêmement cogiter :

Est-ce que j’ai raison de ne pas courir ? est-ce que je peux le faire ? est-ce que je risque de me blesser plus gravement et rester sans courir après pendant des mois ? est-ce que cet abandon va vraiment m’aider à récupérer pour le marathon Nice Cannes ?

Sans compter les 48 euros déboursés à perte pour le dossard. Enfin, presque car le tee-shirt de la course est sympa. Sur mon premier marathon, j’avais mis le tee-shirt Marseille-Cassis de l’an dernier pour faire un clin d’œil à ma famille.

Le vendredi, je pèse le pour et le contre de ma décision mais au fond de moi, je sais que je dois écouter ma petite voix raisonnable qui me dit « Emma, tous les ans il y a des Marseille-Cassis et des courses, par contre tu n’as que DEUX PRECIEUX GENOUX pour toute ta vie, donc prends soin de ton corps et il te le rendra encore mieux ».

Pour faire partie de l’aventure de la course, j’ai pu faire intégrer l’équipe de bénévoles qui gère le ravitaillement d’eau dans la zone d’arrivée. Une petite compensation 😉 ? J’ai eu le plaisir de croiser certains d’entre vous sur la ligne. Prochainement, je ferai un compte-rendu de cette expérience de bénévolat sur Marseille-Cassis.

IMG_8749.JPG

 COMMENT GERER MENTALEMENT LA BLESSURE ?

Qui n’a pas ressenti ce sentiment d’injustice en voyant certains runners courir des centaines de km par mois, presque quotidiennement et ne souffrir d’aucunes blessures ?

Je l’ai ressenti après avoir fait ma radio et eu mon diagnostic. Il m’arrive parfois de le ressentir de nouveau. « Mais pourquoi eux courent tout le temps et sans bobos alors que moi je cours moins pour me « préserver » et je me blesse ?

Réponse injuste : chacun a une capacité différente de récupération en fonction de sa morphologie, de son accoutumance aux kms, de sa santé, de la robustesse de son corps etc…

Plein de facteurs entrent en compte. C’est évident qu’un runner fin, fit et musclé récupèrera plus vite qu’un runner plus lourd et moins tonique car le poids a déplacé sur les articulations ne sera pas le même etc…

Honnêtement, j’ai du mal à gérer ma blessure. Une chose me rassure, j’ai déjà vécu l’aventure du marathon donc je sais plus ou moins à quoi m’attendre. Ce qui est étrange c’est que depuis le début de cette préparation commencée fin aout, je ne suis pas du tout stressée. Ça m’alarme même de temps en temps.

En ce moment, je suis contrariée par cette blessure qui m’empêche d’être moi-même, de courir, de monter et descendre les escaliers, de faire certains exercices de gainage, qui m’oblige à me transformer « en hamster » en salle de sport pour faire du cardio (même si c’est top et qu’à l’avenir, je vais l’incorporer dans mes entrainements une fois par semaine).

Je dois bouleverser mes habitudes et mon quotidien pour elle et c’est dur à accepter. La blessure fait partie de la vie d’un sportif. Comme dit me dit mon ami podologue, à la fin d’une période de préparation d’un gros objectif, nous sommes tous à la limite de la blessure avec les km accumulés, la fatigue, etc… Arrêtons ce préjugé : ce n’est pas la HONTE d’être blessé. J’avoue, ça a pu m’arriver de me sentir un peu honteuse de ne pas pouvoir courir et de ne pas pouvoir mettre des photos de mon activité running sympas (comme avant) pour alimenter mon Instagram. Mais je suis honnête envers moi-même et envers vous tous qui me suivaient.

img_8904

MA VISION POUR LE MARATHON NICE CANNES

Ce marathon qui a lieu dans 9 JOURS est l’INCONNU TOTAL ! Je ne sais même pas si je vais pouvoir le finir, si mon corps va tenir le coup avec une prépa raccourcie d’1 mois mais maintenue niveau cardio tant bien que mal. Un mois de prépa en moins c’est beaucoup quand même…

Je me prépare psychologiquement à l’abandon. Abandonner une nouvelle fois, deux fois en un mois ça commence à faire beaucoup ! Je n’ai jamais abandonné aucun challenge dans le sport ou dans ma vie personnelle et professionnelle. La persévérance est mon life motiv’ !

Etre un sportif intelligent et respectueux de son corps c’est savoir abandonner et se dire STOP quand il faut pour se préserver. Oui oui c’est compliqué (moi la première), je ne connais aucun coureur qui n’est pas passé outre une douleur ou une contre-indication médicale à courir.

Capture d’écran 2016-11-04 à 07.59.53.png

Comment je vis moralement les deux dernières semaines avant le marathon ?

Je tente d’accepter au mieux ma blessure, de continuer les exercices de muscu pour renforcer mes quadri et maintenir au mieux ma rotule. Je compte aussi sur mes nouvelles semelles de sport pour soulager la douleur au maximum avant le marathon.

Le RP visé de 3h55 maximum va s’effacer au profit de ne pas abandonner et finir sans douleurs ou alors douleurs « supportables ». En ce dimanche 13/11, je ne sais pas du tout à quoi m’attendre, c’est l’inconnu côté genou. Je ferai un post ultérieur sur ma préparation du marathon Nice Cannes.

Comme me dit un ami, pour ma future prépa pour le marathon de Paris 2017 « Emma ne te prend pas la tête, soit cool, laisse faire ton corps. Tu pars tranquille et tu verras comment ton rythme évolue et tes jambes dérouleront ».

Dans ma tête, je commence à le prendre comme un entrainement supplémentaire pour le marathon de Paris 2017 avec la team Compex.

Mon objectif actuel : être en pleine forme physique pour attaquer en janvier la prépa concoctée par le coach Anis  et exploser mon chrono le 7 avril prochain. Pour moi, ce sera une belle revanche sur la blessure. Comme certains d’entre vous m’ont dit « c’est pour Revenir plus forte qu’avant ».

Pour finir MERCI pour vos encouragements, vos gentils commentaires de soutien ! A mon tour je soutiens et compatis pour TOUS ceux d’entre vous qui sont blessés. GARDEZ LE MORAL ET LA MOTIVATION ! La guérison n’en sera que plus rapide. Et n’oubliez pas de relativiser sur votre blessure…

PS : ce post est personnel et son but n’est pas de donner de conseils  ou avis medicaux. Il fait simplement part de la progression de ma periode de blessure que je traverse 😉

IMG_6377.JPG

 

Publicités