Dimanche 27 octobre, j’ai vécu la course Marseille Cassis autrement qu’en la courant. En effet, je suis passée du côté organisateur comme bénévole sur la zone de ravitaillement d’eau à l’arrivée.

Avant de me lancer dans le running, j’ai effectué quelques missions de bénévoles sur des courses (marathon de Paris, Marseille Cassis 2014, salon du running etc…) sur différents postes. Cela faisait longtemps que je n’avais réitéré l’expérience. Courir ou organiser, il faut choisir 😉 En ce moment, je cours hihihi

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Marathon de Paris 2015 SAS départ

A défaut d’avoir pu prendre le départ de Marseille Cassis, j’ai pu tout de même faire partie de cette belle fête de 20km. Pour vivre de près l’ambiance, me voici affectée au ravitaillement d’eau sur la ligne d’arrivée à Cassis.

Pour vous faire cette journée de bénévole sur une course running, voici comment se passe le déroulé d’une journée.

Préparation d’avant-course

La journée commence tôt, aussi tôt que si je la courrais ! Réveil programmé à 5h pour me préparer car le rdv est donné à Marseille à 6h avec toute l’équipe de bénévoles de ravitaillement d’eau d’arrivée. Cette année à cause des mesures de sécurité, la Gineste (fameuse montée de la course) n’est plus accessible à l’organisation tôt le matin. Du coup, nous devons faire un détour par l’autoroute. Dommage j’habite presque aux pieds de la Gineste grrr.

Le dispositif me donne l’impression de retourner sur le Tour de France : bandeau autocollant d’accréditation sur la voiture, bracelet organisateur, signalétique à suivre, gendarmes faisant barrages aux intersections et filtrant les voitures. Petit moment de nostalgie J

A 7h, nous voici garés sur le parking organisateur. Tout le monde revêt sa jolie tenue rouge Newbalance pour l’occasion et hop c’est parti, direction le port de Cassis. Le village s’éveille, les dernières installations prennent forme dont le célèbre chrono en train d’être fixé sur l’arche au moment où nous arrivons.

Les palettes d’eau à mettre en place sont posées dans la zone d’arrivée. En équipe, nous défaisons les palettes et mettons bien en place les bouteilles d’eau en essayant de les répartir au mieux sur l’ensemble de la zone. A l’aide d’un cutter, je fais une entaille sur le plastique supérieur de chaque pack de 6 bouteilles d’eau par efficacité et praticité pour donner les bouteilles. Je suis surprise par la petite taille des bouteilles d’eau, surtout avec la chaleur qui est annoncée dans la matinée…

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A 9h, la zone est prête à accueillir les coureurs ! En parlant de coureurs, les premiers sont sur le point de prendre le départ. J’ai une vue directe sur l’écran géant placé juste à côté de la zone d’arrivée pour suivre en direct la course. Et c’est parti ! Pendant 45 minutes je regarde la course en direct avant de regagner mon poste car les premiers seront là d’une minute à l’autre. Déjà ? hihihi

L’ARRIVEE

Je suis impressionnée de voir les premiers arriver. Par la suite, les préférentiels ne tardent pas à arriver. Je scrute la ligne d’arrivée car Anis, mon coach Compex court Marseille Cassis. Chrono 1h11 et Anis franchit la ligne d’arrivée ! Quel bonheur d’être là à son arrivée et partager ce moment unique avec lui. Il va m’accompagner sur les 3 prochains mois de préparation pour le marathon de Paris 2017 avec le Team Compex. Mais surtout, Anis va me concocter mon plan d’entrainement pour viser le RP.

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Je le félicite et le laisse souffler. Vers 10h30, il commence à faire très chaud. Anis me débriefe rapidement de sa course avant de retourner à mon poste car les coureurs de plus d’ 1h30 commencent à arriver en masse.

Pour me protéger au maximum le genou, j’ai mis ma genouillère et me place vers le fond de la zone de ravitaillement. L’angoisse de prendre un coup ou de me tordre le genou en me baissant pour prendre les bouteilles ne me quitte pas. D’autre part, j’ai l’impression que nous ne sommes pas très nombreux au vu du nombre de coureurs et de bouteilles à distribuer.

Un grand nombre de coureurs commencent à affluer dans la zone. Il faut savoir que le village de Cassis est très restreint et étriqué au niveau du Port, soit de l’arrivée. D’importantes mesures de sécurité ont été mises en place pour permettre le maintien de la course qui risquait d’être annulée.

Un filtrage au niveau de la sortie de la zone d’arrivée est mis en place mais il ralentit l’évacuation des coureurs de la zone et avec le peu d’espace qu’il y a, de temps en temps un bouchon se crée mais se dissout rapidement.

Petite de taille, je me retrouve encerclée par cette foule de coureurs transpirants et un peu mécontents. Je comprends car au début je ne comprenais pas ce qui se passait. Je me sens un peu oppressée par cette foule statique mais ce n’est rien par rapport à la « lutte » dans laquelle je vais me retrouver confrontée.

LES ASPECTS NEGATIFS DE L’EXPERIENCE

Je tiens à aborder en premier les aspects négatifs auxquels j’ai été confrontée sur l’événement. Il me tenait à cœur de les partager avec vous afin que chacun puisse découvrir que derrière une simple bouteille remise à l’arrivée, il y a tout un travail de petites fourmis mis en œuvre. Mon but est simplement de faire réfléchir et de vous éclairer sur le fait que ce n’est pas si simple d’être bénévole et qu’il faut essayer de respecter au mieux le travail de chacun (et plus particulièrement quand il s’agit d’un don de son temps personnel) 🙂

Cette année nous disposions de palettes en moins sur la zone d’arrivée, qui ont été réquisitionnées pour être distribuées sur la ligne de départ. Cette quantité en moins à distribuer à l’arrivée est conséquente surtout en période de forte chaleur, pouvant engendrer des malaises. Nous devons donc nous adapter et rationner les bouteilles d’eau à une bouteille par personne sinon les derniers n’auront plus d’eau à leur arrivée. A 50 mètres, un ravitaillement d’après-course complet (nourriture et eau) était disponible.

Malheureusement, de 10h30 à 13h, je vais passer la majorité de mon temps à faire face à certains coureurs irrespectueux, agressifs et égoïstes. Désolée mes mots sont forts mais j’ai pris cette mission à cœur. Quand j’expliquais gentiment que c’était une bouteille par personne à un coureur qui en avait déjà une voire deux dans sa main, (cachées ou non dans son dos) autrement les derniers n’auraient plus d’eau, certains se transformaient en GRIMLINS irrespectueux et aggressifs.

Pour vous donner une idée, voici les différents profils auxquels j’ai été confrontée 🙂 :

  • Profil 1 : Les coureurs agressifs qui veulent 3-4 bouteilles, même si à 50 mètres un ravitaillement les attend. Comme dirait un copain, c’est le concept de : « faire une course et les courses en même temps »
  • Profil 2 : Les coureurs qui se servent (plusieurs bouteilles) sans me demander quand j’ai le dos tourné 2 secondes
  • Profil 3 : Les coureurs qui se servent sans me demander et font s’écrouler une partie de la pile fragile de bouteilles d’eau, bien rangée et mise en place soigneusement toute la matinée.
  • Profil 4 La pépite : un italien qui avait 2 bouteilles d’eau dans sa main et qui m’a ARRACHE (oui oui) des mains la 3eme bouteille d’eau que je ne voulais pas lâcher pendant que je lui expliquais gentiment la situation.

En tant que coureuse en compétition, j’étais atterrée et déçue par ces comportements que personnellement je ne me permettrai pas. La course à pied est une fête. Tout est mis en œuvre pour que l’événement se déroule pour le mieux dans un contexte très particulier à cause des attentats cette année.

Qu’est-ce qu’un bénévole ?  Une personne qui donne de son temps personnel et ce gratuitement pour l’organisation et le déroulement d’un événement. Une course sans bénévoles ne peut pas exister et fonctionner.

D’un point de vue extérieur, je comprends totalement qu’il fasse très chaud et qu’une petite bouteille d’eau soit juste. J’aurai aussi eu du mal avec ça si j’avais couru. Mais sachant qu’un autre ravitaillement complet était prévu un peu plus loin, ça ne m’aurait pas dérangé.

J’ai un peu l’impression que certains coureurs considèrent qu’en s’étant acquitté du prix de leur dossard, tout est possible et à volonté. Et non, ça ne fonctionne pas comme ça 😉

Tant bien que mal, j’arrive à conserver quelques packs pour la fin. Je suis déçue par ce manque d’altruisme auquel j’ai dû faire face.  Pour info, l’an dernier, des Finishers de Marseille Cassis n’ont pas pu avoir la médaille car d’autres en ont pris plusieurs. J’aimerais savoir à quoi vont leur servir les médailles supplémentaires, vous aussi ? 😉

Mais heureusement qu’il y a plus de côtés positifs que négatifs !!

LES ASPECTS POSITIFS DE L’EXPERIENCE

Le négatif évoqué, je me concentre maintenant uniquement sur le positif ! J’ai aimé l’étape de préparation en équipe sur la zone d’arrivée. Une belle cohésion d’équipe, environ 20 personnes de 16 à 62 ans, tous là et motivés comme moi pour faire plaisir aux coureurs à l’arrivée.

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une partie de l’équipe arrivée ravitaillement

Pour ma part, le moment le plus intense dans une course c’est l’arrivée. Voir arriver tous ces coureurs qui ont tout donné… Pleurs de joie ou de fatigue, rires, intensité, calins, douleurs, bref toutes les émotions transitent dans cette zone d’arrivée. Etre au contact de vous tous, souriants, fiers, rayonnants m’a comblé de bonheur et m’a fait vivre un peu par procuration cette course que je rêvais de courir.

Ce qui est magique sur un poste d’arrivée sur une « petite » course mais qui a tout d’une grande, c’est que l’on a « accès » aux élites du running dès qu’ils franchissent la ligne. Quelle émotion j’ai ressenti quand le premier a franchi la ligne et s’est placé à 1 mètre de moi pour reprendre son souffle et ses esprits. J’en avais les larmes aux yeux. Des champions lancés entre 20 et 30km/h sur la Gineste, avec un chrono  de 59minutes 27 secondes pour le premier homme (kenyan) Henry Kiplagat et 1h 07 secondes pour la première femme Jocelyne Jepkosgei.

Ce qui me surprend chez ces athlètes, ce sont leur finesse musculaire. Très minces et secs, longilignes et avec des petits mollets qui ressortent. Je suis loin de leur ressembler, et en même temps ce n’est pas mon but hihihi.


Allez Emma, reprend tes esprits les autres coureurs amateurs vont arriver.

La course à pied c’est le partage, l’échange et le dépassement de soi. C’est beau de voir ces valeurs-là dans les yeux des participants quand ils s’avancent vers moi avec un grand sourire. Voilà ce qui me motive à me lever gratuitement un dimanche matin à 5h.

Quand je participe à une course, je repense toujours à mes expériences de bénévoles.

Du retrait du dossard, à la remise de la médaille et jusqu’à l’accès au vestiaire. Un sourire, un bonjour, un merci, une petite phrase sympa fait toujours plaisir.

Lorsque j’ai franchi la ligne du semi-marathon de Disney, je n’étais pas bien. Triste, nauséeuse, mélancolique. Allée au bout de moi-même, j’étais heureuse d’avoir à côté de moi de gentils bénévoles qui m’ont parlé et pris soin de moi le temps de reprendre mes esprits. Merci à eux !

J’invite chaque coureur à vivre une fois l’expérience de bénévole sur une course en compétition pour comprendre le fonctionnement et les contraintes de l’événement. Il pourra ainsi se forger une opinion et peut être améliorer son comportement le jour J 😉

J’ai également été heureuse d’avoir rencontré certains d’entre vous venus me parler sur la ligne. Merci de m’avoir fait un coucou !

L’année prochaine, j’espère ENFIN pouvoir prendre le départ de Marseille Cassis et récupérer ma petite bouteille dans la zone d’arrivée avant de prendre un bain sur la plage !

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