Le 13 novembre dernier, je prenais le départ de mon deuxième marathon : Nice Cannes. Originaire de Marseille, je rêvais de courir une course dont le parcours longeait le bord de mer.

J’ai mis du temps à écrire le compte-rendu de ma course. Pour être honnête, j’ai eu du mal à digérer cette fin de préparation et la course du marathon à cause de mes douleurs au genou qui sont venus s’incruster.

Je ferai un article sur ma préparation du marathon un peu plus tard.

Je suis arrivée sur Nice le mercredi soir soit 4jours avant le marathon. Jeudi, je file chercher mon dossard et faire un tour sur le village départ pour éviter le monde. Un bénévole me remet mon dossard et me dit « le tee-shirt sera donné à l’arrivée, une fois que vous aurez couru 42,195km ». Merci Monsieur pour le rappel. Petit coup de pression !

Vendredi et samedi, je profite de la région en mode touristique. Je passe mon temps sur l’application météo france car ils annoncent de la pluie pour dimanche. Courir un marathon sous la pluie c’est un peu la loose quand même, surtout dans le sud de la France hihihi.

Le samedi soir, repas traditionnel d’avant-course : pates,pates, pates (Barilla huile d’olive forever), jambon cuit, fromage blanc miel et 1 banane. Souvent je prends une compote mais étant donné que je comptais en manger pendant mon ravitaillement de course, j’ai opté pour la banane à la place.

Je me couche à 23h mais impossible de dormir. Je suis très nerveuse à cause de mon genou. Soit ça passe, soit ça casse.

Comme vous le savez, j’ai le syndrome fémero-patellaire au genou gauche apparu fin septembre. Pour compenser, je fais beaucoup de gainage quotidien et porte une orthèse genou pour bien maintenir la rotule. Cette blessure m’a empêché de finir mon dernier mois de préparation tranquillement. J’ai du remplacer les runs par de l’elliptique et du vélo en salle. Sur le dernier mois, j’ai fait 4 runs avant le marathon.

Je réussis à m’endormir tant bien que mal et me reveille à 4h30 pour prendre mon petit-déjeuner. Réveil difficile car je suis en manque de sommeil mais ce n’est pas grave, je me reposerai ce soir 😉

Comme d’habitude, au menu :
1 café
tartines pain poilane beurre et miel
amandes
1 bol de fromage blanc avec du muesli
1 banane

Voilà, petit dej englouti, je me cale sur le canapé pour regarder les informations et me changer les idées. Au fond de moi, je sens que je suis déjà très concentrée sur ma course mais surtout sur l’épreuve qui m’attend face à mon genou…
Comment vais-je gérer ma course? A quel moment vais-je avoir mal ? Vais-je pouvoir finir ? La douleur va-t-elle être insupportable et me contraindre à prendre le train pour rejoindre la ligne d’arrivée à Cannes ?

Je n’en mène pas large. Je suis si déçue d’être blessée. J’avais si bien commencé ma préparation pour ce deuxième marathon. Même si je joue pas ma vie, j’ai tellement envie d’y arriver. Je tente de ne pas trop me projeter et me focusse sur le moment présent.

Tranquillement je commence à me préparer. Une douche qui réveille bien, ajustement des vêtements, huilage des jambes et Nokage des pieds et intérieurs des cuisses. 6h20 je suis prête et nous décollons de l’appartement.

Anedocte : au moment où nous sortons de l’appartement, nous sortons en même que les voisins d’en face. 4 mecs habillés en tenue running et participants aussi au marathon. Trop drôle !!!! Fourire collectif à 6h30 du mat qui nous a bien détendu.

L’entrée dans le sas était marquée à 7h maximum. Le départ de la course est annoncé à 8h. J’arrive sur le lieu du départ (stade Allianz riviera) vers 6h45. Il fait très froid. Après hésitation, j’ai opté pour une tenue débardeur, manchons tissus pour les bras et short. J’ai extrêmement froid sous mon poncho de plastique. Je ne sais pas comment je vais faire pour prendre le départ en départ avec ce froid. Pour me réchauffer, je reste un petit moment contre les parois du stade et ne me dirige pas tout de suite vers mon sas de départ.

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Il est bientôt 7h15, l’heure d’y aller tranquillement. En direction du sas, je croise mon pote Stefano. Cool nous sommes dans le même sas. Nous entrons dans le sas de départ, 3h30, déjà bien rempli par des coureurs sur motivés. Ca fait plaisir ! Je suis déçue de ne pas prendre le départ de la Promenades des Anglais. C’était un des aspects de la course qui m’animait. Mais là c’est différent… Honnêtement c’était sans intéret ce départ du stade allianz.

Je me réchauffe comme je peux. Le départ est proche, plus que quelques petites minutes avant le départ !

Et c’est parti…

 

Me voilà lancée pour essayer d’en découdre jusqu’à la fin… mais où sera la fin pour moi ? Telle est la question…

Ma philosophie : courir à l’allure dictée par mon corps. Au début de ma préparation, je souhaitais maintenir une allure entre 5,20 et 5,30min/km. Je consulte régulièrement ma montre et contaste que naturellement mon corps se calle sur cette allure là sur les 22 premiers km. Au 22eme km c’est le drame…. Ma montre TomTom s’éteint et n’a plus de batterie.

Je suis dégoutée, je l’avais rechargée exprès toute la nuit. Mais déjà le fait de rechercher le signal GPS avant la course lui avait fait perdre plus d’1/4 de batterie.

Moi qui voulait courir au rythme dictée par mon corps et bien je vais m’y confrontée jusqu’au bout par la force des choses hihihi. Par sécurité, j’avais quand même lancée l’application Strava, au cas où. Mais honnêtement mon téléphone était dans ma ceinture, donc je ne l’ai pas regardé pour me repérer.

2 marathons, 2 histoires de montre ! LOL

Sur le premier marathon, j’avais oublié de déclencher ma montre et m’en été rendu compte au bout de 1,7km… Youpi ! Pour (re)lire le compte-rendu de ma course c’est ici.

Pour l’instant, aucune douleur côté genou. Au 24km, la douleur commence à revenir. Je me dis que c’est pas mal d’avoir réussi à tenir plus d’un semi sans douleur… alors qu’avant au bout de 7/8km les douleurs revenaient. A partir du 25km, la douleur s’installe et ne part plus. Dans les descentes, les faux plats descendants, les trotoirs courbés sur le côté, je ralentis pour trotiner voire marcher pour préserver au maximum mon genou. Au 28/29km après une grande montée, il y a une grande descente. J’ai tellement envie de foncer dans la descente comme j’avais fait sur la course Paris Versailles l’an dernier. Et non, là c’est tout l’inverse, je fais mon maximum pour ralentir.

Je maintiens ma douleur et une allure bien ralentie dictée par le genou jusqu’au 34km. Entre le 28km et le 34km, je m’arrête 3 fois pour bien remettre l’orthèse en place sur le genou. Je suis pleine de doutes car j’ai couru qu’une seule fois avec l’orthèse Compex, 3 jours avant le marathon et aujourd’hui. C’est perturbant pour reconnaitre la cause de la douleur sur le moment :

  • est-ce que ce sont les armatures en silicone qui appuient contre un côté du genou où elles ne devraient ?
  • est-ce que c’est ma douleur rotulienne ?
  • est-ce que j’ai vraiment mal ou est-ce psychologique?
  • est-ce que j’enlève l’orthèse et je serai mieux sans ?

Je m’arrête 3 fois en me posant ces questions et en remettant en place l’orthèse. Comme les coachs le répètent : le jour d’un marathon, ne rien improviser et courir avec ce que l’on connait.
Je me suis dit que cela faisait 34km que je courai avec l’orthèse, que je connaissais la sensation et la douleur avec mais que je ne savais pas du tout ce que j’allais ressentir si je l’enlevais et que cela pourrait entre encore pire. Du coup j’ai décidé de garder l’orthèse sur le genou.

Au 34km, je commence à fatiguer et à avoir vraiment mal. Je me stoppe et marche tranquillement. Je me rends compte que je souffre moins en courant quand marchant. Alors je me remets à trotiner doucement. En prenant le départ, je me suis fixée comme règle d’or : si j’ai trop mal, j’arrête tout, je marche et je prends le train.

Je fais extrêment attention à mon ressenti de la douleur. Je ne veux pas avoir trop mal et risquait de rester avec la douleur pendant des semaines à venir. Hors de question !

Entre le 34km et la fin, j’ai mal au genou. Je suis frustrée car le cardio et la jambe droite sont en forme. J’avais peur de galérer au niveau du cardio et bien quelle bonne surprise. Aucun essoufflement contrairement à mon premier marathon où je n’arrivais plus à respirer vers la fin.

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Pour me motiver, je me dis que j’ai réussi à aller jusqu’au 34km, j’ai fait le plus dur donc je peux y arriver et aller chercher ma médaille de Finisher tant espérée !

Chaque km est interminable. J’ai chaud, j’ai mal, j’en ai marre d’écouter ma playlist, j’ai envie d’en finir et de savoir si OUI ou NON je vais franchir la ligne !! J’en peux plus de trainer ce « suspense » et ce mystère sur chaque km que je parcours. Côté chrono, je sais que c’est foutu pour les -4H mais je ne sais pas du tout où j’en suis. Ce n’est pas plus mal car de toute façon je ne peux pas aller plus vite que ma douleur.

A chaque ravitaillement, je mange des figues sèches et bois beaucoup. Je m’arrose aussi le genou car l’eau fraiche sur l’orthèse me fait du bien et me soulage.

J’arrive au 40km, j’y crois, je ne lâche rien ! Autours de moi les coureurs fatiguent et peinent à avancer. Moi aussi je fatigue, j’ai les larmes aux yeux de subir ce genou. Je repense à ce dernier mois passé dans l’incertitude, aux efforts de gainage, de massage, de soins, mis en oeuvre pour « bricoler » au mieux la douleur pour pouvoir prendre le départ du marathon.

Allez plus que 2km… plus qu’ 1km… J’ai de l’energie pour accélerer mais pas trop car j’ai mal. Je vais bientôt en finir avec cette torture… 500mètres…. 100mètres…. Elle est là, devant moi… la ligne…. ET voilà…. c’est fait, je l’ai franchi… J’y suis arrivée… Je suis finisher de ce p**** de marathon Nice Cannes.

A peine la ligne d’arrivée franchie, je m’écroule en pleur contre la barrière de sécurité. Toute la pression retombe et la déception apparait. La vie est bien faite, au moment où je relève la tête, je vois mes copines Lisa et Solenne qui foncent vers moi pour me faire un gros calin de reconfort. Merci, merci les filles. C’était vraiment la chose dont j’avais le plus besoin à CE moment là. Elles me réconfortent et me remontent le moral.

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Je ne me sens pas bien, je suis déçue, fatiguée, lassée, blessée et blasée. Je me dirige vers les médailles et le tee shirt Finisher que je récupère fièrement. Le mental, les efforts et la bonne gestion de la douleur m’auront mené jusqu’à cette ligne d’arrivée, que je n’étais même pas certaine de franchir…

Voilà, c’est fait, je ne repartirai pas de Cannes sans ma médaille !!!!! Je rejoins mes copines et mon homme. J’ai retiré mon orthèse et la douleur est encore plus présente. J’ai bien fait de la garder jusqu’à la fin et de ne pas la retirer au moment où j’avais hésité.

Je ne ressens aucunes nausées post effort. Grâce à ma nouvelle alimentation pendant les courses (barre de céréale, figue sèche, pompotte), mon estomac est nickel ! Je n’ai pas pris de gels et ne comptent plus en prendre à l’avenir.

Pour finir cette belle journée, un petit bain de pieds sur la plage de la croisette et un resto avec les copains sur la plage avec un bon faux filet frites bien mérité !

Pour finir ce compte-rendu, la persévérance intelligente, le bon accompagnement sportif et mes efforts ont été les clefs de cette médaille!

Merci à Fred, Anis et Fabrice qui m’ont soutenus, aidé et aiguillés pendant ce dur dernier mois ! Merci à mon homme et à mon entourage de m’avoir soutenu et supporté… J’ai vraiment embêté tout le monde avec ce problème de genou, un peu trop même parfois.

Attention à ne pas en faire trop et à donner trop d’importance à certaines choses qui ne rélèvent pas d’une question de vie ou de mort… car des courses il y a en tous les weekends alors qu’une famille ou un conjoint(e) il n’y a qu’un(e)….

 

 

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