Dimanche 05 mars, je prenais le départ pour le semi de Paris euh plutôt j’allais à la piscine extérieur d’hiver.

Comme vous aurez pu le lire, le vivre ou l’entendre, ce semi marathon de Paris était TRES difficile, éprouvant, mouillé et exigeant.

Je n’étais pas très motivée à l’idée de refaire pour la troisième fois le semi de Paris que je connais par coeur. Empruntant le même parcours ainsi qu’une partie du marathon en sens inverse, une fois que l’on a couru ce parcours, on le connait par cœur. Cette année, ASO a décidé d’innover et de changer le sens du parcours. Quelle bonne idée ! Du coup, me voici décidée, et puis après tout jamais 2 sans 3 😉

AVANT LA COURSE

Avant la course, j’ai rdv avec une partie de la team Compex puis les RunChic. Une belle motivation de voir les copains/ copines de running avant un semi qui s’annonce pluvieux. Je ne sais plus qui m’a sorti la veille « semi pluvieux semi heureux… » citation de m**** oui !

Avant de rejoindre les copains, je dépose mes affaires au vestiaire pour être tranquille et ne pas perdre de temps pour rejoindre mon sas de départ par la suite. Je me connais, j’aime bien papoter un peu 😉
Une petite photo à 8h30 avec les compex, une petite photo à 8h45 avec les RunChic et direction le sas de départ. Le timing était juste car l’accès à mon sas (1h40 bleu) fermait à 9h. Je me speede pour faire un dernier pipi à l’arrache dans les buissons et file dans le sas.

LA COURSE

Je fixe ce ciel très gris et menaçant « allez soit sympa, retiens ta pluie encore 2h please ». Niet ! Je patiente dans le sas en croisàt les doigts…. Pour une fois, je suis contente d’avoir autant de chaleur de moi parmi tous ces runners, prets à decoudre en teeshirt/ debardeur/ponchos de pluie/kway… bref tous les Styles plus ou moins chauds ou impermeables sont adoptes face à ce trmps ULTRA menaçant !

A peine le départ de mon sas est donné que les premières gouttes commencent à tomber. Nooooooooonnnnn mais pourquoi ? Je commence à courir avec mon poncho de pluie donné à la fin du marathon de Paris, vert grenouille. Il fait froid et il commence à bien pleuvoir. Je sens la galère arriver… De peur d’être méga trempée, je conserve le poncho de pluie. Les rafales de vent me créent des appels d’air et font rentrer la pluie par les grandes ouvertures des manches.

Il faut savoir que la pluie me rend hystérique. J’ai vraiment du mal à courir sous la pluie en étant trempée. Les vêtements trempés qui me collent la peau m’insupportent. Je m’accroche mentalement. Pour me rebooster, je me dis que c’est un bon exercice mental. Je dois tenir, après tout ce n’est « qu’un semi » allure marathon. Sur ce semi, mon objectif est de tenir l’allure marathon visé : 5,19min/km et un chrono final de 1h49. Je suis vraiment en attente de mon ressenti à la fin de ce semi. Suite à mon deuxième marathon vécu dans la blessure et la souffrance le dernier mois de préparation, je n’ai pas vraiment de repère quant à l’évolution de mon niveau running. Je souhaite faire moins de 4h le 09 avril prochain mais à ce jour mon allure n’est pas encore déterminée.
J’ai peur de me sous et sur estimer quant à mon potentiel. Si je cours trop vite, je vais exploser en vol, si je cours trop doucement je vais être frustrée à la fin et n’aurai pas assez de ressources pour me faire un sprint sur les derniers km du marathon 😉

img_2830Une seule solution à mon problème : tester mon allure sur les sorties longues. Dans le cadre d’une préparation marathon, les sorties longues sont faites pour tester différentes allures, savoir si l’on est à l’aise ou pas, ajuster pour être confortable et bien calé le jour J.
Je regarde constamment ma montre et me rends compte que je suis trop rapide par rapport à l’allure que je dois adopter. Je varie entre 4,50 et 5min/km. Plutôt 5min/km que 5,19min/km quand je me freine. La météo épouvantable ne m’incite pas vraiment à ralentir, bien au contraire… Malgré le poncho de pluie et les 3 couches, je commence à avoir froid. Le nouveau parcours est pas mal mais les 3 nouveaux tunnels cassent vraiment les pattes car les montées sont longues et fatigantes. Sans parler de la méga montée au 13eme km (que j’emprunte en descente au marathon ouffff) qui est longue et difficile. Curieusement, je ressens une puissance importante en montée. Je me surprends à être à l’aise et à accélerer naturellement comparé à certains runners en souffrance. Waow, je suis presque plus à l’aise en montée que sur le plat.

La première partie du semi se passe bien même si je n’arrive pas à me réguler. Je m’arrête à chaque ravito pour boire de l’eau et manger des raisins secs. Les choses vont se corser dans la deuxième partie. Je commence à déprimer car je suis vraiment TROP rapide, incapable de me ralentir et de me réguler à l’allure fixée.

Mon but est d’être régulière et de savoir si je suis KO à l’arrivée. Le temps n’incite pas à ralentir. J’angoisse et me projette le 9 avril prochain. Par ailleurs, je vais ressentir un sentiment très bizarre à deux reprises sur le parcours du semi. Au rond point de Bastille, angle Bastille et rue de Saint Antoine, puis quais des Celestins en arrivant sur la Mairie de Paris, le public et les supporters des associations étaient sur la chaussée, en train de hurler des encouragements. Ils étaient tellement proches de nous et en masse, que j’ai ressenti une crise d’angoisse liée aux attentats de Paris. N’étant pas de nature peureuse, c’est la première fois que ça m’arrive et j’étais pas bien du tout. Oppressée et nerveuse, j’ai mis un peu de temps à reprendre mes esprits. J’y pense pour le marathon. Autant l’an dernier, je n’y avait pas réfléchi, autant cette année je ne suis pas hyper sereine. J’arrête les angoisses ! Revenons à ma course.

Je commence à sentir mes jambes qui tirent un peu mais mon cardio est bon. Allez encore 3km et c’est fini. J’ai si hâte d’arriver et m’abriter de cette pluie venteuse glaciale. Oui voilà c’est bien le terme SEMI = PLUIE + TEMPETE + FROID POLAIRE
Quand je pense que certains courent en débardeur- tee-shirt short… Ma montre me désespère, je fais au mieux pour me caler sur un rythme ralenti. Au dernier km, je craque avec l’averse. J’accélère et finis le dernier km à 4min30/km. J’aperçois la ligne au loin, je tiens bon ! Et voilà enfin, je franchis la ligne. Ouf fin du calvaire, enfin pas vraiment…

Je sonde mon état : niveau cardio je suis bien, pas essoufflée, niveau jambes je sens que ça tire et que j’ai bien couru. Par contre, je suis incapable de dire si j’aurais pu enquiller un autre semi à cette allure pour boucler un marathon. Je suis déçue de moi-même car je n’ai pas réussi à tenir mon objectif fixé. Je suis très contente de mon chrono de 1h47 mais ce n’est pas le but recherché. Je dois affronter le fait que je n’arrive pas à être régulière. C’est perturbant pour moi car sur le premier marathon, j’étais ultra régulière jusqu’au 40eme (entre 5,30 et 5,35min/km) et les 2 derniers j’ai « explosé » car les nausées insoutenables depuis le 30km m’ont pris tout mon mental.

L’ARRIVEE

Une fois la ligne franchie, je prends activement la direction du ravito d’arrivée mais surtout de la consigne. Je n’en peux plus et n’ai qu’une seule hâte : me changer et enfiler des vêtements secs !

La médaille récupérée, j’ingurgite plusieurs quartiers d’orange et une pomme. Première fois que je teste les oranges à la fin d’une course. En général, je préfère éviter car j’ai peur d’avoir des maux de ventre à cause de l’acidité.

J’aurais bien aimé du solide (pain d’épice, gâteaux) mais la météo rendait impossible de déballer certains aliments. Ce n’est pas grave, une pomme fera l’affaire. Un vent horrible souffle sur le parvis du château de Vincennes. Je suis à la limte de pleurer tellement j’ai froid. Hyper frileuse de nature, je suis à la limite de l’hypothermie. Je n’en peux plus, je suis en souffrance comme beaucoup d’entre nous.

 Le pire est que je dois rentrer en scooter… Je n’arrive plus à marcher vite pour me diriger vers la consigne. Je n’ai plus de forces et suis transie de froid. Je récupère mon sac à la consigne et me faufile dans un coin de la tente parmi certains runners pour me changer au sec.

Merci l’orga de nous avoir aménagé un petit coin presque à l’abri mais au sec sur le côté de la consigne. Je n’ai même pas la force de me changer. J’attends quelques minutes pour reprendre mes esprits et me réchauffer un peu. Je ne peux plus bouger mes mains et mes pieds. Je réalise que mes chaussures sont des piscines et mes vêtements complètement trempés malgré le poncho de pluie. Au bout de 10minutes, je me sens un peu mieux et commence à me changer. Je réalise que je n’ai presque pas d’habits de rechange secs. Tant pis, c’est mieux que de rester mouillée.

J’ai eu la bonne idée de prendre une deuxième paire de chaussures, mais j’ai oublié les chaussettes…. Pfff j’ai prévu une veste chaude de running mais j’ai oublié la sous couche. Bref j’étais pas au point !

Une fois changée, j’attends encore un peu avant de repartir. J’aide plusieurs personnes gelées à ouvrir leurs sacs. Solidarité du froid, les plus réchauffés aident les plus gelés arrivant sous la tente 😉

Je me remotive mentalement pour rouler 30/40min en scooter pour rentrer chez moi sous la pluie. Et oui encore de la pluie…

Toute façon je ne vais pas rester à Vincennes donc je me focus sur la douche brûlante qui m’attend à la maison. Je mets mon poncho de pluie sur ma veste kway pour me protéger un maximum avant de reprendre mon scooter et rentrer enfin chez moi.

En arrivant chez moi, je suis gelée, déçue, énervée, frustrée, fatiguée, affamée. Mais pourquoi ne suis-je plus régulière ? Pourquoi je n’y arrive plus ? Est-ce que je me sous-estime ? Est-ce que j’ai vraiment progressé ?

Tant de questions fusent dans ma tête vis à vis de cette prépa marathon de Paris. Une chose est sûre : ce semi était tellement dur, au vu de la méteo, qu’il n’est pas possible d’avoir un repère objectif. Je dis un grand bravo à ceux qui ont réussi à faire des RP sur ce semi. Quelque part, tous les participants n’avaient qu’une envie sur ce semi : arriver le plus vite possible, alors ça a dû en booster plus d’un 😉

Voilà, ce compte-rendu de course fut relativement bref et complexe. Je vous conseille de tester cette nouvelle version l’année prochaine si il fait beau 😉

En attendant je crois tous les doigts des pieds et des mains pour ne surtout pas avoir un tel temps pluvieux sur le marathon de Paris … Car moralement je risque d’être anéantie et de songer à l’abandon malgré la prepa…

Alors tenté par le semi-de Paris ?


 

 

 

 

 

 

 

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