Dimanche 7 mai, je prenais le départ pour ma toute première course en Bretagne : la Passagère. Une course locale reliant Dinard à Saint Malo de 14km.

Cette course m’a donné un pretexte pour retourner à Saint Malo le temps d’un long weekend. J’aime vraiment bien cette ville, mais surtout courir tôt le matin sur la fameuse plage du Sillon. Me sentir seule au monde, en communion avec la mer et le sable fraichement mouillé des marées. Parfois seule ou accompagnée par de rares matinaux comme moi. Un instant magique.

Après m’être renseignée sur les courses de la région et plus particulièrement autour de Saint Malo, je suis tombée sur cette course « nature mixte » de 14/15km. Je vous avoue avoir été intriguée par le « nature mixte ».
Mais qu’est ce que ça veut dire exactement ? Je vais bientôt le découvrir.

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Départ Dinard, arrivée Saint Malo, le tout en traversant le somptueux paysage du barrage de la Rance et le littoral malouin. Allez hop, banco, j’achète mon dossard à 12 euros.

Il faut savoir que cette course est limitée à 1000 coureurs. Après le marathon de Paris, je suis contente de basculer sur des formats à échelle humaine sur cette deuxième saison de running. J’ai du mal à supporter la foule, la queue pour les vestiaires, la cohue dans les SAS, l’irrespect de certains qui oublient que ce n’est qu’une course et qu’ils ne jouent pas leur vie…

Pour vous illustrer ma course, voici le parcours en détail :

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Le tracé varie entre 14 et 15km. Cette année, en raison d’une partie assez boueuse, le tracé a été modifié et légèrement rallongé.

 

AVANT LA COURSE

Deux possibilités pour retirer les dossards :
>Le samedi à la Timac Agro, dans la zone industrielle de Saint Malo, entre 10h et 18h
>Le dimanche matin sur le lieu de départ de la course entre 7h15 et 9h

J’opte pour le retrait le samedi, lieu de départ des navettes le lendemain pour Dinard.

C’est l’occasion de repérer où je dois laisser mon véhicule le lendemain. En général, sur les courses que je prépare, je préfère retirer mon dossard la veille sauf pour les courses loin de chez moi où c’est tout de même très pratique de se déplacer qu’une seule fois et de combiner retrait + course 😉

Le dossard en poche, les infos pratiques supplémentaires, une photo souvenir devant une vitre protégeant l’affiche de la course, je rentre chez moi. Pas de goodies, pas de tee shirt, uniquement le dossard remis sous enveloppe. Au vu du prix de l’inscription, je ne m’attendais pas à être couverte de goodies et ça me va très bien 😉

AVANT LE DEPART DE LA COURSE

Les navettes acheminant sur le départ de la course sont entre 7H45 et 9H. Par sécurité, je préfère monter dans la première et patienter sur place. La première navette est bien remplie de coureurs. La population est relativement plus âgée que sur les courses parisiennes que j’ai l’habitude de fouler. Moyenne d’âge entre 40 ans et 60 ans.

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Les coureurs sont plus posés et pas forcement à la recherche de la performance. Ca me détend de voir ces personnes zen autour de moi. Ca me change du marathon de Paris ! Je parle beaucoup du marathon de Paris car c’est ma dernière grosse compétition en date, et non des moindres 😉 Pour relire le compte rendu de cette superbe course, c’est ici.

Pas mal de coureurs retirent leurs dossards dans la salle où je suis assise pour patienter jusqu’au départ de la course. Je dépose mon sac à la « consigne ambulante ». Même système que sur la course Paris-Versailles (relire ici mon compte rendu de la course), je mets mon sac à dos dans un sac poubelle avec mon numéro de dossard qui est ensuite mis dans un camion. Ce camion ramènera mon sac sur la zone d’arrivée à Saint Malo. C’est bien pratique tout de même 😉

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Je patiente environ une heure jusqu’au départ. Un animateur met l’ambiance sur la ligne de départ pour réchauffer les coureurs. De mon côté, je n’ai pas envie de m’échauffer. Pas de pression, pas d’objectif, pas d’échauffement, le KIFF !

J’attends le dernier moment pour intégrer la zone de départ.

 

Dans ma tête, je n’ai pas vraiment d’objectif chrono. Enfin presque… Je me dis que je souhaite partir sur une allure de 4min30/km et voir jusqu’où je peux tenir à cette allure.  Je n’ai aucune idée du contenu du parcours (dénivelés ou pas, sentiers ou pas). C’est une totale surprise ce parcours mixte !

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LA COURSE

Le GPS de ma montre réglé, mon ipod en marche, je suis READY to go !

Et c’est parti je pars comme une fusée. Mes jambes déroulent toutes seules en 4min30 du kilomètre. Waow ce serait mon allure maximum sur mon prochain 10km…

J’avance, je me sens bien.

Du 1 au 3km c’est la partie route, tout va bien. Je suis à l’aise, retrouve mes repères, double pas mal de monde. Je contrôle ma montre pour rester max à 4,30min/km.

A partir du 3km nous abordons la partie chemin de terre/sentier en forêt ET qui dit petit sentier forêt dit étroitesse du passage dit BOUCHON de coureurs. J’étais lancée quand ce beau rappel à l’ordre du bouchon humain s’est formé soudainement.

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Voilà Emma, petite routière marathonienne, il va falloir t’habituer au rythme, au sol et à la gestion d’effort du Trail. Stoppe ton assurance routière ! Une remise en question de ton savoir-faire et ton « expérience » s’impose. Il est temps de te remettre modestement à apprendre toutes les bases du Trail. Il te reste tout à découvrir dans ce domaine et à apprivoiser la nature et ses éléments.

C’est fou, moi qui me sentais si à l’aise jusqu’à ce bouchon… J’ai ressenti un vrai revirement de conscience. Face aux nouveaux objectifs qui m’attendent ces prochains mois, j’ai du boulot !

 

Comme vous avez pu le découvrir dans cet article, je vais m’élancer pour mon très gros objectif de fin d’année : le Festival des Templiers sur la Boffi Fifty, 50 km avec 2400mètres de dénivelé.

Ca ne pas être drôle sur toute la distance je sens…. hihihi

Pour en revenir à la course, au 3km, tout le monde se met à marcher doucement. J’avais oublié les ralentissements et les étapes de marche qu’impose le trail. Pas grave, ça me permet de reprendre mon souffle et quelques photos 😉 Après quelques mètres, le chemin s’élargit et chacun reprend son rythme.

Au 4km, le parcours nous fait arpenter des sentiers en terre arborés et jonchés de feuilles mortes. C’est très agréable de déambuler parmi cette végétation avant de déboucher sur les bords de la Rance. Quelle belle surprise. Le paysage est superbe malgré le ciel gris. J’aurais bien aimé que le soleil nous accompagne mais bon tant pis, je m’en accommode.

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Le sentier mi chemin mi terre mi cailloux longe la Rance. Ce paysage me rappelle un peu le parcours du marathon Nice Cannes, que j’ai couru en novembre dernier. Etre si près du littoral c’est magique, surtout sur la fin du parcours de la Passagère. J’y reviendrai plus tard dans le compte rendu.

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A 5km, j’aborde enfin le fameux barrage de la Rance. Emprunté en voiture mais jamais à pied, je me demandais si l’organisation allait fermer le barrage pour la course. Etant donné les 1000 participants inscrits, cette option me semblait peu probable. Effectivement, j’emprunte un axe parallèle à la route du barrage. Le sol est recouvert de grilles de fer crantées pour l’évacuation de l’eau sur le chemin.

 

C’est n’est pas agréable et perturbant car soit on court sur les grilles crantées, soit on emprunte un couloir étroit longeant les grilles avec à peine l’espace de poser les pieds et donc propice à se tordre la cheville avec la vitesse et l’inattention…

Sur tout le barrage, j’alterne entre les grilles et l’etroit couloir. Je ne sais jamais où poser mes pieds et c’est assez perturbant.

J’ai bien fait de mettre mes baskets Brooks du marathon de Paris avec de l’amorti pour passer sur les grilles crantées.

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Enfin le barrage traversé, nous attaquons des escaliers et de nouveau des sentiers arborés avant d’atterrir dans le parc de la Briantais. Un très joli parc avec de très jolies MONTEES ! Punaise, 3 – 4 côtes qui font bien mal aux pates. Et là en les gravissant les unes après les autres sans marcher, je me disais «tu vois ce n’est rien ça comparé au dénivelé qui t’attend sur les 23km du Mont Blanc dans un mois sans parler de la Boffi Fifty ! » . Oh punaise j’ai intérêt à faire des côtes et des escaliers.

Le parc et la vue sur la Baie sont magnifiques. Déambuler au milieu des sous bois du parc en toute tranquilité c’est top. Premier ravito en eau, fruits secs, bananes et sucres. Pour ma part, je ne bois que de l’eau. Je prends mon gobelet à la volée et continue. J’accelère sur les sentiers plats ou en descente tout en faisant extrêment attention à l’endroit où je pose mes pieds.

Je connais ma grosse faiblesse : la descente. En effet, je ne sais pas descendre et j’ai peur. Dévaler comme un cabri sans réfléchir ce n’est trop mon truc… Je ne sais pas le faire et j’ai peur de me blesser en butant sur une racine, une pierre ou tout simplement glisser. J’avoue que sur le bitume on ne craint pas grand-chose de ce côté-là, mise à part glisser sur une peau de banane/orange ou marcher dans une crotte de chien !

Je fais au feeling, laisse passer les plus rapides, et aborde ces passages là à mon rythme.

Les 8 et le 9km, nous passons par des routes de maisons situées au bord de l’eau. Je découvre l’acces à certaines petites plages toutes mignonnes. Sur cette partie de course, il y a une super ambiance. Les habitants sont devant leur entrée de maison, dans les virages et nous encouragent chaleureusement.
C’est motivant surtout pour arpenter une nouvelle grosse montée. Je ne lâche rien, je ralentis mais je continue à courir. Pour info, je ne regarde presque plus ma montre depuis le 3km, sauf dans les moments où je suis dans le dur pour avoir une idée de mon allure.

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Au 10km, nous traversons le parc de Corbières et débouchons enfin sur le littoral malouin. C’est magnifique ! Un mini Nice Cannes plus sauvage. Je suis fan du paysage et de la vue. J’aime tellement courir au bord de la mer. Ca me rappelle mon enfance à Marseille. Je profite vraiment de l’ambiance et de l’atmosphère de la course en prenant mon temps.

Je dois comptabiliser au moins 6 pauses photos et videos depuis le début de la course. Ce qui serait impensable sur une course objectif 😉

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Mais pourquoi me speeder et ne pas profiter du paysage ?

Au 10km, nous sortons du sentier et arrivons sur la plage de Solidor avec une vue splendide sur la Tour Solidor au loin. Je n’avais jamais eu l’occasion de m’en rapprocher d’aussi prêt. Elle est à mes pieds, ou plutôt moi aux siens. Lol Enfin bref, je fais une pause photo, evidemment 😉 !

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Une bonne série d’escaliers, suivis d’une montée nous menant jusqu’au dernier ravito. Pareil, un verre d’eau et hop c’est reparti !

Je n’ai pas faim grâce au copieux petit dejeuner « marathon » avalé avant la course.

Du 10km au 12km, je cours le long de la mer en faisant le tour du parc de la Cité d’Alet. C’est superbe, et encore plus car le soleil s’est enfin levé ! Finalement, j’ai bien fait de prendre mes lunettes de soleil 😉

 

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A partir du 12km, j’accélère car je récupère de la route. Je suis en 4,57min/km. Enfin, je retrouve mes sensations et une allure de route où je me sens confiante. La digue des bas Sablons nous menant à Saint Malo me semble interminable. Pas grave, je maintiens l’allure 4,28min/km. Vivement l’arrivée car je commence à fatiguer !

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Sur le dernier km, le parcours nous fait traverser la zone industrielle de Saint Malo, courir entre les hangars. Je suis déçue de cette fin de parcours. Je m’imaginais arriver au pied des remparts de la citadelle de Saint Malo. Raté !

J’apperçois l’arche d’arrivée au loin ! En effet, elle se fait  au pied de l’usine du groupe Roullier qui finance la course. Dommage…

J’accélère sur les derniers metres et ne lâche pas l’allure. En franchissant la ligne, je n’ai aucune idée de mon chrono. Malgré les 10 pauses photos qui valaient vraiment le coup, j’espère être en dessous des 1h30 tout de même.

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Et oui quand je cours, j’ai aussi une sale tête en plein effort ! Etre belle et photogénique ou se dépasser, faut choisir, et perso je préfère être donf pour les chronos ! 😉

Allez je me rapproche enfin de cette arche d’arrivée…. Quelques mètres et Bim je regarde ma montre : 1h19 !

Pas mal pour une reprise et pour avoir pu profiter pleinement du paysage maritime. D’autant plus que je me sens fraiche c’est agréable.

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Une fois la ligne franchie, je prends la direction du vestiaire.  Mais avant, je me fais interviewer par le speaker, Thierry Eon, qui me demande comment s’est passé ma course et quelle fut ma dernière course en date. « la Passagère s’est très bien passée, de très beaux paysages variés. , Ma dernière course en date était le marathon de Paris ». , « Ah super un marathon et quel chrono ? » « Euh 3h41 » ( je deviens gênée…) « Mais c’est top, ça commence à envoyer du lourd, bravo ! », « euh oui oui merci beaucoup Monsieur », (voilà je suis officiellement très gênée, j’ai  juste envie de rentrer pour prendre une douche et récupérer mes affaires au vestaire ».

 

Bizarrement, n’étant pas du tout timide de nature, je suis toujours un peu gênée de parler de mes chronos, peut être par pudeur alors que je ne les ai pas volés mais bel et bien courus et allé chercher très loin pour certains.

Je récupère au passage le tee shirt Bleu de la Passagère (remplaçant la médaille) puis vais faire un tour sur le tableau des résultats.

C’est bien confirmé, 1h19 !

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Je récupère mon sac, puis fais un arrêt au ravito d’arrivée. Madeleines, quatrequart, bananes, fruits secs, eau et coca sont proposés. Pour ma part, je mange une madeleine, et une pomme, le tout arrosé de beaucoup d’eau. Après chaque course, je mange toujours une pomme, ça me rafraichit et m’apporte une bonne dose de sucre.

Et voilà, une dernière photo souvenir avec mon amie Philippine avec qui j’ai partagé cette belle aventure sportive puis direction la voiture pour rentrer prendre une bonne douche avant de fêter ce chrono pour un brunch !

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Ce qui m’a plus dans cette course :

  • le paysage mixte : nature, sentier, littoral, bord de mer
  • Le dénivelé avec ses différentes côtes
  • L’ambiance chaleureuse sur le parcours
  • La dimension humaine de la course
  • La bonne organisation générale (balisage, retrait dossards, navette, ravito etc)
  • Le tarif abordable de 12 euros


Ce qui m’a moins plus :

le départ et l’arrivée dans les zones industrielles de dinard et Saint Malo, devant le siège et usine Roulier. Ne connaissant pas bien le coin, je m’attendais et m’imaginais un départ en bord de mer ou dans le centre ville de Dinard pour arriver au pied des Remparts de Saint Malo

Et vous, tenté(e) par cette course ?

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