Dimanche dernier, je prenais le départ pour mon premier gros trail : le trail de Chusclan dans le Gard. Un parcours monotrace entre deux chateaux de 25,3km.

Comme je vous l’ai annoncé, cette fin de saison s’annonce Trail, avec deux beaux objectifs :
–  les 23 km du Mont Blanc avec Dénivelé : 1680m D+ / 870m D-
–  
la Boffi Fifty du Festival des Templiers soit 50km avec Dénivelé : 2450m D+

Ce trail est particulier pour moi pour deux raisons :

  • Grosse découverte de la discipline Trail
  • Organisation du Trail par un membre de la team Compex, donc symbolique affective

Y’a un moment où si on veut se lancer dans de gros projets, il faut bien commencer quelque part… Et bien ici, au Trail de Chusclan !

Je m’apprête à courir (et aussi à marcher….) 25,3Km avec 990 mètres de dénivelé positif et négatif. Comment vous dire que je ne suis pas sereine du tout face au D+/D-.

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Plusieurs questions me tarodent :

Comment vais-je gérer mon effort ?
Vais-je arriver à gérer mon effort ?
Est-ce que le trail va me plaire ?
Est-ce que je vais subir un mur ?
Comment vais appréhender les alternances montée/descente ?

Beaucoup de questions m’occupent l’esprit, voire un peu trop ! Ce n’est pas évident de « débuter » de nouveau dans une discipline comme le trail quand on commence à bien se connaitre physiquement et mentalement sur la route.

Accepter d’être « nulle » et « débutante » ce n’est pas si facile et je vais bien m’en rendre compte le jour J…

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AVANT LA COURSE

Dimanche, Debout 6h !
Comme à mon habitude, je mets mon réveil 3h avant la course pour prendre mon petit-déjeuner. Pour ne pas changer mes habitudes, je prends le même petit dej que sur le marathon (café, tartines de pain complet, fromage blanc muesli bio et 1 banane).

Je mange autant que sur le marathon car malgré les 25km, la distance et l’effort vont être intenses. Aussitôt levée, je me mets dans ma bulle. Je suis concentrée face à ce nouvel objectif même si je n’ai pas d’enjeu de chrono, si ce n’est le faire SANS tomber ni me blesser !

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Néanmoins, une peur m’anime : les descentes…

Je file à la douche puis enfile ma tenue du jour préparée la veille.

Pour l’occasion, les copains et moi avions sortis notre beau tee shirt rouge de la team Compex du marathon de Paris. Une chose est sûre, nous ne passerons pas inaperçus sur la course ! 😉 Je décide de porter mes manchons de compression booster Elite bvsport pour me protéger les jambes (elles sont déjà bien griffées du repérage couru la veille) et me dis que ça peut être pas mal pour les relances de montées et descentes tout au long du parcours.

Il est 8h15 nous arrivons au Stade, lieu d’arrivée du Trail et de retrait des dossards. Une bonne partie des participants est déjà arrivée.

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Deux distances sont proposées :
> L’enfant terrible : 13km avec 400m D+/D-
> L’Excellence : 25,3km avec 990m D+/D-

Comme disent les copains, on ne vient pas d’aussi loin pour ne courir que 13km… Ok les gars je vous suis sur le 25km !
Et puis ce n’est pas comme si 50km m’attendaient en octobre prochain…

Le retrait du dossard se fait dans le stade. J’en profite pour reperer les lieux de l’arrivée et les infrastructures.


Les bénévoles sont très souriants, une bonne ambiance reigne. Ca me met dans de bonnes conditions pour l’épreuve.

Une fois le dossard épinglé, une photo devant le précieux sésame auquel je vais penser sur toute la course…. l’open BIERES A VOLONTE !

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Sans oublier la fameuse photo de groupe avec les copains !
Romain a décidé de courir avec son sombrero sur la tête… Je me demande combien de temps il va le garder hihihihi

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C’est pas tout mais une course nous attend !

Pour s’échauffer, nous trottinons sur les 200m qui rallient le départ. Une fois sur place, je fais quelques aller/retour dans les champs pour tester mes baskets de trail. Je porte le modèle Cascadia de Brooks. J’aime beaucoup ces baskets pour la route du coup, je voulais également les tester pour le Trail. Je ferai un article test bientôt pour vous donner mes impressions.
C’est la 3eme fois que je les porte mais surtout la 1ere fois sur une grosse course trail avec dénivelé. Je ne les connais pas encore et suis un peu stressée.
Un fan de trail m’a dit un jour « pour réussir son trail, il faut avant tout avoir confiance en ses chaussures et en son matériel ». Euh oui d’accord Monsieur, ben laissez moi un peu de temps et quelques mètres de dénivelés hihihi.

D’autant plus que dans le stress du jour J, j’ai oublié de mettre de la pommade Nok pour éviter les ampoules. J’en mets toujours des tartines quelques jours avant et le jour J mais là… Oublie total la loose !
Même si je porte mes chaussettes du marathon Ryway (testées ici) que je connais bien, je risque tout de même d’avoir des ampoules.

Bref, je ne vais pas commencer à me stresser avec ça. Tant pis ! Le départ est proche. Nous sommes tout devant presque prêts à prendre le départ. Je ne pensais pas que ça irait aussi vite entre le moment où nous nous alignons et le top départ de la course. Pour ne pas gêner et me faire bousculer, je me décale sur le côté pour partir à mon rythme.

Un dernier check avec tout le monde et TOP DEPART !

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LA COURSE

Les garçons partent comme des fusées quant à moi, je me calle sur mon allure marathon, entre 4min30 et 5min30 max sur les 3 premiers km.

C’est plat, j’en profite, même si nous commençons à courir dans les vignes puis attaquons un peu de dénivelé.

Ce n’est rien comparé au 4km avec 115m de D+ qui m’attendent…. Quand j’arrive en bas de cette énorme montée, ça me fait bizarre de devoir gravir tout ça d’un coup. Me voilà enfin dans le bain du TRAIL ! Allez hop monte ça ma poule et dépêche toi !

Je m’aide en m’appuyant sur mes cuisses, je serre les abdos, ralentis et surveille ma respiration. Je suis en hyperventilation, décidemment le cardio en prend (déjà) un coup ! Je fais très attention car je ne suis qu’au début de l’aventure… Ne pas me crâmer car je ne sais pas ce qui m’attend ensuite.

Une fois cette p***** de montée faite, je mets un peu de temps avant de me relancer pour courir. J’ai chaud et soif, vive le camelback !

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Entre le 6km et le 10,5km c’est principalement en descente avec de légères montées/ descentes. J’ai vraiment du mal avec les descentes. Je les appréhende très mal. Je commence à me sentir frustrée car je me fais doubler par tous ceux que je m’arrache à doubler en montée et sur le plat. En même temps, je vais tellement au ralenti dans les descentes de peur de tomber ou de me blesser, quitte à descendre sur les fesses, que ce n’est pas difficile de me doubler !

Mais bon je débute, j’ai tout à apprendre donc c’est normal 😉

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Je commence à m’en vouloir de ne pas aller plus vite ou de ne pas oser plus. « MAIS NON Emma, tu continues à te battre ! »Voilà ce que je me répète dans ma tête. La chaleur pointe le bout de son nez.
Heureusement que le parcours traverse aussi des zones ombragées et un peu humides sous les arbres. Alors youpi il fait bon par contre c’est la CATA niveau terrain. Le sol est très gras, glissant avec peu de place pour passer. Mes chevilles commencent à déguster à force de me tordre les pieds dans les nombreux devers.

Entre le 10,5km et le 11,5km ça monte puis descend de nouveau. J’avance et me relance comme je peux jusqu’au 17km où encore une grosse montée arrive avant de remettre ça encore au 19km.

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Au 17km, je commence à en avoir marre de toutes ces relances et la fatigue s’installe. Pendant plusieurs km, je me retrouve seule sur le parcours. Sur le moment, je flippe en me demandant si j’ai bien pris le bon itinéraire. Jamais de ma vie, je me suis retrouvée seule sur une course pendant plusieurs km. J’hallucine et je rigole de la situation. En même temps, c’est tellement plaisant d’être seule au milieu de la nature, des arbres, des oiseaux, avec mes baskets et mon camel back.


Bon j’avoue, un peu de compagnie ne m’aurait pas fait de mal hihihi

A partir du 20,5km, la tendance est à la descente malgré quelques courtes mais dures montées. Mes cuisses mais surtout mes mollets tirent. Je gère bien mon effort entre les relances marches / reprise de course.


Je redoutais ne pas arriver à doser cette alternance. J’ai été très surprise que cette mécanique se fasse naturellement. Evidemment vers la fin mon corps commençait à devenir flemmard mais ma tête avait tellement envie d’en finir et de franchir la ligne d’arrivée avec une bière bien fraiche… que je continuais !

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A quelques km de la fin, vers le 22km, je rattrape un petit groupe. Tout le monde est dans le dur et se soutient. On s’encourage.
Une traileuse me confie qu’elle est habituée à faire du trail en montagne mais qu’elle n’a jamais eu à faire autant de relances montées / descentes et que le parcours lui parait interminable.

Oufffff si cette « experte de montagne » pense ça aussi, c’est que le parcours doit quand même être très technique…

Je vous avoue qu’au fond de moi je savais que je m’engageais sur un parcours costaud. Même pas peur ! Je vais le finir ce trail redoutable ! A ma montre il me reste moins de 5km et presque 3h au compteur.

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Allez Emma, tu peux le faire en 3h30 max ! Je continue à relancer comme je peux, je cours dans les descentes faciles mais encore une petite montée et descente difficiles qui me laissent KO.

Bye bye les 3h30 !

Si seulement j’avais eu un peu de bitume, j’aurai tenu le chrono pensé 3h30 mais là au vu du sol entre les vignes, un escalier casse-patte avant d’arriver sur le dernier km de bitume, je suis dans le dur mais surtout plus à 1 minute près sachant que j’ai dépassé les 3h30.

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J’arrive dans un petit champs accolé au stade qu’il faut traverser pour enfin déboucher sur la ligne d’arrivée. Punaise enfin j’arrive !

Aurélie, la femme de notre pote Nico organisateur du trail, est sur la ligne d’arrivée et m’encourage chaleureusement. A ce moment-là, je ne m’attends pas à l’apercevoir et ça me rebooste vraiment sur les 50 derniers mètres. Merci encore Aurélie !

Je franchis la ligne, stoppe ma montre et vais m’accouder sur un arbre juste après. Je suis essoufflée, fatiguée mais en forme, contente mais déçue. Bref plein de sentiments opposés m’envahissent à ce moment là. Je lève la tête pour chercher du regard les copains mais personne. Triste. J’avance vers les gentilles dames qui nous retirent les puces des chaussures. Je la retire moi-même en me penchant sans soucis. J’avance un peu vers les osteos et tombe sur Nico et le reste de la bande. Les garçons avaient misés sur 4h pour moi, le temps de vite prendre une douche et de revenir sur la ligne pour me voir arriver.

Raté les gars : 3h37 !

Soit 7minutes de plus des 3h30 mais surtout seulement 36minutes de plus que la 1ere femme au classement.
Plutôt encourageant et rassurant pour la suite 🙂

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Si je réfléchis au temps perdu à descendre comme une tortue et sur les fesses dans les descentes, finalement c’est pas si mal pour un premier trail.

Mais l’essentiel ce n’est pas ça mais c’est enfin d’avoir fait mon baptême de trail que j’ai eu la chance de réaliser dans un beau paysage, entourée d’une équipe de copains et de mon coach.

Un petit aperçu de la zone d’arrivée plutôt sympa entre la tente osteo, la pelouse, la tireuse à bières et la dégustation de vin local :


Concernant le terrain, j’ai pu avoir et ressentir un bon aperçu de tous les types de terrains/ sols possibles :

  • Sableux
  • Gras
  • Glissant
  • En devers
  • Avec des grosses pierres
  • Avec des racines
  • Ultra montant ou pentu
  • Avec de l’escalade
  • Sous la chaleur et le soleil
  • Dans les vignesEn général on dit que 100 mètres de dénivelé positif = 1km en plus, soit presque 36km ! Tu m’étonnes que je les ai sentis passer 😉


    Ce qui m’a plus dans cette course :

  • la gentillesse et la bonne humeur de l’organisation et des bénévoles (en toute objectivité)
  • Le balisage
  • Les 4 ravitos sur le parcours en eau fraiche, bananes, fruits secs et sucre
  • La diversité des terrains et des difficultés à appréhender
  • Les nombreux photographes répartis sur le parcours pour pouvoir récupérer gratuitement de précieux souvenirs
  • La taille humaine de ce trail (au total 460 coureurs et uniquement 154 partants sur le 25km)
  • L’open bières fraiches de l’arrivée
  • La bouteille de vin du viticulteur local offerte en échange de la présentation du dossard
  • L’esprit bonne franquette du sud où tout le monde reste à la fin de la course en famille ou entre amis pour passer un bon moment et piqueniquer
  • Le tarif abordable : 18 euros

    Ce qui m’a moins plus dans cette course :

  • Les relances sans cesse sur le parcours
  • Les paysages qui ne sont pas trop diversifiés
  • La technicité et les devers qui tuent les chevilles quand on débute (par contre un réel régal et un gros challenge pour les traileurs chevronnés!)Pour conclure, je me souviendrai longtemps de mon tout premier gros trail qui s’est avéré plus technique que ce que je pensais ! Un bon entrainement sportif, un moment de plaisir et de difficultés, le tout dans une très bonne ambiance conviviale, entre copains et sous un soleil magique !

 

Alors tenté(e) par le trail de Chusclan ?

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