Dimanche dernier, je prenais le départ pour les 10km l’Equipe. Cette course est importante pour moi car cela fait un an que je ne me suis pas confrontée à cette distance.

Une course de 10km est aussi éprouvante qu’un marathon. C’est une distance extrêmement exigeante, qui va demander à chacun d’aller puiser très vite et très profond en soi pour « performer ». Tout donner quoi 😉

Ce n’est pas la balade en endurance c’est plutôt le sprint du début jusqu’à la fin ! Chaque seconde compte !

 

Retrait du dossard

 

Cette année, et depuis 2 ans le Village de retrait des dossards se tient à Bastille et non place de la République.

Je décide de me rendre le samedi après-midi pour chercher mon dossard et aller faire un petit tour des exposants. Le rdv est pris avec ma copine Ziva.

Il est 15h, il fait 40 degrés à l’ombre (ça me fait peur pour le lendemain… jour de course). Certificat médical et convocation imprimés, remise en échange de mon précieux sésame : le dossard 7058.

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Le village n’est pas très grand et les exposants pas très nombreux. J’ai bien aimé le café, boissons et desserts maison offerts par Vapiano sur place. Bon de toute façon je ne reste jamais longtemps sur les villages exposants de course.

Une photo souvenir devant le plan du parcours que j’étudie ATTENTIVEMENT !

Ce nouveau parcours des 10km de l’Equipe est particulier car il passe par les rues que j’emprunte dans chacun de mes runs cool (hors preparation Trail où je migre à Montmartre) et vers chez moi à Opera.

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J’ai une idée de chrono dans ma tête mais je ne suis pas sûre de moi ni sereine. La concentration est de mise toute la soirée du samedi soir.

Le veille au soir je mange des pates, du jambon et une banane. Je suis indecise sur la couleur du short que je vais porter. Merci à tous les instagrameurs qui me suivent et qui ont voté pour la couleur de mon short. Entre le bleu et le vert, la majorité pour le vert l’a emporté 😉

Les affaires sont prêtes, le repas avalé, le parcours et les différentes allures checkées, il est temps d’aller au lit. Tu parles avec la chaleur et le stress de la course, impossible de trouver le sommeil avant 00h30 pour un reveil à 6h10….

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AVANT LA COURSE

 

Je suis réveillée naturellement avant le réveil à 5H45. Je me lève et me surprends à être déjà très concentrée sur ma course.

Ce qui est étrange, c’est le sentiment de « premier 10km » que je ressens. Comme si je n’en avais jamais couru auparavant.

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J’aime bien cette sensation de redécouvrir, d’avoir de nouveaux enjeux envers moi-même. Rien est acquis. Ce n’est pas parce que j’ai explosé mon record sur le marathon de Paris (compte-rendu de la course à relire ici) qu’il va en être de même sur toutes mes autres courses. Ca ne marche pas comme ça !

2h30 avant le départ de la course, je prends mon petit-dejeuner assez léger :

– des tartines de pain beurre miel et un café.
– pas de banane ni fromage blanc muesli comme sur le semi ou marathon

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Puis direction la salle de bain, une bonne douche jet d’eau froide sur les jambes puis habillage et massage des jambes à l’huile d’Arnica et baume du tigre  en prevention sur les deux genoux. C’est un peu mon rituel de soin pré-course qui me le rend bien ! Je vais publier prochainement un article sur Conseils pour prendre soin de son corps.

I am READY TO GO !

Je pars légère avec uniquement une petite veste et une bouteille d’eau comme ça pas de consignes à deposer car je laisserai tout dans mon scooter. Et de toute façon au vu des 50 degrés annoncés dès 9h du matin, pas besoin de vestes lol.

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J’ai rendez-vous à 8h15 place des Vosges avec les Runchic pour faire une photo de groupe et rejoindre celles qui sont aussi dans le même sas que moi.
J’ai opté pour le SAS 43 minutes pour être tranquille et partir à mon rythme.

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Une photo et hop nous prenons la direction du SAS jaune : 43 minutes !


LA COURSE

 

LE SAS DE DEPART

Je trottine 5-10minutes pour m’échauffer histoire de ne pas avoir les jambes toutes raides puis rentre dans mon sas.
Dans la file d’attente du sas, je rencontre deux instagrameurs qui me suivent. On discute et l’un des deux me dit naturellement « je suis ultra traileur et tu sais je trouve que courir un marathon est plus dur que courir l’UTMB. Tu te remets plus vite et facilement de l’UTMB que du marathon ». Euh oui enfin l’UTMB c’est quand même 110km sans compter le Dénivelé….
Bon ben du coup ça me rassure légèrement mais je me remets aussitôt dans ma bulle.

Le sas est bien rempli et j’y accède à 8H45 pour un départ à 9h05. Je me refroidis les jambes car nous n’avons pas trop la place pour s’échauffer ou faire des mouvements. Je fais quelques squats histoire de maintenir un minimum d’activité. Le départ approche et la pression monte.

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Je regarde constamment ma montre et la laisse en action de peur qu’elle ne perde le signal GPS au moment du départ. Je ne lance pas l’application running, pas envie de me contraindre à la déclencher puis de ranger mon téléphone en catastrophe dans ma ceinture

Et voilà notre sas avance vers cette arche de DEPART…. Et c’est parti !

 

PENDANT LA COURSE

Je pars vite car j’ai pas mal de monde à doubler sans aller trop vite pour ne pas me griller. Mon plan de course est de maintenir une allure entre 4,26min et 4,30min maximum par km pour tenter de faire 44 minutes dans l’idéal et sinon 45minutes, en tout cas moins de 47minutes20 mon précédent record personnel l’an dernier.
Sur le 1km, je me surprends à être à 4min/km, oulah c’est trop rapide ! Je me ralentis direct en gérant mes accélérations pour doubler.

Du 1km au 4km, je suis bien et gère bien ma course. Il ne fait pas encore trop chaud mais je sens que je commence à ressentir les effets de la vitesse. C’est tout de même violent une course de 10km au vu de la rapidité qu’elle exige. C’est une course très exigeante où chaque décision compte. Je prends le pari de ne pas m’arrêter au seul ravitaillement d’eau avant opéra, soit vers le 4km. Pari risqué car il fait très chaud et que je commence à avoir bien soif.

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Je ne veux pas perdre de temps à choper une bouteille d’eau et casser mon allure. Est ce que j’ai raison ? Vais je en payer cher les conséquences au vu de la forte chaleur ? Aucune idée, toute façon c’est quitte ou double.

Je remonte l’avenue de l’Opéra et une démotivation totale m’envahit. Je suis à 5minutes à pied de chez moi et je commence (déjà) à être pas bien. Je suis tentée par arrêter et rentrer chez moi…

A ce moment là m’envahit une grosse remise en question… Pour cette fin de saison, j’ai opté pour le trail pour ne plus avoir la pression du chrono et m’infliger le fait de regarder constamment ma montre pour « être dans l’allure fixée ».

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–> Et là en ce moment qu’est ce que je suis en train de faire ???

Je suis en train d’en chier comme c’est pas permis sur une course (encore chronométrée ) de 10km.

A ce moment-là, je me demande ce que je fais là et pourquoi je cours cette course. C’est en passant Madeleine vers le 6km en débouchant sur cette fameuse place de la Concorde que je me remémore mon départ génial de mon 3eme marathon de Paris avec la team Compex ( compte rendu à relire ici) ainsi que mon arrivée et toute l’émotion que j’ai ressentie, que je me rebooste.

Allez pour le fun, un petit remember 😉


Pourquoi suis-je là ?

Parce que ça fait partie de moi, parce que c’est un challenge personnel et humain, parce que c’est de la volonté et de la persévérance, parce que ce n’est pas que du sport mais un TOUT qui me motive chaque jour d’avantage.

J’ai appris à me faire confiance, à « me rentrer dedans » tout en respectant toutes mes limites, mes peurs et ma fatigue.

Au 7km, on aborde un long tunnel noir sans lumières ni animation. Je me recentre sur moi-même car je suis officiellement dans le dur. Je suis KO, le moral s’est barré en emmenant les jambes avec lui. C’est la cata, même ma super playlist musicale n’y change rien. ALERTE ROUGE !

Au milieu du tunnel, une ambulance est sur le côté en train de prendre un charge un coureur à terre ayant fait un malaise. Déjà que je ne me sentais pas très bien, cette image va m’achever. Gros coup au moral. J’ai envie d’arrêter, j’ai peur de faire un malaise en sortant du tunnel car je ne suis pas très bien et je n’ai pas bu au ravito.

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Enfin sortie du tunnel, en panique car je n’ai pas vu le panneau 8km et ma montre n’avait pas le GPS sous le tunnel.

Je suis officiellement dans le rouge. Je ne sais plus si on est au 8km ou au 9km. LA CATA ! Je me concentre pour avancer mais j’ai l’impression de faire du surplace. D’un coup j’attends « Allez Emma go go go vas y avance tu y es presque », WAOW mes sauveuses ! Deux copines runchics etaient là au moment parfait pour me rebooster. Ca me fait un bien fou ! J’arrive à la hauteur du panneau 9km, allez plus qu’un km !

J’avais très peur que ce panneau signale 8km au lieu de 9km. Si ça avait été le cas, j’étais cramée. Bye bye le chrono. Allez Emma 1km dans ta vie c’est pas grand chose… 4,30minutes dans ta vie c’est rien ! Euh si si quand même….

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Et là, une lutte acharnée contre moi-même va commencer. Je n’en peux plus, le chrono augmente, je ressasse les mots de mon coach « si tu pars trop vite tu vas être trop dans le dur à la fin et ça va être compliqué car tu es fatiguée et en prépa trail ».

OK et bien bingo, nous y voilà… Ca me déprime encore plus de ressasser ça dans ma tête. Je ne suis pas bien.

 

S’enchainent les mètres les plus longs de toute ma vie. Au 900mètres une petite côté/montée finit de m’achever les jambes, je décélère complètement car je n’ai plus de jus.

Et là MIRACLE… Nicolas, un copain me dépasse comme une fleur et me crie « Allez Emma avance, continue, ne lâche rien, allez on y va, suis-moi ». Waow mais d’où sors-tu à ce moment-là Nicolas ?

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MERCI MERCI MERCI.

Je le suis comme je peux, j’oublie ma montre car de toute façon je ne peux pas aller plus vite. Nicolas m’a liévré sur les derniers mètres jusqu’à la ligne d’arrivée. J’aperçois la ligne d’arrivée au loin. Je n’y crois plus et pourtant le calvaire va bientôt s’arrêter….

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Allez une dernière « accélération » et le calvaire s’achève ENFIN ! J’arrête mon chrono…. Voilà, c’est fait.

Le verdict tombe : 45min50

J’ai envie de pleurer de fatigue, de chaud, de déception, de satisfaction, de lutte, d’épuisement. Toutes les émotions me traversent. Je reste accouder 5minutes à la barrière à côté de la ligne d’arrivée. J’ai mal vécu cette course.

Pourquoi ?
> Objectif trop ambitieux non préparé comme il se doit, savoir que l’on est capable de faire le chrono fixé mais de ne pas l’avoir fait ?
> Souffrir de la chaleur et ne pas avoir su la gérer ?

Une nouvelle première expérience traversée, que je vais analyser de plus près pour mieux gérer de telles situations à l’avenir.

Ce qui est sûr, c’est que j’ai donné tout ce que je pouvais et c’est l’essentiel pour moi. Je ne serai jamais la première ni la dernière et ça n’a aucune importance à mes yeux !

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Petite coup de gueule et rappel de civisme et solidarité entre coureurs :

J’ai appris récemment qu’un copain s’est arrêté dans le fameux tunnel sombre et sans secours pour aider « le fameux blessé » que j’ai vu avec l’ambulance. Il a stoppé sa course et oublié son RP pour aider le coureur à terre. Il a demandé de nombreuses fois de l’aide et AUCUN COUREUR ne sait arrêter tout de suite. Encore pire il a demandé à certains coureurs leurs bouteilles d’eau pour la donner au blessé qui etait en plein malaise, et certain(e)s ont répondu « désolé mais j’en aurai pas assez, j’en ai besoin ».

Mais sincèrement, comment peut-on avoir ces réactions aussi égoistes face à un blessé à terre ?
D’une part de ne même pas s’arrêter (à la rigueur on se prepare très dur pour un RP, c’est un dilemne mais bon..) et encore pire de ne pas filer sa bouteille d’eau alors que dans 3km vous êtes arrivés ?

Je suis profondemment triste et attérée face à ce genre de comportements. N’oubliez pas que demain ca peut être vous le/la blessé(e) par terre à la limite du malaise.

Ca me rappelle le semi de Disney quand je me suis arrêtée pour aider un mec tombée par terre devant moi, que j’ai aidé à se relever, attendu qu’il reprenne un peu ses esprits et qui en retour m’a poussé et ne m’a même pas regardé en reprenant sa course !

Sans compter celui aussi qui m’a poussé au ravito du 30km sur le marathon de Paris 2016 et m’a littéralement arraché ma bouteille d’eau des mains.

La course à pied, c’est une compétition loisir, on ne joue pas nos vies. Arrêtons les aggressivités, les manques de civisme et d’ALTRUISME.

Aujourd’hui vous allez bien, vous pétez la forme mais qui vous dit que demain ce sera le cas aussi ?

Après la ligne d’arrivée, on passait par le ravito, on recuperait la médaille et le tee shirt de Finisher. Choix atypique de tee shirt en coton. J’ai eu le plaisir de recroiser Estelle Denis, avec qui j’avais couru les 20km de Paris avec TomTom en octobre dernier. Elle avait fait un chrono pas mal sur sa course.

 

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Ce que j’ai aimé sur la course :

  • Le nouveau parcours dans le centre de Paris, empruntant de grandes avenues touristiques (concorde, rue de Rivoli, Opera, quais de Seine) assez larges pour pouvoir courir et ne pas se gêner. Certaines avenues sont les mêmes que celles empruntées sur le marathon de Paris et dans l’autre sens
  • Le parcours est plat, contrairement à l’ancien
  • La médaille sympa
  • Les petits Bretzels salés sur le ravito et une bière sans alcool bien fraiche à l’arrivée

    Ce que j’ai moins aimé sur la course :

 

  • Le village départ et de retrait des dossards, un peu « léger » comparé à d’autres courses d’ASO
  • Le passage en longeant les jardins des Tuileries, pas assez d’espace pour courir, tout le monde courrait à l’ombre sur le trottoir longeant le parc. Un peu bizarre ce passage.
  • Le tunnel au 7km pas trop éclairé, sans animations particulières, pas de secours présents aux abords, trop glauque à mon gout. D’ailleurs un coureur a fait un malaise dans le tunnel et c’était compliqué pour joindre les secours, surtout quand le téléphone ne passe pas
  • Le manque de ravito en eau sur le parcours, un seul ravito en haut vers le 4km au vu de la chaleur extrême et des nombreux malaises, c’était un peu léger un seul et unique ravito en eau
  • Le tee shirt de course d’arrivée, merci pour le tee shirt pyjama taille unique pour les filles 😉

 

Pour une conclure, une belle course intéressante après l’hiver, pour se relancer dans les 10km et qui peut se préparer pour faire un RP si le temps n’est pas caniculaire ou hypothermique (comme sur le semi de Paris, compte rendu de la course à relire ici). Décidément j’aurai eu les 2 extrêmes cette année et la saison running n’est pas finie !

 

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