Samedi dernier, je prenais mon premier départ pour une course de trail dans les Pyrénées. J’en ai pris plein la vue et plein les jambes surtout !

Le départ de la course est prévu à 9h à Bidarray ou Bidarrai, les deux écritures existent. Bref dans le Pays Basque quoi 😉
Après la Savoie, je débarque dans les Pyrénées. J’ai trop hâte d’y être et de me confronter à ces montagnes réputées techniques.

Cette course est la dernière de ma saison « d’hiver/printemps/été », un nouvel trail à appréhender mais aussi la première en binôme avec mon coach Damien. Aie aie aie, ça promet car côté niveau, je suis LOIN derrière lol.

AVANT LA COURSE

Le réveil de 5h ne pique pas tant que ça.
Je ne mange pas trop car je ne souhaite pas refaire la même erreur que sur les 23km du Mont Blanc. Vous pourrez relire ici le compte-rendu de ma course.

Petit dejeuner :
1 café
2 tartines beurre confiture
1 yaourt et un peu de muesli
1 smecta traditionnel en prévention 😉

img_1116
Je file à la salle de bain me préparer.

Comme sur chaque course, mes affaires sont préparées depuis la veille. Cette course est une nouveauté aussi pour moi car c’est la première fois aussi que je vais étrenner mon tee-shirt officiel : Emma Dans les Starting Blog.

J’hésitais à m’en faire un et puis je me suis lancée !

C’est l’occasion aussi pour commencer à tester mes nouvelles baskets trail Salomon sense pro max, qui vont m’accompagner sur les Templiers en octobre prochain.

Par ailleurs, je prépare un article Test produit des Brooks Cascadia testées sur le Trail du Chusclan (compte rendu de course à relire ici) et sur les 23 km du Mont Blanc.

20264952_672483022952126_5331831991995879514_n

Il est 5h45, on décolle de Bordeaux. Après 2h de voiture nous voilà arrivés sur le lieu de départ de la course. J’appréhendais un peu le temps de trajet de la course mais finalement ça ne me fatigue pas. Tant mieux, j’ai besoin de forces pour affronter ce qui m’attend !

img_1123
Nous nous garons sur la pelouse sur un grand terrain à côté de la ligne de départ.

En sortant de la voiture, je suis bien dans l’ambiance car les montagnes nous entourrent. Damien me dit « regarde là-haut, c’est là que l’on va grimper ». Euh t’es sûr là ? aussi haut ? Ca promet…


Nous dirigeons vers le retrait des dossards. Une pièce d’identité suffit car mon dossier est complet. Ah cet accent chantant basque, je kiffe ! Je me sens tout de suite mise dans le bain et dans l’ambiance.


Une fois le dossard récupéré, nous retournons à la voiture pour nous préparer. Sur cette course, c’est la première fois que je teste un sac d’hydratation emprunté à mon homme. Bonne ou mauvaise idée sur une course comme ça… Aucune idée mais peu importe maintenant j’y suis.

Evidemment ce n’est pas une chose que je vous recommande sur une course de tester pour la première fois du matériel technique (chaussures, sac, chaussette, brassière, tee shirt). Toujours mettre des affaires testées et retestées en entrainement et plus particulièrement si vous visez un RP ou une perf sur une course.

Me voilà parée, tout est ok !


Nous nous dirigeons vers la tente principale où a lieu le brief de sécurité. Très marrant, une version en basque et une version à la suite traduite en français. Honnêtement, je n’ai pas compris ni retenu un seul mot de basque à part celui-là « muxu » : bisou en français hihihihi


Allez hop, nous nous dirigeons vers la ligne de départ, dans le peloton de tête. Une musique un peu esprit gladiateur est mise pour nous mettre dans l’ambiance.

C’est parti !

LA COURSE

Sur les premiers mètres, je me rends compte que mon camel back n’est pas assez ajusté. Super… Je vais perdre les 10premières minutes (et de l’énergie au passage) pour l’ajuste et faire attention à mon rythme de course car nous attaquons directement une grande descente sur route. Je vous laisse m’imaginer en train de régler les sangles de mon sac en descente quand tout le monde fonce.

20286810_10214052558615987_7618330071715103452_o

 

Et là je me dis « Bravo Emma, tu fais tout ce que tu dis de ne pas faire et tu gaspilles bêtement ton énergie en début de course pour des ajustements que tu aurais pu faire avant ». Bref ce n’est pas grave, allez hop c’est bon je me focusse sur la course.

La course est répartie en 3 temps forts :

>2 grosses montées :
du 5km au 7km (environ 400m D+)
puis du 11km au 13km (environ 500m D+)
>1 grosse descente :
de 7km environ sur la fin (environ 800m D-)


Du 1km au 5km :

Une partie sur la route où j’accélère (mais pas trop), je suis qu’au début de la course. Ca monte un peu, je me remets dans le bain des relances et gestion course ou marche en mini montée.

Petit à petit je reprends mes marques et mes repères.

Vers le 3,5km, nous abordons la montagne. Enfin, nous y voilà ! Les chemins sont relativement étroits et en terre jusqu’au 5km.


Nous croisons des « supporters » et des gens locaux avec le sourire aux lèvres. J’en profite pour échange quelques mots. J’adore cette ambiance, et puis si j’ai choisi le trail c’est aussi pour profiter de mon environnement et ne plus avoir les yeux rivés sur le chrono.
Premier ravito en eau, je ne m’arrête j’en ai encore dans les gourdes.

Nous apercevons au loin le lieu d’arrivée!


Du 5km au 8km :

Ca y’est les choses sérieuses commencent : la grosse ascension d’environ 2/3km. Ca commence à tirer sur les cuisses. Je trottine le plus longtemps possible puis je marche. Je tiens bon et ne m’arrête pas. En montée, je préfère ralentir et marcher très doucement que de m’arrêter. Je trouve qu’il est plus difficile de se relancer à l’arrêt qu’en marchant doucement.

Chacun gère son effort différemment. Pour ma part, je tiens dans la régularité de mon effort de cette façon.

Je suis la file de participants qui marchent comme moi. Certains ont des bâtons pour s’aider. De mon côté, je n’en ai pas.

Petite remarque sur les bâtons :

C’est pratique et je vais en acheter pour les Templiers.
Par contre c’est quand même dangereux pour ceux qui sont derrière surtout quand les passages sont étroits.

Plusieurs fois j’ai failli me prendre un coup de bâton et ce n’est pas très agréable ni sécurisant d’être concentrée sur ça et pas sur sa course.

Pour info, sur les 23km du Mont Blanc les batons etaient interdits et personnellement, je trouve que ce n’est pas plus mal niveau securité.

Du 8km au 10km

J’arrive enfin en haut de la montée et je redescends de manière régulière dans des sentiers de terres et un peu de cailloux.
Descente pas trop difficile niveau technique qui me permet de récupérer légèrement.

Sur les courses, je n’ai pas faim. Damien me force à manger. Alors je mange un bout de barre aux céréales mais sans grande envie. Je bois très régulièrement mais côté nourriture bof et pourtant j’en ai besoin pour grimper !


Une descente d’environ 300m D-. Je gagne un peu en confiance, nous sommes à la moitié (officielle) et tout va bien.


Du 11km au 15km

Les choses se corsent… Je vais prendre cher dans les jambes ! La plus grosse montée en continue et interminable est là, à mes pieds.

Ca grimpe sec, à tel point qu’il y a une partie en escalade dans un mini sentier/montée de terre.
Je grimpe en m’aidant des mains et me raccrochent aux plantes sur les côtés du chemin étroit. Je découvre un vrai chemin en D+ technique.
C’est assez étrange de monter avec les mains. J’ai l’impression d’être un singe, un chien, bref un animal hahahaha

D’autre part, je suis dans un état DEGUEULASSE, j’ai de la terre partout sur le corps et les chaussures ! Mains, cuisses, mollets, sooooo sexy ! Je m’en fiche je fais un trail en montagne pas un concours de beauté.

Une fois en haut de l’énorme montée escalade, je me dis ouf j’ai fini… Raté, je regarde ma montre et je suis loin d’être arrivée ! Je renchaine sur une grosse montée cailloux pour arriver au sommet et pour finir dans une partie escalade cailloux.
C’est costaud quand même, ultra exigeant et technique. Je me demande si je serais capable de faire le triple de ça en octobre prochain… Aucune idée !

Une fois en haut, je lève la tête et c’est superbe ! Je prends quelques minutes pour profiter du paysage. Cette atmosphère privilégiée, presque seuls au sommet de la montagne. Ca valait le coup de galérer.

Allez ce n’est pas tout pas c’est pas fini ! A ma montre TomTom adventurer : 15km au lieu des 13km officiels… J’en étais sure ! Cette course ne fera pas 21km…

Je suis contente car la montre capte bien. A présent sur les trails, je regarde uniquement les km parcourus et éventuellement le dénivelé total.

Je ne regarde plus le chrono et la vitesse pour ne pas me mettre la pression. Le but est de gérer au mieux les efforts et les descentes pour être plus à l’aise.

Je m’arrête au ravito pour prendre un tuc et remplir mes gourdes.

En parlant de descente, je m’y dirige ! J’aborde la partie la plus difficile de la course…. Une descente de 7/8km…

Du 15km au 22,88km

 Ca y’est j’y suis, je vais prendre cher niveau concentration ! Les jambes sont encore là. C’est parti. Une descente qui commence sur des sentiers en terre avec des cailloux, puis des chemins dans des champs d’herbe sans difficultés avant de finir sur quelques km de descentes très techniques dans les cailloux.

Je suis concentrée (un peu trop) et crispée. Je n’arrive pas à descendre et à me détendre en même temps. Mon mental est lessivé. Je fais attention à tout, où je mets les pieds, ma posture, mon allure, ne pas perdre Damien qui est devant et qui court comme un cabri comme si chaque pierre s’écartait de son chemin pour le laisser passer.

Je n’en peux plus de me faire doubler rapidement par des coureurs que je double facilement sur le plat et les montées.

Si je savais aussi bien descendre que monter, je n’en doublerai pas mal c’est très probable. Mais bon on ne peut pas être bon partout et plus particulièrement au début.

Je me prends le pied dans un gros caillou, ça me déstabilise totalement.

J’avoue, je suis si nerveuse, stressée et épuisée nerveusement. Je mets la barre haute, peut-être, mais je veux y arriver.
Malheureusement tant que j’aurai cette appréhension des cailloux, ça risque de ne pas trop changer. Et puis ce n’est pas à Paris entre 3 crottes chiens dans les montées de Montmartre que je vais mieux arriver à appréhender les cailloux.

Je me remotive et me reconcentre sur les derniers km, mètres qu’ils me restent pour tenir bon. Heureusement que Damien est là pour me motiver et me rassurer.

Nous redescendons vers la plaine et j’attends au loin la voix de l’animateur de la ligne d’arrivée. Pour la première fois, je regarde ma montre : 3h 35 waow ! Il ne nous reste même pas 2km pour arriver ! Allez l’objectif de mes collègues de bureau est largement atteignable : moins de 4h.
Nous rejoignons la route pour la fin du parcours. Ca fait du bien un peu de route quand même après ces cailloux 😉

Nous accélérons et puis apercevons au loin la ligne d’arrivée. La voilà cette fameuse ligne !

Allez plus que quelques mètres ! Et voilà, nous la franchissons ! Je suis très contente surtout quand je découvre le chrono de 3h45 !

Au final : 22,88km avec 1700 D+ en 3h45

J’ai bien géré l’effort dans la durée par contre le moral n’est pas trop là. Je suis encore confrontée à la même situation en fin du trail : j’ai encore des jambes mais je suis épuisée au niveau mental.

Je perds une énergie incroyable avec cette concentration constante pour ne pas tomber et me faire une entorse au genou/ cheville.

C’est un problème qui me remet en question sur mes projets à venir. J’ai commencé le trail par des courses techniques et exigeantes dans des milieux montagneux et plaines, avec des sols aussi techniques et différents (sable, terre, cailloux, gras, pentu.)

En même temps, je trouve que commencer par des courses assez dures permet de progresser et d’être un peu plus à l’aise sur des courses encore plus techniques car j’en aurais déjà bavé pas mal avant…

Ou peut-être n’est-ce pas la bonne stratégie ?
En tout cas, j’ai envie de tenter et puis on verra bien où ça me mène.

A la fin du trail, j’ai pris une bonne douche (chaude!!!) et un bon repas pour fêter cette course comme il se doit !

 

 

Avant une vue directe sur le podium pour les récompenses et le fameux berrêt basque pour le ou la première 😉

Ce qui m’a plus sur cette course :

  • L’organisation top
  • L’accueil des bénévoles
  • Les paysages
  • Le balisage du parcours
  • La qualité des ravitos : nombreux (5) et complets en eau et nourriture
  • La bonne ambiance familiale et sportive
  • Les douches propres
  • Le repas excellent et copieux pour seulement 15 euros (entrée grosse tranche de jambon du pays et melon, entrecote au bbq avec frites, fromage brebis, gateau basque et vin) et les bières pression fraiches à 2euros
  • Le tarif de la course : 23 euros

 

Ce qui m’a moins plus sur cette course :

  • le nombre de participants qui est à la limite du trop nombreux au vu des sentiers qui sont souvent très étroits sur les parcours
  • les batons autorisés sur la BK21
  • le manque de vestiaire pour ceux qui ne sont pas venus en voiture

Pour conclure, si vous êtes à la recherche d’un trail moyenne distance, technique, exigeant et magnifique dans une bonne ambiance ? La BK21 est faite pour vous !

Pour les plus coriaces, il y a la grande sœur, la BK85 avec 6500 D+, départ le vendredi à 22h au même endroit !

Alors, tenté(e) ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicités