A peine remise de mes emotions, j’ai aussitot repris le clavier de mon ordinateur pour ecrire et vous faire  partager mon compte rendu de ce FAMEUX marathon des Causses. du samedi 21 octobre 2017.

Presque remise de mes émotions, j’ai attrapé mon ordinateur pour écrire et vous faire partager mon compte rendu de ce FAMEUX marathon des Causses.

Comme vous le savez, pour ceux qui me suivent dans mes aventures, je sors d’une fracture de fatigue à la cheville. Force était de constater mi-aout, date du drame, que j’avais au minimum 1 mois de repos entrecoupé de vacances en Chine et donc une préparation ultra compromise pour mon objectif de base : la BOFFI FIFTY (50km avec 2450m D+).

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LA FAMEUSE SORTIE DU 15 AOUT…..

Le retour à la réalité s’impose à moi : je ne serai clairement pas prête physiquement pour cette énorme course, soit ma plus grosse distance en km de toute ma vie. Déjà que bien préparée j’aurais douté de mes capacités à finir alors là avec une cheville en mousse… Laissez tomber !

Je prends la dure décision de me rendre à l’évidence : bye bye la Boffi Fifty, trop ambitieux au vu de ma forme physique mais aussi mentale du moment car j’ai pris une petite claque avec cette blessure.

Je n’en ai pas beaucoup parlé et reviendrai plus tard sur le sujet dans un autre article sur le blog.

La décision prise, je contacte les organisateurs pour transférer mon inscription de la Boffi Fifty sur le marathon des Causses. Une évidence pour moi car c’est le même jour, départ juste après a Boffi Fifty mais surtout parce qu’il emprunte le même parcours avec une boucle supplémentaire.

Moins de frustration et plus facile à accepter, donc banco !

Le transfert d’inscription validé, les vacances en Chine finies, un mois après ma blessure jour pour jour, soit mis septembre, je reprends timidement mes sorties.

Grâce au plan de mon coach, je m’apprête à sauver les meubles sur cette prochaine course…

5 mini semaines pour un marathon avec du dénivelé… Ca promet !

Les 2 dernières semaines je ferai un peu de séances en côtes et ma GROSSE sortie longue 15jours avant sur les 20km de Paris, compte rendu de la course à lire ici.

Sur cette course, j’ai subi les 5 derniers km donc ça va être costaud le 21 octobre prochain…

Pour vous donner une comparaison, j’ai eu plus de courbatures le lendemain des 20km de Paris que sur le marathon des Causses….

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AVANT LA COURSE

J’arrive le vendredi après-midi retirer mon dossard et faire un tour des exposants.

Je m’attendais à un plus grand village exposants et plus décoré aux couleurs de l’événement.

Je récupère le précieux sésame puis mon coupe-vent sans manches souvenir des Templiers et me dirige vers la zone d’arrivée avec sa fameuse arche d’arrivée.

La ligne d’arrivée est en haut d’une petite colline qui surplombe la vallée avec une vue imprenable sur le viaduc de Millau. Magique !

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Des courses sont déjà en cours et j’assiste à l’arrivée de l’Intégrale des Causses et des 100Km.

Punaise, ça fait je ne sais pas combien d’heures que tous ces gens courent …. Ils sont fous ! ou pas 😉

L’arrivée est la même pour toutes les courses. Il y a pas mal d’ambiance, les gens sont chaleureux et réconfortent les coureurs affluant à bout de force. Et dire que demain je serai sûrement dans le même état… enfin si je finis…

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Je ne repars pas tard du village car il faut se coucher tôt pour être en forme le lendemain matin 😉

Les affaires sont prêtes, le sac à dos bien réglé, les pieds nokés, les jambes huilées, allez hop au lit !

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L’AVANT COURSE

Il est 9h j’arrive sur le village. Malheureusement, la veille du départ, je n’ai pas vu ni eu d’indications concernant la présence de consignes pour les courses. C’est gênant, alors dans le doute et le stress, je laisse mes affaires dans la voiture garée sur un parking à proximité.

Quelques parkings sont prévus par contre certains sont relativement loin à pied. Au moins 20minutes à pieds pour certains.

Le départ de la Boffi Fifty est imminent ! J’accompagne un ami dans le sas de départ, j’observe l’ambiance et me file vite me placer après la ligne pour le prendre en photo et voir ce lâcher de coureurs !

Le même que je m’apprête à vivre sous peu 🙂

Puis je retourne au village un petit tour et voir des copains, ce qui me permet aussi de penser à autre chose en attendant le départ à 12h15.

Toutes les pensées et énergies positives sont bonnes à prendre à ce moment-là.

Je n’ai aucune idée des prochaines heures que je vais vivre. L’INCONNU TOTAL !

C’est marrant, je retrouve la même sensation que sur le marathon de Paris. Je n’ai aucune notion de ce que je vais pouvoir donner physiquement. Dans ma tête je vise un chrono de moins de 6h et entière, c’est à dire sans AUCUNE douleur !

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Ca y’est le départ se rapproche. Le soleil et la chaleur sont (un peu trop) au rdv. Il fait chaud, je transpire.

D’ailleurs mon estomac est complètement perdu avec un départ à 12h15. Il va me réclamer le déjeuner alors que je vais lui donner du dénivelé à avaler hihihihi. Pour éviter les fringales, j’ai mangé une banane à 10h.

Je rentre dans le sas et me place relativement devant. Il y a beaucoup de monde à prendre ce départ. Contrairement au départ des 300 coureurs de la Boffi fifty à 10h, on est presque 900 sur le marathon des Causses.

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Autour de moi, les coureurs ont l’air plutôt sereins, pas comme moi.

J’ai bien activé le GPS de ma montre polar m430. Première fois que je l’utilise sur une telle distance et en montagne. J’espère qu’elle ne va pas me lâcher la petite !

Je sens la pression du départ mais surtout de l’OBJECTIF monter en moi. Allez ma petite, vas falloir aller chercher loin cette ligne de Finisher…..

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LA COURSE

La musique Ameno nous met directement dans l’ambiance. Quand tu entends cette chanson, tu te sens presque invincible face aux Causses qui t’entourent. 3,2,1…. C’est parti let’s go !!!

Tout le monde part très vite sur la route. Les 4 premiers km ne sont que de la route. Une surprise m’attend sur la route. A mon grand bonheur Stephane mon coach sur la SainteLyon en relai me repère et court avec moi sur les 2 premiers km.

C’est génial de tous se retrouver sur les courses alors que l’on vient d’endroits complètement différents en France.

Du 1er au 4km :
je pars doucement et prends mon temps, allure en 5,30min et 5,45min en EF pour bien me chauffer et ménager le cardio qui va prendre cher !

J’ai de bonnes sensations. Ca me fait toujours bizarre de courir sur route goudron avec des chaussures de Trail car pas assez d’amortis à mon gout.

Justement il est temps de sortir de la route et de rejoindre les Causses.

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Du 5 au 7km :
la première énorme montée dans laquelle tout le monde marche. Ca y’est on rentre dans le vif du sujet. Par contre on est collé les uns aux autres, trop de monde et ce n’est pas très agréable.

Je trouve mon rythme en marchant et suis très vigilante sur mon cardio.

Sur cette course, ma priorité est le cardio et ne pas basculer dans l’essoufflement horrible que j’ai pu connaître sur certaines courses.

Enfin arrivée en haut en de la côte, et de une ! J’attaque la plaine et essaie de courir en EF, pas trop vite.

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C’est très humide et le brouillard nous entoure.

J’ai adoré ce passage dans la lisière de la forêt avec les odeurs des sapins. Que du bonheur.

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Au bout de ces allées arborées, nous arrivons sur les roches avec une vue à couper le souffle.

Magnifique panorama qui me fait lever la tête et m’arrêter quelques secondes pour profiter de l’instant présent. A chaque fois que je suis tentée de m’arrêter pour profiter du paysage, mon mental de routière me rappelle à l’ordre pour ne pas trainer. Erreur ! si j’ai choisi de faire du trail c’est justement pour l’environnement naturel qui m’entoure. De toute façon, pour me rassurer je me dis que je ne suis pas à 5 minutes car je ne suis très pas performante.

Les couleurs d’automne dans les arbres sont très belles. Allez une photo et une mini vidéo pour garder une trace mémorable de moment là (comme la majorité des coureurs au même moment) et je repars.

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Entre le 7km et le 15km :
soit le premier ravito à La Cresse, je vais gérer mon allure, ma foulée. Je vais bien. La foule de coureurs s’est estompée. C’est plus agréable de retrouver un peu plus d’espace pour courir surtout dans les montées / descentes.

Entre le 15km et le 20km :
Je commence à fatiguer et il fait de plus en plus frais. Et là au 21km je commence à sentir un petit mur.

Je ressens clairement que je n’ai pas dépassé les 20km en entrainement ces dernières semaines.

Je suis fatiguée, les jambes lourdes et le cardio s’emballe. Je suis dégoutée car je pensais que ce moment arriverait un peu plus tard sur la course.

Et non il est là… Mais il me reste encore 16 km mais surtout du DENIVELE !!!!

 

Du 23km au 25km :
j’arrive au ravito. Je croise une super nana qui me suit sur Instagram et qui me réconforte au moment où j’en avais besoin. Il fait très humide.

Elle me dit « Allez il reste encore 10km courage! C’est bientôt fini ! » Pour la distance, je ne sais pas du tout si me fier à 36km ou 38km. Les infos sont différentes sur chaque support !

Je repars confiante et rassurée mais là une averse se met à tomber. Catastrophe, le temps d’enlever mon sac et de mettre ma veste, je suis trempée. Sans compter le temps pour remettre mon sac avant de repartir.

Je ne l’utilise rarement alors je mets un certain temps pour bien placer les petites accroches du sac.

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Je repars trempée sous ma veste imperméable Mizuno, que je porterai d’ailleurs sur la Saintelyon en décembre prochain, du coup c’était une belle occasion de la tester en condition réelle.

Du 26k au 30km :
Je continue en essayant d’être régulière et positive. De toute façon, une chose est claire : je finirai du mieux que je puisse courir.

Au 30km un ravio très sympa nous attend dans une église avec un feu de cheminée. C’est chouette ! Malheureusement je m’aperçois que je n’ai plus de batterie sur mon téléphone pour prendre une photo argggggggggggggg !!!!!  Trop dégoutée et en plus je risque de même pas pouvoir prendre ma photo de Finisher sur la ligne d’arrivée snif snif!

Du 30k au 33km :
je lièvre un petit groupe personnes derrière moi sans le vouloir. C’est hyper motivant et challengeant de les emmener mais quelque part ça me fait un peu trop puiser dans mes dernières reserves d’energie.

Je m’accroche comme je peux mais les km commencent à être très technique et là c’est le drame…

Du 33 au 34km :
des montées en escalades terribles qui me couperont mes jambes. Je ne peux plus grimper. Je n’y arrive plus. Mes jambes tremblent et s’arrêtent. On est à la queue leuleu donc je ne vous raconte pas la pression des autres derrière qui ont encore assez d’energie pour se débarasser de l’escalade pour aborder la dernière grosse descente technique.

Un des gars que je lievrais me prend la main et me tire dans la montée. Franchement, c’est beau cette solidarité. Je n’ai plus de forces.

Le groupe me dit « Allez on ne te lâche pas, tu nous tires depuis des km alors tu te raccroches à nous ».

J’en ai les larmes aux yeux. Je reprends un peu le contrôle mais là je sens que mon bas du dos va lâcher. Je souffre du bas du dos.

Du 34km au 36km : la dernière descente ultra technique, boueuse et glissante. Je vais devoir passer par là.

J’ai trop mal au dos, je ne peux plus accélérer car les vibrations sur le sol deviennent insupportables. Je me tiens comme je peux pour me soulager à minima.

J’en peux plus, je veux arriver.

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Dans ma descente, je rattrape une copine et on se motive mutuellement pour finir ensemble. Elodie finit par prendre un peu d’avance.

Du 35km au 36km :
on déboule sur la plaine, en descente, c’est un terrain super facile pour accélérer mais je suis complètement en souffrance du dos.

JE NE PEUX PLUS accélérer, ni marcher, ni sauter, j’ai trop mal. Je trottine en me tenant le bas du dos. C’est interminable.

Le pire c’est que les jambes sont moins en souffrance et vont mieux, par contre le dos c’est pas ça.

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Je sens qu’on arrive… Dans le dernier virage avec les 300m j’aperçois mes copains Hadrien et David. David courre un peu avec moi et m’encourage chaleureusement, j’en ai les larmes aux yeux. C’est dur.

Je ne peux même plus accélérer pour aller plus vite. Je fais du mieux que je peux sur les derniers mètres. Avant la dernière ligne droite, 5 marches sont à gravir. Je n’arrive même plus à les monter.

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Je suis tellement dans le dur que je n’entends même pas mon chéri juste à côté de moi qui m’encourage.

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Pas la peine de préciser que le sprint final n’existe pas. Je franchis enfin cette ligne d’arrivée !!!!

Je retrouve Elodie que j’embrasse et me dirige vers mes copains. Je me mets presqu’à pleurer et je répète, je me répète « c’était trop dur, j’étais pas prête physiquement, j’en peux plus ».

A ce moment-là, je n’ai aucune idée de mon chrono… Franchement comme je me dis toujours, j’ai fait du mieux que je pouvais alors peu importe le chrono, je n’aurais pas pu aller plus vite.

Mon copain David me dit : objectif atteint avec 5h51 !!!!!

Bimmmmmmmmmmmmmmm !

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Mais pour moi c’est plus que ça. Le chrono m’est égal. Qu’est-ce que ça va changer, je ne serai jamais la première ni la dernière.

Là c’est différent !

Ca m’a fait un bien fou !

Mon objectif était d’être encore plus à l’aise dans les descentes et dans les chemins très gras et glissants. C’est encore mieux qu’hier et moins bien de demain. Je crois que le moment le plus fort de ma course et lorsqu’un coureur me dit «  je te laisse passer je suis un piètre descendeur et tu as l’air de savoir maitriser les descentes » Oh punaise, la vache ! Merci Monsieur mais pas trop quand même, je m’améliore 😉

En prenant le départ de cette course des Templiers :

Mon objectif était de prendre du plaisir. Chose en partie faite malgré les douleurs et les lacunes physiques.

Mon objectif était de passer un super weekend entre copains. Pari réussi et c’est top !

Mon objectif était de revenir pleine de bonnes ondes et de pensées pour 2018.

Mon objectif était d’aller au bout de ce marathon des Causses qui me semblait complètement compromis début septembre. Je suis super émue de voir qu’en me faisant de nouveau confiance j’étais capable d’aller au bout. Sur le parcours, je n’ai jamais pensé à ma potentielle douleur. J’ai totalement intégré le fait que je suis de nouveau en bonne santé et que la blessure est finie.

Le dimanche, j’ai suivi sur les ravitos les copains et mon homme qui couraient le Grand Trail des Templiers. C’était chouette aussi de soutenir mon copain qui faisait sa première grosse distance. J’étais au taquet !

Par contre, il faut être patient et attendre parfois un long moment pour très peu de temps avec eux lorsqu’ils arrivent. L’appli LiveTrail était mon meilleur copain du moment pour surveiller mes loulous.

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C’est la première fois que je « faisais les ravitos ». Une très bonne expérience surtout quand on suit différentes personnes en même temps. On ne s’en rend pas compte mais ça remonte beaucoup le moral de voir des gens que l’on apprécie lorsque l’on est pas bien. Ca rebooste !

La preuve, ils étaient tous FINISHERS 😉

Bravo les copains pour vos supers médailles de Finisher, bravo my love pour ton premier gros trail !

Ce weekend a été très riche en émotion de tout genre, joie, douleurs, souffrances, espérance, excitation, impatience, partage, bonheur, tristesse, intensité.

Ce qui peut résumer le sport quoi 😉

Avant de finir clôturer ce compte-rendu, je tenais à vous rappeler que malgré tous les bons efforts, préparations et énergies consentis dans une préparation physique pour un objectif de course, malheureusement nous ne sommes pas des machines.

Malheureusement, il arrive que malgré nous, notre corps nous lâche et nous dise stop. C’est très difficile dans ces moment-là de subir cette frustration, d’encaisser cette déception immense. Je la connais si bien en m’etant blessée à un mois du marathon Nice- Cannes.

Il faut savoir lâcher prise, se recentrer sur soi et ne pas perdre confiance en soi en ses capacités.

Accepter d’être moins bien un temps, c’est une force mentale qui nous servira pour l’avenir.

Si aujourd’hui j’arrive à être ce que je suis, à m’épanouir et à progresser c’est un tout. Le mental, l’entrainement, un ami qui me soutient et m’aide à progresser, un entourage attentionné, un lâcher prise dans les situations compliquées.

Ce que j’ai aimé

  • Les paysages magnifiques
  • Les différents types de sol sur le parcours (sable, foret, roche etc..)
  • La distance (ni trop court ni trop long)
  • L’arrivée qui surplombe la vallée avec en fond le viaduc
  • Les ravitos
  • Les cadeaux (deux vestes sans manches, la médaille)
  • L’ambiance générale sur le parcours et aux ravitos

Ce que j’ai moins aimé :

  • Trop de monde sur le départ du marathon des Causses (trop serrés sur les premiers km et la première montée)
  • Le manque d’infos logistiques (présence de consignes ou non, distance exacte de la course, lieu exact du salon du trail – c’est marqué nulle part sur internet)
  • Le village exposant relativement petit

Pour conclure, et bien je ne sais pas trop quoi dire.

J’ai fini ce marathon des Causses. Est-ce que c’est une victoire sur moi-même ? Aucune idée. Est-ce que je suis impressionnante et une warrior comme vous êtes nombreux à me féliciter sur instagram et facebook? Je ne sais pas, je ne pense pas.

Est-ce que j’ai eu raison de persister et d’aller au bout ? Assurément !

Merci encore à tous de m’encourager, me soutenir. Ca m’a touché les nombreux messages privés le samedi soir et dimanche pour me demander si j’allais bien car je n’avais rien posté sur ma course.

Une page se tourne, à quand la prochaine ?! 😉

 

 

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