Envie de vivre une super course en étape en plein coeur du Pays Basque ? Cette course est faite pour vous !

Repérée l’an dernier, j’avais trop envie de prendre le départ de ce trail sur deux jours et d’aller me confronter à ces sommets basques si beau mais si terribles parfois.

L’an dernier j’avais adoré le trail de la BK21 (compte-rendu à relire ici) à Bidarray, non lieu de Saint-Etienne de Baigorry.

Il faut savoir que les deux particularités de ce trail sont :

  • course en binome
  • course sur deux jours, avec deux étapes chaque jour vendredi et samedi

J’aime bien l’idée de le faire en binome. Ca permet d’apprendre à se caler sur l’autre, de s’entraider dans les moments difficiles comme de partager ensemble la même joie des paysages et de franchir la ligne d’arrivée après en avoir bien bavé !

Nous arrivons le jeudi en fin de journée pour venir retirer nos dossards. J’ai eu le plaisir d’être invitée par l’organisation.

Nous nous dirigeons vers les dossards à retirer dans un gymnase. Attention il est impératif que le binôme soit présent pour récupérer ses deux dossards.

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Pas mal de coureurs enfin traileurs sont déjà là. Enfin je devrais dire plutôt, pas mal de BASQUES ont déjà retirés leurs dossards. Comme si tout le monde se connaissait. C’est marrant et hyper convivial.

Nous aussi on est local car on est qu’avec des copains basques pour tout le weekend. Une belle brochette de champions !

Les différentes courses de l’événement :

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Attention, il faut que les deux personnes du binome soient physiquement présentes aussi lors du retrait des dossards munies de leur carte d’identité. On nous remet les deux dossards (même dossard pour les deux journées) + 1 sac coureur rempli !!! Waow une petite bouteille de vin, une grosse boite de paté local et une sauce basque au piment d’espelette + 1 tee shirt.

On est gaté dis donc ! Pour rappel le prix de l’inscription pour le binome de coureurs sur le trail gourmand coute que 150 euros.

C’est super tout ce que l’on a comme cadeaux coureurs et la qualité des ravitos locaux pour ce prix la + 1 BUFFET GEANT le vendredi soir !!!

 

PREMIER JOUR DE COURSE : ETAPE 1

Il est 5h30 quand le reveil sonne. Time for breakfast ! Comme d’habitude, du pain, du miel, du café, une banane.

Je ne veux pas trop manger non plus car c’est que 25km.

Pour ceux qui ont suivi mes derniers mois, je n’ai pas eu le temps de m’entrainer pour ce trail. Je n’ai pas fait de dénivelé ni d’escaliers à Montmartre donc je sais que je vais galérer….

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Allez je n’y pense pas et me concentre sur ma course. Mes affaires prêtes la veille, j’épingle mon dossard et nous partons en direction du village.

L’ordre des participants pour prendre les navettes se fait en fonction du numéro de dossards. Les premiers inscrits prennent les premières navettes. Soit dès 6h30 pour un départ à 8h30. De notre côté nous sommes dans le dernier sas de départ de course à 10h30 mais notre navette est tout de même à 8h30. Ça fait tôt ! Du coup on décolle du gite à 7h15.

Une pensée pour les copains qui sont sur le 2x40km et sont partis de la maison vers 5h30 du matin.

Notre gite est situé à environ 25minutes de voiture de l’arrivée et donc point de rdv des navettes qui amènent au départ.

Pour les transferts de navette vers le départ, tout est très bien géré et organisé. Les parkings voitures sont assez grands pour accueillir toutes les voitures coureuses. Les navettes sont nombreuses aussi tout comme la signalétique.

Bon par contre pas de consignes alors tout le monde laisse ses affaires dans les voitures.

Il est 8h30 quand nous montons dans le bus en direction du départ, pour un trajet d’une bonne demie heure. Ce qui est « démotivant » c’est que nous croisons à contre sens les premiers traileurs qui sont à mi-parcours alors que nous sommes à peine dans le bus et pas encore partis.

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Et là tu te dis « oh la flemme quand même de me faire 25km avec 1000m D+ !

Nous arrivons sur le départ. Tout le monde descend du bus et se dirige vers le gymnase du village pour le check des sacs.

Pour la course, il est impératif d’avoir dans son sac :

Un gobelet / deux flasques d’eau / 1 coupe-vent/ 1 sifflet / du strap / 1 buff ou 1 casquette / 1 couverture de survie.

Ca ne rigole pas même pour 25km 😉 En même temps, vu la météo capricieuse, il vaut mieux être plutôt bien équipé en montagne.

Une super belle journée nous attend. J’observe les coureurs autour de moi. Je suis surprise il y a une bonne partie qui entre 50 et 70 ans. C’est cool de réunir différents ages autour de cet objectif commun ! bon ça me met une petit pression pour me bouger encore plus les fesses lol

Une musique de fond est lancée à 5min du départ. Tout le monde s’avance sur la ligne délimitée par une arche gonflable.

La majorité des coureurs sont munis de batons. Comme d’hab je n’en ai toujours pas acheté… Un jour peut être j’y viendrai !

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Allez c’est parti ! les premiers km sont attaqués par une grosse et longue montée. Ca commence bien.

Les paysages sont magnifiques, le temps s’arrête. Franchement quel plaisir d’être là en plein nature à gambader dans la montagne. Mais ça tire quand même ! les montées et les descentes s’enchainent du mieux que je peux mais je sens que mes cuisses font grave la gueule par mon manque de prépa….

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Ca tire beaucoup. Pour éviter les crampes, je bois beaucoup d’eau et mange des tucs salés aux ravitos. Je suis assez en forme mais le but et de ne pas tout donner aujourd’hui car demain REBELOTTE !

Le ravito de mi-parcours est dans une salle et c’est l’ORGIE gourmande !!! Sandwich au saucisson / paté local / fromage de brebis / gateau basque / soupe / vin … QUEL KIFF d’arriver vers 12h à ce ravito !! Bon par contre quand tu repars bien repu et tu sais qu’il te reste encore 15km tu rigoles un moins. Mais c’est le concept du trail GOURMAND, qui dit gourmand dit ravitos sinon autant s’inscrire à trail classique.

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Certains ravitos classiques (fruits sec/tuc/ eau / coca) sont présents tous les 5 km sur le parcours.

De cette journée etape 1, j’en garde comme souvenirs deux grosses et longues montées.

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Il fait très chaud et le soleil cogne. Mon homme a des cramps sur les derniers km à cause de la chaleur et de la deshydration. Le pauvre obligé de s’arrêter complètement et de s’asseoir un petit moment.

C’est dommage on était dans un bon rythme. Je récupérais bien au moment où il a été sujet de cramps. C’est grave. On est un binome et c’est ça aussi qui est intéressant. En effet, pour une fois courir à deux c’est apprendre à s’attendre, à s’adapter à l’autre sur la distance et le type d’effort. Mon homme est bon en descente quand je le suis en montée.

Nous parcourons les 2derniers km en alternant marche et course. En arrivant dans le village, nous croisons pas mal de duo qui ont fini et remontent en sens inverse. Une ambiance géniale des gens sur les côtés qui nous encouragent. Ca rebooste !

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Quel plaisir de finir ces derniers moments avec des personnes qui ont autant la patate !

Allez au loin on aperçoit l’arche ! ENFIN…. Un sprint final pour conclure cette première journée.

Les copains sont la pour nous encourager et nous accueillir à la fin. C’est TELLEMENT COOL. Je suis heureuse d’avoir passé cette journée à deux à courir au milieu de paysages magiques, de manger du saucisson et du fromage trop bon, de fêter cette première journée avec les copains et de boire une bonne bière bien fraiche post course.

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Je sens que mes jambes ont bien travaillé, voire un peu trop pour aujourd’hui. Mais peu importe, j’avais envie de me laisser porter et de faire à l’envie.

 

Une douche et un repas au gite puis nous descendons en début de soirée au village. En effet, le vendredi soir, pour ceux qui le souhaitent, un buffet est compris dans l’inscription. Et la QUE des charcuteries, plats, salades, FROMAGES locaux. UNE TUERIE !!! Je me suis un peu trop remplie la panse d’ailleurs mais c’était trop bon et après cette première journée d’étape j’en ai bien profité.

Il est 23h dodo pour tout le monde !

Le lendemain nous avons la navette à 7h30 pour partir à 9h. donc il faut partir tot !

DEUXIEME JOUR : ETAPE 2

Le reveil sonne à 5h…. Dur dur d’ouvrir les yeux. Je me redresse dans le lit, pose les pieds par terre et me lève. ET LA C’EST LE DRAME….. je suis completement COURBATUREE !!!!!!! J’ai les cuisses en feu comme au lendemain de mon premier marathon et je vais devoir refaire la même grosse journée mais en pire car il PLEUT !!!!

Oh lalalalala ça va être l’horreur cette deuxième journée. Si en descendant 3 marches, je dis AIE, je vais pleurer en descente.

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Je me prépare, m’hydrate bien et me masse les cuisses avec l’huile weleda pour me décontracter au maximum les cuisses.

Comme la veille, nous prenons la navette qui nous dépose sur le même lieu de départ. Contrairement à la veille, les gens de ma navette sont beaucoup plus calmes que la veille. Tu m’étonnes c’est quand même costaud d’enchainer des courses en étape.

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Une nouvelle expérience que je prends plaisir à découvrir.

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Le départ est donné et la pluie commence à tomber. Les heures à venir vont être moins agréables qu’hier. Le parcours est très boueux et glissant. Le vent se lève, la pluie sévit et la veste imperméable se mouille de plus en plus. C’est pas très agréable de courir avec ce temps. Je pense à mes copains sur le 40km qui en plus ont eu de la GRELE sur l’étape, alors je ne peux pas me plaindre. Au 14km nous arrivons au même ravito dans la salle à Banca, comme la veille.

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Le cœur n’est plus à la fête. J’ai vraiment envie d’abandonner. Je suis à bout. Fatiguée, trempée, en souffrance dans les cuisses. Mais surtout, je ne prends AUCUN plaisir. Si je cours et me challenge c’est pour me faire plaisir et là je ne fais que subir. Oui subir est le verbe qui convient. Je subis les descentes, la boue insolente et omniprésente, l’averse, le froid. Qu’est ce que je fous là ? J’ai envie de m’arrêter là sérieux, à quoi ça me sert d’aller jusqu’au bout ?

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En plus je sais qu’il me reste encore 10km donc 5km de fin uniquement en descente. Je vais pleurer de douleurs tellement j’ai les cuisses courbaturées. Même sur le plat je ne peux pas courir sans ressentir « aie aie aie ». L’enfer.

Mon homme est là et me rebooste complètement. Hier c’était moi qui le reboostait quand ses crampes le minait. Aujourd’hui, c’est lui qui est forme et moi qui subit. Comme il me dit, l’essentiel est de finir peu importe le temps qu’on mettra.

Certes mais là quand le mental se barre… il ne reste plus grand chose. Et puis merde j’ai envie de voir la dernière partie de l’étape. Comment je vais pouvoir vous la raconter sinon ? Et ca aussi ça me rebooste et ca me fait avancer. Savoir que vous êtes là, à me lire, à me suivre et à m’encourager me donne du courage et de la force quand je n’en ai plus.

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Nous repartons pour les 10derniers km. Une bonne descente en rappel sur une portion tant la boue est glissante et casse gueule. Puis les 5derniers km arrivent. La cata. Une partie sur des cailloux, puis sur de la piste puis sur la route. Je n’en peux plus de douleurs. Je cours comme un robot et ne peux plus plier les jambes.

Franchement j’en peux plus. Je m’en veux de ne pas avoir fait de dénivelé mais le prend comme une leçon de vie. Un trail ne s’improvise pas. Les préparations ne sont pas uniquement la pour nous mener aux performances. Elles sont aussi là pour nous permettre d’être bien physiquement le jour j et de pouvoir profiter pleinement du moment présent et ne pas finir carpette.

Surtout quand la météo n’est pas de la partie, finir bien et non CARPETTE en subissant change la course.

Je m’accroche comme je peux. Le seul but : arriver le plus vite possible pour rentrer au gite, prendre une douche chaude et retrouver les copains pour décompresser. Allez enfin le village, encore 1km. Je suis complétement ailleurs. En effet, je me suis mise dans une bulle où mon seul objectif est d’avancer et de franchir cette putain de ligne d’arrivée.

Tant je suis dans le dur, sur les derniers mètres je n’entends meme pas les copains qui hurlent et nous encouragent. Là il est vraiment temps que j’arrive.

ENFIN nous franchissons l’arche d’arrivée. Le cœur est moins à la fête que la veille. Je suis épuisée nerveuse et physiquement. Lessivée d’avoir autant subi cette deuxième journée avec une météo pourrie qui a rendu difficile le terrain. Mais c’est le jeu !

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Quand je pense à ceux qui ont fait l’ecotrail 80 cette année sous la pluie, la neige et la boue, quel courage !

 

Un verre d’eau et aussitôt nous repartons en direction du gite pour nous mettre au chaud. Je ne peux plus marcher, ni descendre les escaliers. Mes cuisses m’ont officiellement abandonné. Bye bye Emma see you soon LOL

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Un bon repas pates/poulet arrosé de paxaran pour fêter ça avant de repartir pour Paris le soir même.

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En tout cas, je suis très contente d’avoir vécu cette belle course en étape! Une première expérience que je réitererai avec plaisir l’année prochaine si mon planning me le permet.

Ce que j’ai bien aimé dans cette course :

  • L’ambiance générale
  • La chaleur humaine des bénévoles et de l’organisation
  • La qualité et la richesse des ravitos en produits locaux (fromage, charcuterie, gateaux basques..)
  • Les nombreux cadeaux
  • Le repas offert du vendredi soir trop bon
  • Les paysages et les itinéraires différents pour chaque jour d’étape

 

Ce que j’ai moins aimé :

  • Le manque de consigne
  • L’obligation des deux personnes du binome pour le retrait des dossards

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