Dimanche, j’ai réalisé l’un de mes deux rêves sportifs : être Finisher du marathon de Londres !

Pour participer au marathon de Londres, trois possibilités :

– être tiré(e) au sort par la loterie
– passer par une agence de voyage spécialisée
– bénéficier d’un dossard partenaire

Rares sont les français tirés au sort pour ce marathon. Mais il ne faut pas desespérer 🙂

Pour ma part, j’ai eu la chance d’être invitée par New Balance et de faire partie de leur team presse 2019.

Janvier et février étaient une période difficile pour moi côté sport. Fatiguée, démotivée, lassée, je n’arrivais même pas à monter un escalier… Moi qui adore me lever sans problème à 5h du mat pour faire des sorties longues ou fractionnés, me voilà incapable de me lever avant 8h.
Mon corps me disait STOP.

C’est avec une grande joie que j’ai accepté de relever ce superbe défi rêvé que me propose New Balance en début d’année.

Après 8 semaines de préparation, dont 2 semaines de reprise où je n’ai pas communiqué dessus, me voilà prête et reboostée pour partir à la conquête du bitume londonien.

INFO : Je ferai un article spécifique sur ma préparation marathon, qui comme vous le savez m’a permis de réaliser un chrono incroyable à mes yeux.

Revenons à la course et au weekend du 28 avril.

SAMEDI 26 AVRIL

Un réveil à 5h qui pique mais qui passe bien au vu de l’excitation du weekend. Le rendez-vous est donné à 6h30 à la gare du nord pour pendre l’eurostar de 8h.


Je rejoins à la gare Marine, Adrien et l’équipe New Balance. C’est cool, nous nous rencontrons pour la première fois, tous réunis par la même motivation : kiffer ce marathon de dingue et ramener « la médaille à la maison ».
Une queue monstrueuse pour passer la douane.

Attention avec le brexit, bien prendre son passeport et prévoir au moins 1HEURE d’avance ! De l’hallu !
La douane passée, nous voilà en route pour Londres.


Une fois arrivés, nous nous dirigeons vers l’hotel privatisé par la marque pour l’événement. Waow le Méridien à Piccadily Circus. J’hallucine de la classe de l’hotel en arrivant. Tous les détails sont de la couleur verte d’eau de l’événement du marathon de Londres initié par New Balance.


Une fois la chambre récupérée, nous assistons à une présentation des futurs produits de la marque. Quelques soient les marques sur le marché, je suis toujours impressionnée par les études recherchées et poussées des produits pour être au top de ce dont nous aurons besoin demain, aussi bien pour les athlètes que pour les coureurs du dimanche passionnés que nous sommes.

Un déjeuner dans un bon resto italien à côté de l’hotel, le Cicchetti, que je vous recommande. Des pastas maison, une escalope milanaise avalée, avant de se mettre en route pour aller chercher le dossard sur le salon du marathon.

Pour info, le salon du marathon de Londres est situé dans un centre commercial, l’Excel, à l’autre bout du centre ville. Soit 45 minutes de Piccadily et 3 métros pour s’y rendre.

A titre comparatif, le salon est plus petit que celui du running du marathon de Paris. Le dossard et la puce (sur la chaussure) récupérés, un petit tour par la boutique officielle NB. Je commence à me concentrer sur ma course. Ca y’est j’ai le fameux bout de papier à 5 chiffres…

Les articles vendus « marathon de Londres » sont trop beaux. Maintenant, je comprends mieux les étrangers qui achètent un tee-shirt ou un vêtement souvenir de la course qu’ils s’apprêtent à vivre.

 

Nous repartons vers 16h30. Un petit tour sur Piccadily circus avant de rentrer me reposer à l’hotel. J’aurais bien plus visité les alentours mais je me rassure en me disant que j’ai une belle balade de 42,195km qui m’attend demain lol.

Levée depuis 5h du matin, je suis claquée. Et en plus à ma montre j’ai quand même marché 10km…. TROP à mon gout. Pas de panique, l’essentiel est de faire de la recupération Compex, de me reposer les jambes en l’air contre le mur pour favoriser la circulation du sang et de penser à autre chose.

A 19h (soit 20h en France), c’est l’heure de la Pasta Party dans le diner. Plusieurs sortes de pates au choix. Une grosse assiette de pastas au pesto, un dos de saumon et une banane pour mon diner.

A 21h30 je prépare mes affaires, compliqué car je suis indécise sur tee shirt- manchettes bras ou tee-shirt manches longues. Les temparatures annoncées sont entre 7 et 11 dégrés… Un bon entre deux que je n’aime pas en tant que frileuse professionnelle !

Pour vous dire jusqu’au lendemain matin, j’étais indécise. Finalement, j’opte pour tee-shirt manchettes bras quitte à les jeter si besoin. Pour les ravitos, j’ai décidé de prendre uniquement 3 barres d’amandes gerblé déjà testées sur du trail.

 

DIMANCHE 27 AVRIL : LE MARATHON DE LONDRES

Mon réveil sonne à 5h45 pour aller prendre mon petit déjeuner à 6h. Sachant que nous prenons la navette de l’hotel à 7h15, je veux me laisser au moins 40 minutes pour me préparer.

Je ne change pas mes habitudes de petit déjeuner : café, tartines de pain complet beurre miel, un peu de fromage blanc et muesli avec une banane.

Puis je remonte me préparer et opte pour le tee-shirt. Je vérifie 10 fois que j’ai bien tout pris ce qui me fallait avant de monter dans la navette. Le jour d’un marathon c’est ultra confortable d’avoir une navette qui te dépose directement sur le lieu de départ de la course. Ca enlève une grosse dose de stress et puis c’est convivial car toute la team New Balance France et Europe est dans le même bus alors on se motive tous les uns les autres.

Pour ma part, j’étudie une dernière fois le parcours (même si je ne connais pas la ville) et me fais mes derniers gris gris porte bonheur en cas de coup dur surtout vers la fin…

Sur le salon du running à Paris, je me suis imprimée un bracelet d’allure en sécurité mais comme d’habitude il ne m’a pas servi pendant la course me générant plus de stress par soucieux de respecter absolument les paliers.

Je me suis notée les équivalences miles – km parce que je n’étais pas sûre d’avoir les panneaux km sur le parcours.

Je vous rassure les panneaux MILES et KM sont disposés tout au long du parcours du marathon de Londres.

Arrivée sur la zone de départ à 8h, je découvre qu’au moins 5 zones de départ différentes sont dispersées sur une grande esplanade. De mon côté je suis en zone verte, réservée aux partenaires.

Il nous reste encore 2h à patienter jusqu’au départ à 10h10… C’est longgggggg !

 

Une tente New Balance est prévue sur la zone pour se mettre au chaud et se ravitailler si besoin. Je suis tentée de prendre un café mais non je résiste. NE JAMAIS INNOVER. C’est pas le moment de me flinguer l’estomac ou la vessie.

Alors je me repose en m’allongeant sur le sol. Je suis habituée maintenant avec le marathon des sables . Je suis devenue « roots ». Oh lala maman, papa n’ayez pas peur si vous lisez cette phrase… LOL


A 9h45, dépot des sacs dans les camions consignes avant de gagner doucement les sas de départ. Marine, Adrien et moi sommes dans 3 sas différents.


Le moment est à la concentration et aux derniers réglages de la tenue. Je vérifie mes lacets et mon ipod bien fixé. C’est GOOD !

Nous ne sommes pas très nombreux dans les vagues de départ dans le sas, c’est agréable. Par contre il fait très frais. Certains sont en débardeurs avec la chair de poule. Et moi je redoute d’enlever le poncho.

A 10h20 le départ est donné pour notre SAS.

Allez c’est parti, la bataille commence !

Dans ma tête je décompose ma course en 4 blocs de 10km + un bonus de 2km.

Du 1km au 5km[4,54min/km allure moyenne] 

J’essaie de me réguler à l’allure 5min/km. C’est compliqué parce qu’il y a pas mal de monde. Je sens une petite tape sur l’épaule, trop cool c’est Marine qui vient de me doubler. Je suis contente de l’avoir vu une fois sur le parcours sachant qu’on avait des sas de depart différents.
Retour à la concentration !
Je suis trop rapide avec une allure moyenne de 4,54min/km sur les 5km. Mais je me sens bien alors je ralentis légèrement et je continue.
Le parcours est essentiellement dans des rues residentielles.

Du 5km au 10km [4,59min/km allure moyenne]

Je me sens toujours aussi bien mais j’ai la petite voix dans ma tête qui me dit « souviens toi ce que t’as dit JJ, 5min du km pas plus ni moins! ».

Un passage du 10km en 49min19.

Oui oui je m’en souviens, comme je me souviens aussi sur mon dernier RP de Paris où l’on m’avait orienté sur une prepa de 3h45 soit 5,17min ou 5,20min/km qui semblait deja un bel objectif. C’est clair que de passer de 4h01 à 3h45 le gap est déjà énorme!

Pour moi, en 2017 je considérais le chrono de 3h45 comme dingue et celui proche de 3h30 de WINNERS WARRIORS et complètement inatégnable un jour.

Plus la prépa de 3h45 avançait, plus je doutais de cet objectif. Au fond de moi, il ne me semblait pas assez ambitieux. Le jour J, j’ai décidé que NON je voulais aller chercher au plus proche des 3h40 quitte à me cramer mais au moins je saurai ce que je vaux vraiment.

Vous connaissez la suite : 3h41 et 10 secondes. Quasiment 3h40.

Alors dimanche, j’ai ressenti la même sensation en prenant le depart. Je veux m’approcher au maximum du 3h30, ce qui serait extraordinaire à mes yeux (et utopique tout de même). Passer de 3h41 à un environ 3h30, en croire la plupart des gens, les minutes ne se perdent pas comme ça à ce niveau là. Et pourtant…

Du 10km au 21km [4,57min/km allure moyenne] 

Un passage au semi en 1h44

Je me sens bien et ne me pose pas de questions jusqu’au 20km. J’essaie toujours de me réguler entre 4,55min et 5min/km. Je regarde uniquement mon allure et les km parcourus.
JAMAIS JAMAIS JAMAIS sur mes marathons preparés durement je regarde le chrono total. C’est une source de stress terrible et de demotivation. De toute façon dans toutes mes courses, quand je finis je me dis toujours que j’ai donné le meilleur de moi-même et que je n’aurai pas pu faire mieux. Alors me rendre compte que je suis en retard et que j’ai raté des paliers me dessert complètement. D’ailleurs sans savoir le chrono total, j’ai déjà été capable de regagner de précieuses minutes parce que jy crois et ça me donne les jambes.

Après chacun sa méthode.

Dites-vous aussi que si vous avez fait une bonne prepa, votre corps connait l’allure et la retrouve naturellement lorsque vous commencerez à courir.

Ca me rappelle ma séance terrible de 10x800m que devait courir en 3,35min LA serie de 800m et j’ai programmé l’allure de 3,35min/km pour la série… J’ai ralenti parce que je sentais que c’était trop pour mon corps qui s’est régulé de lui même sur le reste des séries restantes. Au bout de 2 séries j’étais cramée. Tu m’étonnes c’était pas du tout la même allure !

Quelle torture cette séance quand jy repense! Ca m’apprendra à mal programmer ma montre lol.

Jusqu’au 20km nous traversons des rues d’habitations et des rues commerçantes. J’hallucine completement du monde qui est amassé derriere les barrières pour nous encourager. C’est un truc de malade ! Je n’ai jamais vu ça ! Ca rigole, ça chante, ça crie des encouragements. C’est fou. Et je n’avais pas vecu encore le moment le plus intense en émotion de toute ma course. Quand à la fin du 19km je commence à aborder le célèbre et magnifique Tower Bridge alors la… c’est la FOLIE !

Je ralentis tout de suite pour m’impregner de ce moment de bonheur INCROYABLE ! Des milliers de personnes sont en train de crier des encouragements de fous pour moi, eux, nous, coureurs de THE marathon de Londres. Cette energie positive associée à ce magnifique et majestueux pont, que j’ai le privilège et l’honneur de traverser en courant , me fait pleurer.

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Je pleure de joie parce que ça me rappelle pourquoi j’aime autant ce sport et surtout preparer et courir un MARATHON.

Un marathon ce n’est pas seulement un chrono, une course, un dossard. Oh non c’est ma façon de voir la vie.
Décider de mon objectif, me préparer dûrement pour être prête le mieux possible, faire des compromis tout en me faisant plaisir aussi, me sentir libre, être en harmonie avec moi-même, apprendre toujours plus à me connaitre et à gagner en confiance en moi. Chaque marathon que je prépare est cher à mon coeur. C’est de là que je tire ma persévérance, ma tenacité et une meilleure approche de la vie et de ses aléas.

Posez-vous la question de pourquoi vous aimez préparer vos objectifs sportifs ou autres ? Qu’est-ce qui vous anime et ce que ça vous apporte ? Ecoutez-vous, prenez du temps pour vous. Pour être bien avec les autres, il faut avant tout être en phase avec soi-même.

Pour en revenir au passage sur le pont, c’est le seul moment où je sors mon portable de ma ceinture. C’est impossible que je n’immortalise pas ce moment que je n’aurai peut-être jamais la chance de revivre un jour.
Je profite de chaque mètre de ce pont parce que malheureusement je n’y passerai qu’une fois. Je vous en parle beaucoup mais c’est tellement à la hauteur de ce moment OUF.

Fin de la pause paparazzi et rangement de téléphone + reprise de concentration sur l’allure !
Je suis bouleversée, c’est trop chouette!

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Je passe le semi en 1h44.

Du 21km au 25km [4,58min/km] puis du 25km au 30km [5,06min/km allure moyenne]

Tout va bien. Je prends régulièrement des petites bouchées de mes barres d’amandes pour bien me nourrir. A chaque ravito d’eau, je bois au moins la moitié d’une petite bouteille d’eau.

Pour info sur le marathon de Londres, il n’y a que des ravitos liquides (bouteilles d’eau de 25cl, verres de boissons énergétiques et stick de gels). Pas de ravitos solides type orange, bananes, fruits secs etc…

Du 30km au 35km [5,14min/km allure moyenne]

Je me sens bien même si je sens que je commence à ralentir naturellement. Une bonne montée d’un pont m’attaque les jambes vers le 29-30km je crois.

Je suis moins fraiche mais ça va. Je ne pense même pas au mur parce que pour moi il n’arrive jamais avant le 36km.
Dans ma tête je me dis « est-ce que je commence à payer le fait d’etre partie trop vite?! »

Puis je repense à ce que m’a dit mon coach : « Emma, dis toi qu’un marathon c’est une course de 10km qui commence au 32km ».
Je me gardais en reserve cette petite phrase dans un coin de ma tête car avant c’etait la décomposition : 4 blocs de 10km et mentalement ça a bien fonctionné.

Du 35km au 40km [5,16min/km allure moyenne]

Phase critique : JE SUIS DANS LE DUR.
Je fatigue, je déprime en voyant mon allure moyenne s’envoler en 5min et 5min30 mais je me bats comme une ouf en essayant d’accelérer.

Au 37km : ENFIN une personne pour moi positionnée sur le parcours. Je me concentre sur cet objectif : arriver le plus vite possible pour voir mon amie et lui dire que tout va bien.
OUF ELLE EST LA, je lui fais plein de bisous de loin car impossible de m’arreter et de  me couper les jambes que je m’arrache à relancer depuis des km. Les bisous seront pour l’arrivée !!! J’aurai tout mon temps 😀

Un peu de baume au coeur et ça repart. Mon amie me trouve super « fraiche » à ce niveau du parcours. Mes jambes tiraient mais j’arrivais à resister sans être cramée.

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Sur cette course préparée, j’etais seule avec ma montre, sans lièvre à mes côtés et une amie à un seule endroit sur le parcours. Je vous avoue que c’est difficile de maintenir sa motivation et son cap d’allure avec peu de personnes proches pour me soutenir et m’encourager sur le parcours.
Avoir un lièvre sur les 3-4 derniers km je pense aussi que ça booste quoi qu’il arrive. Apres cette course c’etait aussi ma bataille personnelle. C’etait important aussi que je prenne mes propres décisions stratégiques d’allure et de chonos. Partir plus vite ou non, ralentir sur certaines portions ou non etc…

Du 37km au 40km :
Pour resumer je suis GRAVEEE dans le dur. Je ne me culpabilise pas en me disant « je suis partie trop vite blablabla » parce que c’est un marathon et, quoi qu’il en soit la fin est toujours très difficile donc rien d’alarmant.

Au 38km :
Je sens un douleur au pied droit et là je comprends que c’est une…. grosse ampoule! Mais nooooonnnn pas ça!
Chaque km je prie pour que cette douleur ne se décuple pas.
Puis le coup de grace qui vient m’achever au 40km.

Au 40km : LE COUP DE GRACE
Ma montre vibre « youpi 40km ». Allez 2km c’est 10minutes encore à tenir c’est plus grand chose. Je suis reboostee même si j’arrive péniblement à m’approcher de l’allure 5min/km.
Puis apres le ravito d’eau je tourne la tête et regarde le panneau officiel km et là je lis avec STUPEFACTION : 39km !!!!!! Mais noooooooooooooooooooonnnnnnnnnnn !!!!
Ah putain c’est pas possible…! Plus d’Emma, plus de mental, plus de jambes pendant un moment. Je suis au bout du rouleau. Quand on est en souffrance 2km ou 3km avant la finish line ça n’a rien à voir du tout.
Je me ressaisis en me disant que comme d’habitude je vais finir du mieux possible. Je ne sais pas à quel chrono total j’en suis mais je vais continuer à m’arracher.

Je pense à tous mes proches, tous les gens que j’aime, je fais que de regarder mes gris gris sur ma main, je pense à toute ma géniale communauté instagram qui m’encourage et qui m’insipire aussi et ça me donne la niak de me depasser. Je ne veux pas vous décevoir ! Je sors ma pompotte de ma ceinture pour un coup de fouet et GO GO GO pour aller chercher cette MEDAILLE !!!
Je vous passe l’épisode de ma pompotte mal fermée qui me gicle partout dans les mains et sur mon short, comme si je m’etais vomi dessus lol. Manqué plus que ça! Mais lucky me, le ravito d’eau est juste là pour rincer tout ca.

Du 40km au 42km [5,16min/km allure moyenne].

INTERMINABLE.
J’en ai marre et veux arriver. Quand certains gardent la surprise du sexe du bébé jusqu’à la naissance, pour moi c’est le secret de mon chrono final.
Je me dis en boucle RP ou PAS ??? A ce moment là, ce qui est sur dans mon esprit c’est que si je fais 3h41 ou plus j’arrete les prepas marathons… Ce serait encore une claque pour moi, déjà une grosse claque à Rome en 2017 alors la ça ferait trop au vu des efforts de prepa fournis.
Je continue comme je peux à avancer. Miracle les fameux panneaux en metres apparaissent : 800m, puis 500m puis je passe devant Burckingham palace. Je suis un peu déçue de l’ambiance de l’arrivée. Pas trop de monde comparé à la folie du parcours.

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Puis je vois au loin, enfin, se dessiner THE FINISH LINE !!!!

J’y ai pensé pendant 42km et elle est là…
Au fond de moi je me dis que cette mega geniale aventure se finira quand je franchirai cette arche. Je suis déjà un peu nostalgique mais l’envie de franchir la ligne et d’arrêter le chrono de ma montre sont si forts que je donne tout ce que je peux pour acceler.
C’est trop classe tous ces drapeaux anglais qui flottent au vent.

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Et voilà, ENFIN je franchis la ligne.
Stop de la montre. Moment de vérité.

Je me sens bien et pas à m’écrouler par terre. Mes jambes vont bien. En quelques secondes je repasse en revue toute ma course, tous les moments intenses et difficiles.
Je prends une profonde et regarde le chrono final sur ma montre…

WHAAAAAAATTTTTTTTTT ???!!!!
Ni une ni deux j’éclate en sanglot , une vraie madeleine frenchy. Je relis 3 fois le chrono : 3h32, 3h32, 3h32. Aussitôt une bénévole adorable accourre vers moi pour checker si tout va bien. Je n’arrête pas de pleurer de joie et d’emotions… Elle me fait un calin en réconfortant et me disant que c’est super.

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Je me resaisis et continue sur quelques mètres, et là rebolotte je me remets à pleurer. Impossible de m’arrêter jusqu’à ce que j’aille récupérer mes affaires. Plusieurs bénévoles viennent me voir. Leur gentillesse m’emeut tant ajouté à toute course de dingue et ce chrono incroyable que je pleure encore plus.

Sur 50 ou 100m j’ai eu droit à 5 calins de gentilles benevoles. En plus j’étais quand même un peu dégueux entre la transpiration et la pompotte renversée hahahaha

Je suis sur une autre planète. Je rallume mon téléphone et je découvre des centaines de notifications et de messages. Je me ressaisis comme je peux pour faire quelques stories instagram pour vous faire partager avec joie et emotion ce moment.

Je suis sur une autre planete. Je fais aussitot un facetime avec mon chéri en pleurant. Et puis rebelotte les pleurs quand on me remet ma medaille autour du cou.
C’est la Madeleine Party ! LOL

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En sport, j’ai pleuré 3 fois dans ma vie :

> 2017 : marathon de Paris : après la finish line et mon RP 3h41
> 2018 : Half marathon des Sables Fuerteventura : après la finish ligne où je me suis completement depassée  sur cette aventure que je ne pensais pas être capable de finir ni sortir de ma zone de confort
> 2019 : marathon de Londres : vous connaissez pourquoi 😉

Je récupère mon sachet finisher avec le tee-shirt, couverture survie, ravitos (pomme, barres, bretzel, eau) et remonte vers le camion consigne pour récuperer mon sac et me changer sommairement avant de rentrer à l’hotel qui est à 500m de l’arrivée. Le top pratique !!!

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Je marche doucement en regardant tous les finishers vêtis d’un enorme smile. Je ne vous parle même pas du mien qui ne me quitte plus.
Je rentre à l’hotel et retrouve toute l’equipe pour se changer et repartir en direction de la gare pour rentrer à Paris.
Je suis contente de retrouver Marine, Adrien et mon amie pour débriefer de cette course folle.  Nous repartons déjà en fin de journée avec le train de 18h. Un weekend intense !

En tout cas, nous sommes unanimes : LONDON MARATHON IS MAGIC !


Pour finir, c’est la plus belle course de toute ma vie. Ambiance, parcours, émotion, gestion de course, plaisir et… RP !

POINTS POSITIFS :

  • l’ambiance constante sur le parcours très touristique
  • le parcours roulant malgré quelques légers faux plats montants et descendants + 1 montée raide mais rapide
  • le départ en plusieurs vagues qui permet une fluidité
  • les camions consignes bien organisés au départ comme à l’arrivée
  • la gentillesse et le sourire incroyable de tous les bénévoles et surtout à l’arrivée
  • la médaille trop belle
  • Le passage sur Tower bridge

POINTS NEGATIFS

  • le retrait des dossards trop loin du centre
  • l’attente entre l’arrivée sur le site (vers 8h) et le départ de la course (10h10) soit 11h10 en France
  • le tee shirt qui est un modèle homme donc le S me fait un peignoir mais c’est pas grave
  • la difficulté pour obtenir un dossard sans passer par une agence de voyage
  • le manque de ravitos solides (nourriture) sur le parcours

 

Pour conclure, je tiens sincèrement à remercier :

> l’équipe de New Balance (surtout Cl.) de m’avoir permis de vivre cette aventure humaine et sportive magique
> JJ de m’avoir amené à ce chrono de dingue en si peu de semaines de travail ensemble. Merci d’avoir écouté, d’avoir cru en mes capacités quand je n’y croyais pas vraiment moi-même, d’avoir adapté ce plan qui me correspond, d’avoir écouté mes folies d’étape au Marathon des Sables avec un genou bizarre au lieu d’une sortie en allure marathon de 2h30.
> Merci à mes proches qui me soutiennent et usent leur patience pendant ma période de prépa où je peux être parfois pas facile à vivre ou « absente » car trop focus sur mon objectif
> Merci à vous tous de lire déjà ce compte-rendu, à suivre mon quotidien et mes aventures sportives farfelues !
> Merci aussi à toi Constance !

Et dire qu’avant septembre 2014 je ne courrais pas…