Le dimanche 29 juin dernier, j’ai pris le départ du fameux… marathon du Mont Blanc !

Comme tout le monde, j’ai tenté ma chance pour le tirage au sort cet hiver et j’ai eu la bonne surprise d’avoir été sélectionnée !

1ere tentative = 1 réussite youhou ! Cette année ce sera mon tour 😊

En 2017, j’ai été tirée au sort pour courir le Cross du Mont Blanc. Ces 23km m’ont donné envie de découvrir le marathon. Les paysages étaient si beaux. Pour (re)lire mon compte rendu de la course c’est ici.

AVANT LA COURSE

Je suis arrivée à Chamonix le vendredi soir. Une arrivée un peu perturbée à cause du retard de mon train, ce qui m’a empêché de récupérer ma voiture de location car l’agence Sixt était fermée. Bref. Finalement j’ai pris un ouibus Geneve – Chamonix à 19h50 pour arriver à 22h15 au lieu de 20h30 initialement.

Je comptais récupérer mon dossard le vendredi soir (possible jusqu’à 22h) pour pouvoir dormir le samedi matin. Mais c’est loupé !

Je récupère ma chambre dans un hôtel familial hyper central, merci à l’hôtel du Louvre pour leur accueillir chaleureux. Tiens des lits superposés, c’est marrant, je me replonge en enfance.
Je m’endors relativement tôt le voyage m’a claqué.
Au petit réveil quand je découvre la vue de ma chambre…. Trop beau ! Ca devient bien concret… et une petite pression commence à monter pour la course qui m’attend dimanche.

A 9h je file sur le village partenaires pour le retrait des dossards. Environ 1h d’attente. Contrôle du sac check, dossard, retiré, let’s go !

Puis, pour la toute première fois, je monte à l’Aiguille du Midi. C’est magnifique ! Attention pour ceux qui ont le vertige, et plus particulièrement au pas dans le vide. Cette cage de verre qui surplombe la vallée.
« Un moment suspendu dans le vide » Bon par contre je n’avais pas pensé qu’en altitude il ferait frisquet. Je suis montée en tee shirt sans veste. Je me suis un peu gelée quand même. #latouriste

Il faut compter entre 2 et 3h pour visiter l’aiguille, ça vaut vraiment le coup !

La journée passe vite. Conférence de presse avec les elite à 19h, départ du duo étoilés à 20h, puis repos et préparation des affaires pour la course le lendemain !

Y’a pire comme private pasta party 😉 Des pates au pesto, mozza trop bonnes à emporter chez la pizzeria du Moulin. Je n’ai pas pu tester les pizzas mais elles avaient l’air très bonnes.

Préparation des affaires, révision du parcours et du déniv et dodo.

LA COURSE

A cause de la chaleur, la course a été avancée à 6h du mat’. Si je m’en tiens à mon rituel du petit dej 3h avant, ça fait un reveil à 3h. Je suis très fatiguée et préfère privilégier le sommeil au petit déjeuner. Réveil programmé à 3h40.

Quand j’ouvre les yeux, ma première pensée « je suis creuvée, la journée va être compliquée ». C’est la première fois que ça m’arrive le matin d’un marathon.
Je me lève et mange des tartines et du café. Moins que d’habitude. Je me prépare et je file déposer mon sac de consigne à 5minutes à pied, sur le village. C’est agréable d’être à côté de tout.

Puis je reviens sur la place de l’eglise, lieu du départ. 3 vagues de départ sont organisées et je suis dans la dernière. Je suppose que les sas sont attribués en fonction de la cote ITRA.

Je me place dans mon sas en me concentrant sur ma course. Je croise quelques personnes qui me suivent, c’est cool. Dont une qui me dit gentiment que je parais fatiguée… Bah dis donc ça se voit tant que ca… loool. Le mot du weekend ! En même temps, je l’ai cherché aussi en enchainant ce 3eme marathon en 3 mois. 1 grosse échéance par mois.

Le profil de la course

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Allez 3…2…1 c’est parti !

Apparemment il y a 44km et non 42km. Comme sur le 80km qui a été renommé 90km l’an dernier.

Les premiers km sont plutôt roulants, sentier et route qui permettent de s’acclimater à l’altitude.

Du 1er au 10km, je ne suis pas bien. J’avais pris le départ avec un mal de ventre que j’essayais d’oublier. Je sens que mon corps est en train digérer. Chaque gorgée d’eau que je bois me donne la nausée sans parler de la lourdeur de mes jambes. Au bout d’une heure d’effort, ça va mieux mais je me sens relativement essoufflée tout de même.

On est dans les bois et on a déjà chaud, il n’est que 7h30… lol

Du 10k (1h09) au 17km, j’avance, je prends mes marques et retrouve un « bon rythme ».

17KM – 2h16 : le premier ravito complet arrive à Vallorcine. Pain, chocolat, bananes, saucissons, fromages, Tuc, boissons, etc… Je mange du pain et du chocolat noir puis emporte un petit sandwich pareil avec 2 tucs.

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Je ne traine pas pour ne pas perdre de temps. En sortant du ravito, une ambiance de ouf est présente ! Plein de gens nous encouragent sur le début du col des Posettes. Ah oui en effet, ça commence à monter sévère ! C’est la partie que je redoute un peu : 1000m de D+ d’un coup (col + Auguilles des posettes) + L’ENORME DESCENTE TECHNIQUE d’après…

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Je m’appuie sur mes cuisses et pense aux batons que je n’ai pas reçu. Pas de bâtons encore sur ce marathon mais pas par choix. Mon colis n’est pas arrivé à temps voire une semaine après la bataille, merci @alpinstore…

Une super vue sur la montagne nous entoure, illuminée par un soleil radieux (mais qui commence à cogner).

Du 20km au 25km :  J’en profite pour lever la tête et profiter car je marche. Dans toute la montée, je marche activement.

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Au 21km (3h32), un ravito d’eau est disposé en haut du col des posettes avant d’attaquer l’Aiguille des posettes. C’est trop cool, un guitariste est en train de jouer du Bob Marley, du Lionel Richy en pleine montagne. Les bénévoles sont radieux, souriants, gentils comme tout. Le tout avec cette vue… Waow c’est trop cool et j’ai fait (déjà) la moitié de la course.
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Arrivée en haut de l’Aiguille, je fais une mini pause. Je suis contente de grimper mais l’appréhension de la descente arrive au galop…. Pour ceux qui me suivent, vous savez que je ne maitrise pas la descente. Lente, hasardeuse, stressée.

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Du 25km au 28km (5h) : la DESCENTE INFERNALE. Des grosses racines, des grosses pierres, des petits escaliers, de la terre…. J’ai ralenti complètement sur cette portion. J’étais stressée, je cherchais mes pas, c’était compliquée pour moi.

Sans parler des centaines de coureurs qui me doublaient… J’avais l’impression d’être une petite fille trop à la traine qui dit aux autres « attendez moiiiiiiiiiiiiii j’arriveeeeeeeeeeee ». C’est vraiment pas agréable ce sentiment d’être à la traine, de galerer comme ça. Dès que j’accélérais mon corps me rappelait à l’autre en mode WARNING : une cheville qui se tord légèrement, un dérapage sur des cailloux, des pieds qui se cognent dans des gros cailloux. Je ne vous raconte pas le nombre de tapages de mes gros orteils dans les rochers. A chaque fois je me disais « pourvu que je ne perde pas un ongle ».

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Enfin j’arrive à la fin de la descente… Je suis LESSIVEE mentalement. Un poids, une libération s’enlève. Ca peut paraitre pas grand-chose pour certains qui n’ont pas peur mais je vous assure, c’est comme si vous demandez à une personne qui a trop le vertige, de rester un petit moment dans la cage en verre de l’Aiguille du Midi.

Ne pas oublier que l’on a tous commencé un jour… avant d’être celui/celle que l’on est devenu aujourd’hui.

J’ai mis 1h30 pour descendre quand même….

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A 28km – 5h de course (30 à ma montre) je fais une petite pause au ravito complet. Je me rue sur le salé. Sandwich saucisson et jambon avec tucs.

Je commence à être fatiguée. 5h d’effort, 30km, une chaleur de dingue…. Là commence la course. Je pensais qu’il me restait le plus facile mais…. Comment dire, grosse erreur !

Du 30 au 35km, je marche, trottine comme je peux. Je commence à sentir des courbatures dans le bas du dos et en haut des fessiers quand je cours.

Au 35km, j’attaque la partie montante quasi en continue jusqu’à la fin. Du 35km au 37km, je suis en souffrance. Dans le dur, « un pas après l’autre ». Des zones ombragées et en plein cagnard s’alternent. Même si la plupart du temps, je suis sous un soleil de dingue. Moi qui ne souffre pas trop de la chaleur, j’ai moins souffert sur le marathon des sables ou Hald MDS que sur le marathon du Mont Blanc. Le pire c’était le feu qui se dégageait de la chaleur des pierres sur lesquelles on marchait. Je commençais à être ROTIE : rôtie de chaud, de fatigue, de soif, de courbatures.

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37km (7h38) Cette montée de la Flégère jusqu’au ravito était un palier important car elle symbolise le DERNIER ravito, à 5km de l’arrivée donc presque la fin. Je prends un truc, remplis mes flaques d’eau et continue. Je ne peux pas m’arrêter sinon je repars plus.

5km ce n’est pas grand-chose… entre 20 et 30minutes sur route… Et pourtant….

Je vais tellement en chier cette dernière partie. Je vais marcher comme un ZOMBIE, en pilote automatique, jusqu’à la fin.

La MUERTE : dès que je relance en trottinant sur des petites portions de chemin pour aller plus vite, j’ai mes courbatures qui prennent le dessus et m’obligent à marcher. Je suis dégoutée, je me force à trottiner mais mon corps ne veut plus, ne peut plus. Je n’ai plus de jus, je suis cuite. Voilà c’est en train de se passer, je n’arrive plus à faire mieux et aller plus vite. Chaque pas gagné me rapproche un peu plus de l’arrivée.

Je suis un peu dégoutée parce que j’avais bien commencé, une bonne allure, et là je suis au ralenti complet. Je suis dans le dur. En même temps, je suis réaliste : c’est comme si on demande à un coureur de courir en 3h alors qu’il fait très peu de sorties longues et de fractionnés. Bah non y’a pas de secret ! Je suis creuvée depuis 6h du matin, j’ai enchainé 3 courses en 3 mois, y’a pas de secret non plus. C’est beaucoup (trop ?!)

Du 40 au 44km ça va être INTERMINABLE. Ça ne fait que monter, et encore monter. Dans mon souvenir vers la fin des 23km du Cross, censée être la même fin que le marathon, il y avait une corniche de balade qui monte et descend avec une vue magnifique sur tous les monts entourant le Mont Blanc mais jamais je n’y arrive. J’espère me tromper ou alors que le parcours marathon soit différent.

Je me mets à penser à tous les ultrarunners qui font le double voire le triple de ce que je suis en train de courir. MAIS COMMENT FONT ILS ?  Je suis déjà au bout du rouleau au bout de 8h d’efforts lol… vous imaginez l’utmb, 2 jours sans dormir et d’efforts ?

Oh non je ne suis pas prête pour un ULTRA c’est certain !

Le pire moment de la course vont être les 2 derniers km INTERMINABLES ! Encoreeeeeeeeeeee une montée. Franchement mon esprit n’est plus là. Je ne cherche plus à courir depuis le 40/41km, je m’épuise trop à essayer de me relancer et puis toute façon ça ne fait que monter.

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Sur les 2 derniers, une nana me dit « allez courage plus que 20 minutes en courant c’est bientôt fin ». Oh non meuf ne dit pas ça je n’arrive plus à courir lol. Dans ma tête je me dis allez encore 40minutes. POUAHHH jamais j’arrive !

Je continue doucement mais sûrement. Je vois autour de moi ceux qui puisent dans leurs dernières forces pour trottiner jusqu’à l’arche qui est en contrebas au loin mais qu’on ne voit pas d’où l’on est. De mon côté, je ne suis plus à 5 ou 10minutes près alors je n’ai même pas envie de m’épuiser à me mettre à courir. Autant sur le marathon de Londres, je me suis arrachée pour gagner chaque seconde. Mais là, mon corps est en saturation et bloque.

Je me remets à trottiner sur la dernière ligne droite qui mène à l’arrivée. Dans ma tête j’aurais bien aimé un chrono de 8h. Au vu de tous les paramètres qui sont venus complexifier les choses, je finis en 8h55 ce MARATHON DU MONT BLANC.

Quand je franchis la ligne, je suis SOULAGEE. Oui soulagement c’est le 1er mot qui me vient à l’esprit. Contente d’avoir (enfin) fini. Je me suis accrochée grâce à la beauté du paysage et ma volonté de finir parce que c’est peut-être qu’une seule fois dans ma vie que je vivrai ce moment et je veux aller au bout, quoi qu’il en soit.

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J’ai récupéré ma médaille puis me suis dirigée vers le ravito pour boire de la St Yorre. Je ne me sens ni contente ni triste ni épuisée. Bizarre. Je suis en attente de cette montée d’endorphines magiques mais elle ne vient pas.

Je finis en 8h55 pour 44Km et 2700 ou 2800m D+, ma montre s’est éteinte au bout de 8h41 lol.

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Je crois que j’ai puisé un peu trop dans toutes mes réserves.

Je récupère mon sac un peu en contrebas puis reprends la télécabine pour rejoindre l’hôtel une douche et vite reprendre le train pour rentrer à Paris. Finir la course vers 15h30 et reprendre le train à 17h15 c’est LA COURSE hihihihi

Pour conclure, je suis contente d’être finisher de cette course. C’est une belle course pleine d’énergie, de beauté qui donne envie de se surpasser mais physiquement je n’étais pas au rdv. J’ai l’impression que ma tête a « trimballé » mon corps pendant 8h dans la montagne en plein soleil.

A l’avenir, je sais ce que je dois faire :

  • m’entrainer plus en montagne
  • travailler mon appréhension de la descente et travailler ma technique de descente
  • faire des sorties de rando course techniques assez longue
  • choisir mes courses et mes objectifs

Avant de dresser les points positifs et négatifs pour conclure mon compte-rendu, je voulais revenir sur 2 points essentiels :

RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT
J’ai ramassé par terre une dizaine de déchets divers sur le parcours (gel, papiers, aliments…) SVP si nous voulons continuer de courir dans cet environnement naturel, protégeons la nature et gardons nos papiers dans nos poches. Dans le doute, tournez la tête pour vérifier si « le bruit » entendu est le truc qui est tombé de votre poche… Merci pour la planète!

RESPECT DES BENEVOLES
La veille, sur le Cross du Mont Blanc, 2 coureurs éliminés par la barrière horaire ont frappé les bénévoles qui les ont stoppé. Les gars, si vous êtes hors délais, entrainez vous plus, acceptez d’être défaillant c’est le jeu ou alors vous visez trop haut donc repassez sur des plus petites distances! Sans les bénévoles, il n’y a pas de courses… Alors réfléchissez pourquoi vous aimez courir et faire du trail SVP. Ici on se fait plaisir, on ne règle pas ses comptes parce qu’on est frustré et énervé.

Un grand merci à toute l’équipe du marathon du Mont Blanc et à Links Communication au top sur cet événement !

POINTS POSITIFS

  • la beauté du parcours
  • la technicité et la diversité des terrains (foret, montagne, sentier, route)
  • la gentillesse et le sourire des bénévoles
  • la bonne ambiance de l’organisation et sur la course
  • la fluidité pendant la course. Quelques ralentissements, rares mais qui ne duraient jamais longtemps
  • le bon nombre de coureurs, ni plus pour nous permettre de courir et doubler quand nous le souhaitons.
  • le nombre de ravitos et la qualité des ravitos (sauf entre le 28km et le 39km, 10km sans ravitos d’eau en pleine chaleur)
  • L’amplitude horaire pour le retrait des dossards (vendredi – samedi)

POINTS NEGATIFS

  • les 1er kms sur la route et qui traversent des villages pas très intéressants. C’est dommage de ne pas emprunter en ce début de parcours les beaux sous-bois qui entourent Chamonix
  • L’attente pour le retrait des dossards sur le village
  • Le manque d’infos sur le process pour les consignes (dépot, localisation avant et après course)

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